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    « MAINTENANT »

    L’Opus Dei et l’Europe : du recyclage des fascistes au contrôle des démocraties

    par Thierry Meyssan

    L’Opus Dei joue un rôle de tout premier plan dans la construction européenne. Après la seconde Guerre Mondiale, d’anciens responsables fascistes s’investissent au sein des nouvelles institutions européennes, mises en place par des membres de l’Œuvre divine.

     

    ARCHIVES | PARIS (FRANCE) | 22 MARS 1995 

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    Pendant la Seconde Guerre mondiale, tout en condamnant l’idéologie nazie, les principaux responsables de l’Église catholique soutinrent massivement les régimes fascistes, au motif qu’ils formaient un rempart face à la subversion bolchevique. L’écroulement du IIIe Reich, sous les coups conjugués des Anglais, des Américains et des Soviétiques, aurait dû se traduire non seulement par l’épuration de la classe politique européenne, mais aussi par celle de l’Église romaine. Il n’en fut rien.

     

    Les ecclésiastiques collaborateurs manipulèrent l’illusion religieuse au point que tout questionnement de leur responsabilité dans des crimes contre l’humanité apparut comme un blasphème. Utilisant l’immunité que leur confèrent aux yeux des croyants les fonctions sacrées qu’ils exercent, ils s’employèrent à "exfiltrer" vers l’Amérique latine les chefs fascistes pour les soustraire à la justice et empêcher que des procès ne viennent révéler leur propre culpabilité. Dans ce contexte, l’Opus Dei consacra toutes ses forces à effacer les traces de l’Histoire en favorisant la réconciliation européenne.

     

    Cette politique fut favorisée à contre-coeur par le général de Gaulle. Les Français avaient soutenu massivement et jusqu’au dernier moment le régime fasciste de l’ex-maréchal Pétain et, à travers lui, ils avaient activement participé à l’effort de guerre du Reich. A la conférence de Yalta, les Alliés avaient décidé d’occuper la France dès qu’ils l’auraient vaincue, de fusiller ses officiers et de frapper d’incapacité civique tous les hommes de plus de quarante ans. Le génie de de Gaulle fut donc de présenter l’État français comme un usurpateur et le gouvernement de la France libre, durant son aventure londonienne, comme le seul gouvernement légitime. Parfaitement conscient que la Résistance qui avait effectivement existé sur le sol français était majoritairement communiste, et craignant une insurrection marxiste, Churchill donna sa caution à ce mensonge historique et l’on présenta la défaite de l’Etat français comme la libération d’un territoire occupé par l’ennemi. Emporté par cette logique révisionniste, de Gaulle fut contraint d’accepter le maintien des évêques fascistes et de faire amnistier, voire présenter comme résistants divers responsables pétainistes. Ce recyclage de catholiques fascistes fut favorisé par deux membres de l’Opus Dei proches du général : Maurice Schumann ("La voix de la France libre") et la comtesse Thérèse, épouse du maréchal Leclerc de Hautecloque. De Gaulle pensait éviter ainsi une guerre civile. Quoi qu’il en soit, cette tactique a permis à des politiciens et fonctionnaires d’extrême droite de s’intégrer dans les nouvelles institutions démocratiques, d’y avancer masqués, et de tenter par la suite d’y faire triompher à nouveau leurs idées.

     

    Un cas surprenant est celui de Robert Schuman (avec un seul n, aucun lien de parenté avec le précédent). En septembre 1944, ce politicien chrétien démocrate, alors âgé de cinquante-huit ans, apparaît comme l’éphémère conseiller du maréchal de Lattre De Tassigny lors de la libération de l’Alsace-Lorraine. Il est élu député en 1945, nommé ministre des Finances en 1946, président du Conseil en 1947, ministre des Affaires étrangères en 1948. En 1949, il installe le siège de l’OTAN à Paris. Il lance l’idée de l’Europe communautaire en 1950 (CECA et CED), participe activement au gouvernement d’Antoine Pinay. Maintenu à l’écart des affaires françaises au retour de de Gaulle, il fut le premier président du Parlement européen. Atteint de sénilité, il meurt en 1963 et reste dans les mémoires comme "le père de l’Europe".

     

    On le savait profondément religieux, assistant à la messe chaque matin, se livrant à de douloureuses mortifications, on apprend aujourd’hui à l’occasion de son procès en béatification qu’il était membre de l’Opus Dei.

     

    On aurait dû se souvenir du décret Poinso-Chapuis. Ce texte qu’il signa en tant que président du Conseil (JO du 22 mai 1948) permettait à l’Eglise de détourner des subventions publiques par le biais des associations familiales. Il fut retiré après une mobilisation nationale comparable à celle provoquée récemment par l’abrogation de la loi Falloux.

     

    Mais avant que Robert Schuman ne soit proclamé bienheureux, puis saint par Jean-Paul II, il convient de se demander comment on a pu oublier qu’il avait été fasciste, sous-secrétaire d’Etat de Philippe Pétain. Frappé d’indignité nationale à la Libération, au moment même où il avait tenté de se placer auprès du maréchal de Lattre, il avait été relevé de son inéligibilité sur intervention de Charles de Gaulle en août 1945. Pour maquiller cette réhabilitation, on avait mis en avant qu’il avait été assigné à résidence par les nazis dès 1941. En réalité, Robert Schuman avait toujours soutenu la "révolution nationale" fasciste, et s’était uniquement opposé à l’annexion de l’Alsace-Moselle par le Grand Reich.

     

    Robert Schuman ne put édifier les premières institutions européennes qu’avec l’aide d’un autre opusien, Alcide De Gasperi, dont le procès de béatification est également en cours devant la Sacrée congrégation pour la cause des saints. De Gasperi s’opposa à l’accession de Mussolini au pouvoir, et fut emprisonné par les Chemises noires en 1926. Mais il fut libéré et se retira de l’opposition après la signature des accords du Latran entre le Saint-Siège et l’Italie. Il vécut alors dans la Cité du Vatican, où il travailla aux archives secrètes, jusqu’à la chute du Duce. Secrétaire général de la Démocratie chrétienne, il entra au gouvernement dès juin 1945 et fut plusieurs fois président du Conseil. Il arrêta immédiatement l’épuration et veilla personnellement au reclassement des cadres du fascisme qui avaient su être si généreux avec la papauté. Il décéda en 1954.

     

    Robert Schuman et Alcide De Gasperi purent s’appuyer sur Konrad Adenauer pour construire l’Europe de l’amnésie. Le chancelier allemand, président de la Démocratie chrétienne (CDU), ne semble pas avoir été membre de la sainte secte, mais il fut au moins jusqu’en 1958 son allié indéfectible. Tout en soutenant le nazisme, il ne joua pas un grand rôle dans le régime hitlérien. Maire de Cologne, il avait été frappé d’incapacité par les Alliés et démis de ses fonctions. Konrad Adenauer participa activement à la protection de ceux soupçonnés de crimes contre l’humanité et au recyclage des fascistes, non seulement par ambition politique mais pour occulter son propre passé.

     

    Les premiers balbutiements de l’Europe communautaire se concrétisèrent en 1950 avec l’instauration de la Communauté économique du charbon et de l’acier (CECA). Elle réunissait comme par hasard les intérêts des grands industriels catholiques producteurs des matières premières de l’armement lourd. En 1957, la Communauté européenne vit le jour grâce au traité de... Rome. Les textes fondateurs emploient une phraséologie empruntée aux encycliques sociales : "communauté", "communion", "subsidiarité", etc. Le siège de la Commission fut établi à Bruxelles, capitale du très pieux opusien Baudouin Ier. Le cardinal Danneels vient d’ailleurs de demander la béatification du roi chrétien qui s’était opposé à l’avortement, confirmant que l’Opus Dei est une pépinière de petits saints.

     

    Pour garantir l’entraide des fascistes réinsérés au sein des nouvelles institutions européennes, l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie, l’archiduc Otto von Habsburg-Lothringen, fonda alors le Centre européen de documentation et d’information (CEDI). Ce lobby fut tout naturellement installé par l’Opus Dei à l’abri dans la mère patrie, sous la protection du caudillo, le généralissime Franco.

     

    Catholique de grande humilité, Son Altesse Impériale Otto von Habsburg s’est fait élire simple député européen pour continuer à Strasbourg son combat pour la réconciliation européenne. Grâce à lui, au Parlement européen, les démocrates chrétiens (PPE) ne sont plus à droite et les socialistes (PSE) ne sont plus à gauche.

     

    Les affrontements idéologiques sont réservés à la galerie, à l’occasion des élections. Une fois élus, les députés des deux grands groupes abandonnent leurs programmes et votent ensemble la plupart des textes. A Strasbourg la bonne éducation de "monseigneur" s’est imposée, il n’y a pas de conflits politiques, il n’y a que des intérêts partagés. Le consensus des privilégiés permet même de se partager la présidence du Parlement et d’organiser un système tournant PPE/PSE. Les groupes qui refusent d’entrer dans la combine (communistes, écologistes, radicaux) sont exilés avec leurs convictions.

     

    Au fur et à mesure de son expansion, l’Opus Dei a élargi ses objectifs en Europe. Au recyclage des fascistes, à la défense des monarchies catholiques, au contrôle des nouvelles institutions démocratiques s’est ajouté la défense des grands intérêts économiques.

     

    L’outil le plus remarquable fut créé en 1983 sous l’impulsion du vicomte opusien Etienne Davignon (alors commissaire européen chargé de l’Industrie, aujourd’hui président de la Société générale de Belgique) : la Table ronde des industriels européens (ERT). Elle rassemble aujourd’hui une quarantaine de dirigeants d’entreprise dont plus de la moitié sont des membres de la sainte secte. L’adhésion se fait uniquement par cooptation, à titre individuel, et n’engage pas officiellement leurs entreprises. Pourtant l’ERT est financée par ces entreprises et place à son service certains de leurs cadres. L’ERT adresse régulièrement ses recommandations à la Commission européenne. En préambule, elle ne manque jamais de rappeler qu’elle est le lobby économique le plus puissant en Europe : ses quarante-deux membres emploient trois millions de personnes. Ils réalisent trois mille cinq cent milliards de francs annuels de chiffre d’affaires, soit plus de deux fois le budget de la France. Une entrée en matière qui permet à l’ERT d’imposer ses exigences. Le "social chrétien" Jacques Delors, qui ne lui refusait jamais de rendez-vous, disait de l’ERT : "C’est l’une des forces majeures derrière le marché unique." Elle s’est "résolument prononcée pour un développement de réseaux européens d’infrastructures" et a fait inscrire cet objectif dans le traité de Maastricht.

     

    L’Opus Dei ne se contente pas de placer ses membres et de défendre leur communauté d’intérêts. Elle poursuit toujours son objectif de restauration de la chrétienté. Elle mise pour cela à la fois sur le contrôle de l’évolution institutionnelle et sur le contrôle des médias. Aussi a-t-elle exigé et obtenu qu’un de ses membres soit nommé à la Commission européenne avec un maroquin découpé sur mesure. Marcelino Oreja-Aguirre s’est ainsi vu bizarrement confier à la fois le portefeuille des "Questions audiovisuelles" et celui de la renégociation du traité de Maastricht.

     

    En ce qui concerne les Questions audiovisuelles, les opusiens sont favorables au libre-échange. C’est-à-dire qu’ils souhaitent abolir "l’exception culturelle" sous réserve d’une déontologie européano-américaine de la moralité dans les médias. Ils préconisent qu’un ordre des journalistes et producteurs soit chargé de son respect.

     

    En ce qui concerne l’évolution institutionnelle, ils sont favorables à un développement de la supranationalité à condition que le pouvoir soit confié par les politiques à des techniciens. Sur ce principe, ils ont obtenu le transfert du pouvoir monétaire à un conseil non politique sur le modèle de la Bundesbank. Un système qui enchante le président opusien de la banque centrale allemande, Hans Tiettmeyer, par ailleurs académicien pontifical. Ils se sont prononcés pour un élargissement de l’Europe sur le critère de la culture chrétienne et non pas sur celui de la démocratie. C’est sur ce principe que le démocrate chrétien Helmut Kohl s’est opposé au soutien européen à la république laïque.

     

    Ordre moral

    Opus dei : une secte en politique


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    DOCTEUR FREUD,AU SECOURS !!.

    Sigmund Freud a montré que la libido faisait partie intégrante de la vie humaine.

    En imposant le célibat,le Pontifex maximus est le responsable de nombreuses névroses ou psychoses.

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    Erotomanie en série chez les ursulines

    Etranges épidémies (3/6). Pendant sept ans, le couvent de Loudun a vécu au rythme des crises d'hystérie et des séances d'exorcisme.

     

    Par Sandrine Cabut Publié le 29 juillet 2014 à 17h26 - Mis à jour le 11 août 2014 à 10h27

      

    Christelle Henault

    En ces années 1630, Loudun (Vienne) est devenue un site d'attraction. Des milliers de personnes se pressent dans ses églises pour y assister à des séances d'exorcisme. Au cours de ces « spectacles », les possédées, de jeunes religieuses du couvent des ursulines, sont prises de spectaculaires crises convulsives. Elles balancent leur corps en arrière jusqu'à ce que leur tête touche leurs pieds, puis se mettent à marcher dans cette position impossible. Elles hurlent, leurs propos et leurs gestes sont si indécents que les plus libertins sont scandalisés.

     

    Parmi les « vierges folles » les plus démonstratives, une certaine Sœur Claire dévoile ses parties intimes, puis se masturbe en proférant insanités et blasphèmes. Elle sera même vue glissant un crucifix sous sa jupe pour assouvir ses désirs, racontent l'historien Hilary Evans et le sociologue Robert Bartholomew dans leur captivant Outbreak ! (Anomalist Books, 2009), une « encyclopédie des comportements sociaux extraordinaires » qui consacre un long chapitre aux possédées de Loudun. Cette épidémie de possession, parmi les mieux documentées et les plus étudiées au monde, durera sept ans, devenant une véritable affaire d'Etat.

     

    Tout commence en septembre 1632 quand Jeanne des Anges, la prieure du couvent des ursulines, jeune femme instable voire perverse, se met à souffrir de convulsions, d'hallucinations, de catalepsie… Rapidement, d'autres sœurs se plaignent des mêmes maux, et se disent importunées par des spectres. La nuit, elles errent dans le couvent, grimpant même sur les toits. En quinze jours, plus d'une vingtaine d'ursulines sont contaminées.

     

    UNE FOLIE CONTAGIEUSE

     

    Le 5 octobre, un exorcisme est pratiqué sur la prieure, possédée par sept démons. Ce sera, selon Evans et Bartholomew, la première d'un nombre incalculable de ces cérémonies « quasi quotidiennes pendant sept ans », destinées à chasser le diable. Très vite, un prêtre, Urbain Grandier, se retrouve au cœur de l'affaire. Accusé par les possédées – qui ne l'ont pourtant jamais vu – d'être à l'origine de leurs obsessions érotiques, ce sulfureux personnage, grand séducteur, fait un coupable idéal, d'autant qu'il s'est, pour une tout autre raison, attiré l'hostilité du puissant cardinal de Richelieu.

     

    Le 30 novembre 1633, ce dernier le fait jeter en prison. Grandier sera brûlé en place publique le 18 août 1634… sans aucun effet sur les symptômes des possédées. Les séances d'exorcisme continuent, mais ne font qu'attiser l'excitation des nonnes. Jeanne des Anges développe même une grossesse nerveuse. Ses démons sont expulsés un à un jusqu'à sa guérison vers 1638, qui entraîne celle des autres nonnes. La possédée, devenue miraculée, fait alors une tournée dans le royaume de France… Après des années de cauchemars, Loudun retrouve le calme.

     

    La folie n'a pas seulement saisi ces religieuses. Elle a aussi gagné au moins trois des exorcistes, et deux officiels impliqués dans l'exécution d'Urbain Grandier. Sans compter la population. « Du jour où les exorcismes se firent dans les principales églises, plusieurs filles séculières qui étaient venues assister à cet étrange spectacle prirent le germe de la même maladie. Ce qui montre combien la réaction des effets nerveux se fait sentir sur les êtres faibles et enclins au merveilleux », écrit le docteur Gabriel Legué, un disciple de Charcot, dans Urbain Grandier et les possédées de Loudun, publié en 1880.

     

    DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE

     

    Emblématique des hystéries collectives, la possession dans un couvent a fasciné des générations d'historiens et de psychiatres. L'épisode de Loudun et d'autres affaires de « possession diabolique » survenues au XVIIe siècle à Aix-en-Provence, Louviers ou Auxonne présentent de nombreuses caractéristiques les apparentant à des épisodes d'hystérie collective, confirme Jean-Bruno Renard, professeur de sociologie à la faculté de Montpellier. « Toutes ont lieu dans des couvents de religieuses cloîtrées appartenant à l'ordre des ursulines », remarque-t-il dans son chapitre sur les hystéries collectives, issu de l'ouvrage Les Peurs collectives (éditions Eres, 2013), sous la direction de Sylvain Delouvée, Patrick Rateau et Michel-Louis Rouquette.

     

    « Le scénario est pratiquement identique dans tous les cas », poursuit Jean-Bruno Renard : une religieuse soudain sujette « à des crises de convulsions, à des visions, à des délires érotiques » ; un phénomène de contagion, un prêtre bouc émissaire… Comme dans bien d'autres épisodes d'hystérie collective – dont l'expression a, elle, évolué selon les époques –, on retrouve un contexte de détresse psychologique.

     

    Ainsi, en 1632, Loudun venait d'être décimée par une épidémie de peste, et les tensions religieuses étaient fortes entre catholiques et protestants. Il est aussi probable que la plupart des jeunes ursulines n'étaient pas venues de leur plein gré s'enfermer dans un couvent aux conditions de vie modestes.

     

    LES MYSTÈRES DE L'HYSTÉRIE COLLECTIVE

     

    Ces affaires de possession sont très intéressantes du point de vue de l'histoire des mentalités, relève aussi Jean-Bruno Renard, car elles se situent dans une époque intermédiaire entre la chasse aux sorcières, qui a sévi aux XVe et XVIe siècles, et l'émergence de la médecine et de la psychiatrie, qui ont permis de considérer ces femmes plutôt comme des victimes, des malades.

     

    A quelques décennies près, Urbain Grandier aurait sans doute évité le bûcher, et les infortunées religieuses des années de souffrance. Car, face à une hystérie collective, les médecins ont montré que le meilleur moyen de stopper les symptômes et la contagion est d'isoler les victimes, soit l'opposé de séances publiques d'exorcisme.

     

    Reste, comme souvent, à l'origine de ces phénomènes collectifs spectaculaires, une part de mystère. Comme l'écrit joliment Jean-Bruno Renard, « l'hystérie collective est à la psychosociologie ce que la foudre en boule est à la physique : un phénomène rare, mais attesté, dont les caractéristiques sont bien connues et qui pourtant reste largement inexpliqué ! ».

     

    Lire aussi l'épisode 1 de la série (édition abonnés) : Lorsqu'en 1518, les Strasbourgeois se mirent à danser jour et nuit Et l'épisode 2 (édition abonnés) : Sur cet atoll paradisiaque, on voit le monde en noir et blanc

     

    Sandrine Cabut


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    Je n'ai guère de sympathie pour les intégristes catholiques qui ont sans arrêt uni le sabre et le goupillon et ont trahi l'esprit d'amour et de non-violence du christianisme,comme les catholiques usuels,mais avec plus de virulence.

    Ils voudraient revenir au bon temps de l'Inquisition ou l'on massacrait et torturait à tour de bras.C'est la mafia catholique qui tue les gens comme des mouches.

    Mais à cette mafia catholique,voici que se joint la mafia maçonnique à,la bourgeoisie de robe se joint la bourgeoisie d'argent.

    L'évêque américain Marcinkus,trésorier de la banque du Vatican était membre de la loge maçonnique P2 et traficotait avec la mafia.Il s'en est est suivi de nombreux crimes.

    L'article qui suit est intéressant mais il est à prendre avec des pincettes.

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    Johan Livernette

    10 décembre 2013

    Une loge maçonnique dirige le Vatican

    Par Johan Livernette

    Le souvenir d’un crime peut parfois raviver des vérités détonantes que le grand public abreuvé de mensonges méconnaît. C’est dès lors toute une représentation de la vérité de ce monde qui s’effondre, à l’image des tours jumelles du World Trade Center à Wall Street.

     

    Jean Paul 1er - Albino Luciani

     

    Nous savons, grâce à David Yallop [1], que l’assassinat du Pape Jean-Paul 1er fut l’oeuvre de la loge P2, 33 jours après le début de son règne ; et que ce meurtre intervint juste après qu’il ait évincé deux francs-maçons de l’Eglise romaine (Marcinkus et Villot).

     

    Nous apprîmes aussi, par la plume du journaliste maçon Pier Carpi, que Jean XXIII avait été initié dans l’Ordre des Rose-Croix. Divers éléments à charge démontrent que ce dernier et Paul VI étaient vraisemblablement des francs-maçons.

     

    Pier Carpi révéla notamment qu’Evêques et Cardinaux appartenaient à la loge P2 : « On l’appelle la loge ecclésiastique et elle est en contact direct avec le grand maître de la loge unie d’Angleterre, le duc Michael de Kent. Cette loge agit au Vatican depuis 1971. Plus de cent frères cardinaux, évêques et monseigneurs de la curie y appartiennent. Ils parviennent à maintenir le secret le plus absolu, mais pas au point d’échapper aux enquêtes des hommes de la puissante organisation de l’Opus Dei. » [2]

     

    Carpi nous dit que « cette loge agit au Vatican » après avoir affirmé que Jean XXIII était maçon. Il dit aussi que ce ne sont pas des clercs isolés qui lui appartiennent mais plus d’une centaine de Cardinaux et d’Evêques ! Il ne proclame pas textuellement qu’elle dirige Rome, mais on peut toutefois en déduire qu’au minimum elle influe sur le Vatican -et nous pouvons alors parler de lobby-, et au pire qu’elle en a le contrôle.

     

    Dans tous les cas, cette Eglise n’est plus l’Eglise catholique. Mais pour d’autres raisons. Sur le sujet, Monseigneur Lefebvre fut catégorique : « Le droit à la liberté religieuse est blasphématoire car c’est prêter à Dieu des intentions qui détruisent sa Majesté, sa Gloire, sa Royauté. Ce droit implique la liberté de conscience, la liberté de pensée et toutes les libertés maçonniques. L’Eglise qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Eglise conciliaire n’est donc pas catholique. » [3] Relevons au passage que, juste avant le Concile Vatican II, cette liberté religieuse fut demandée par le B’naï B’rith auprès du Cardinal Béa. Elle fut alors établie au sein de l’Eglise romaine et doit être considérée comme une victoire maçonnique.

     

    Revenons à présent sur l’appartenance maçonnique des précédents chefs de l’Eglise conciliaire. Lors d’un entretien réalisé par Louis-Hubert Rémy, le Père Malachi Martin affirma : « Sur l’appartenance de Jean XXIII à la franc-maçonnerie, toutes les preuves sont dans les archives du Vatican, jalousement gardées par le Cardinal Sodano. Lui-même aurait vu des photos prises par son chauffeur dévoilant Jean XXIII fréquentant les loges parisiennes. […] Jean XXIII fut initié par Vincent Auriol. »

     

    Malachi Martin parla d’une « loge spéciale ». Il ajouta : « Cette Loge est réservée à Rome aux Cardinaux en liaison étroite avec le Grand-Orient. Jean XXIII et Paul VI ont fait partie de la Loge spéciale », disait-il. Cette révélation fut confirmée par le franc-maçon mexicain Jaime Ayala Ponce pour qui « Roncalli et Montini ont été initiés aux augustes mystères de la confrérie. »

     

    Concernant les autres chefs de Rome depuis Vatican II, le bilan n’est pas plus reluisant. D’origine juive, Benoît XVI fut officiellement soutenu par le B’naï B’rith. Il reçut d’ailleurs cette secte juive au Vatican tout en faisant l’éloge de la fraternité inter-religieuse, dans la droite ligne oecuménique. De plus, Ratzinger écrivit pour un journal maçonnique en 1979. [4] Ses relations étroites avec les hautes sphères mondialistes furent plus que douteuses. [5] Tout autant que ses poignées de mains à des francs-maçons notoires. [6]

     

    Quant à cet autre marrane que fut Jean-Paul II, rien ne prouve qu’il fut franc-maçon sauf qu’à trois reprises, il reçut chaleureusement au Vatican les représentants du B’naï B’rith. En mars 1984, avril 1985 et décembre 1990. Dans la revue « Fideliter » en 1986, Monseigneur Lefebvre écrivit qu’il est « au service de la franc-maçonnerie ». Selon le Grand Maître de la franc-maçonnerie italienne Armando Corona, Jean-Paul II appartenait au Rotary Club à l’instar de l’Argentin Bergoglio qui est actuellement en place. [7] Remarquons aussi que la secte satanique des Skull and Bones lui rendit hommage à sa mort.

     

    Mgr Lefebvre

     

    Concentrons nous à présent sur l’argumentation de Monseigneur Marcel Lefebvre concernant la collégialité à la tête de l’Eglise romaine et l’infiltration maçonnique dans ses murs : « Je crois sincèrement que nous avons affaire à une contrefaçon de l’Eglise et non pas à l’Eglise catholique. Parce qu’ils n’enseignent plus la foi catholique. Ils ne défendent plus la foi catholique. Ils enseignent autre chose. Ce n’est plus l’Eglise catholique. Tous ces Cardinaux dans les congrégations et toutes ces secrétaires dans les congrégations, ils sont bien assis là où étaient leurs prédécesseurs mais ils ne continuent pas leurs prédécesseurs. Ils n’ont plus la même foi, ni la même doctrine ni la même morale que leurs prédécesseurs. Et principalement, leur grande erreur c’est l’oecuménisme. Ils enseignent un œcuménisme qui est contraire à la foi catholique. Je dirai : que pensez-vous des anathèmes du Concile de Trente ? Que pensez-vous des anathèmes de l’encyclique Auctorem Fidei ? Que pensez-vous du Syllabus ? De l’encyclique Immortale Dei du Pape Léon XIII ? Que pensez-vous de la lettre sur le Sillon par le Pape Pie X ? De l’encyclique Quas primas du Pape Pie XI ? Mortalium animos du Pape Pie XI contre le faux œcuménisme ? Que pensez-vous de tout ça ? Qu’ils me répondent sur ces documents qui définissent notre foi. Ce ne sont pas des documents quelconques. Ce sont des documents officiels qui engagent l’autorité du Pape. On peut et on doit même croire que l’Eglise est occupée par cette contre-Eglise que nous connaissons bien et que les Papes ont condamné. Depuis bientôt quatre siècles, l’Eglise ne cesse de condamner cette contre-Eglise qui est née avec le protestantisme et qui est à l’origine de toutes les erreurs modernes, qui a détruit toute la philosophie, qui nous a entraîné dans toutes ces erreurs que nous connaissons : libéralisme, socialisme, communisme, modernisme, sionisme. Nous en mourrons. Les Papes ont tout fait pour condamner cela. Et voilà que maintenant, ceux qui sont sur les sièges de ceux qui ont condamné ces choses-là sont maintenant d’accord pratiquement avec ce libéralisme et cet oecuménisme. Plus les choses s’éclairent et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques, on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes, qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. Maintenant quand on se trouve devant un secrétaire de congrégation ou un cardinal qui se trouve assis dans le siège où se trouvaient de saints cardinaux qui avaient la foi et défendaient la foi de l’Eglise, on se trouve devant un franc-maçon. » [8]

     

    Le propos fut sincère. L’aveu éloquent. Mémorable même. Car il ne vint pas de n’importe qui. Ce ne furent pas des paroles en l’air mais celles d’un homme d’Eglise connaissant très bien l’institution romaine. Après avoir été minutieusement préétabli dans les arrière-loges, notamment celles de la Haute-Vente, le projet de destruction de l’Eglise officielle par la contre-Eglise est arrivé à son aboutissement. Les choses ne s’étant point arrangées mais empirées, nous pouvons tirer la même conclusion que cet illustre clerc.

     

    Ainsi, parce qu’il est indéniable que la (fausse) religion enseignée au Vatican est un protestantisme ayant juste l’apparence du catholicisme, et parce qu’il est très vraisemblable que, depuis Jean XXIII, les derniers chefs de Rome furent tous maçons ou étroitement liés à la franc-maçonnerie (hormis Jean Paul 1er, d’où son assassinat), nous sommes en droit d’approuver cette évidence affirmée par monseigneur Lefebvre dans les années 1970 : Oui, une loge maçonnique dirige bel et bien l’Eglise officielle romaine. Telle une chape de plomb au-dessus des fidèles. Et ce pour le grand égarement des âmes depuis 50 ans. Puisse les Catholiques de cette Eglise humaine et non divine regarder honnêtement cette réalité en face. D’autant que l’Eglise conciliaire n’est assurément plus l’Eglise catholique puisqu’elle enseigne une autre religion et qu’elle ne contient ni une même foi, ni une même hiérarchie, ni les mêmes sacrements d’origine. Les francs-maçons et modernistes à la tête de cette institution étant les premiers responsables de cette situation désastreuse, car ce sont eux qui, depuis 50 ans, sont à l’origine du scandale.

     

    Johan Livernette le 10 décembre 2013

     

    [1] Dans « Au nom de Dieu » de l’anglais David Yallop.

     

    [2] Dans « L’espresso » en décembre 1987.

     

    [3] Le 29 juillet 1976 dans « Quelques réflexions à propos de la suspens a dinivis ».

     

    [4] http://www.catholique-sedevacantiste.com/article-23851474.html

     

    [5] http://www.resistance-catholique.org/documents/2008/RC_2008-02-29_Les-liens-occultes-entre-Ratzinger-et-les-pires-ennemis-de-lEglise.pdf

     

    [6] http://www.blogcatholique.fr/2010/10/preuves-que-benoit-xvi-ratzinger-est.html

     

    [7] https://johanlivernette.files.wordpress.com/2013/04/bergoglio-rotary.jpg

     

     

    [8] L’intégralité de l’entretien audio de Monseigneur Lefebvre : http://www.youtube.com/watch?v=XSuBwJ4xuns


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    Ces autres affaires de prêtres accusés d'abus sexuels qui embarrassent le cardinal Philippe Barbarin

    Dans son diocèse de Lyon, l'archevêque a géré avec discrétion plusieurs cas de religieux accusés d'agressions sexuelles, voire condamnés. Sans jamais avoir dénoncé à la justice les hommes mis en cause.

     

    Le cardinal Philippe Barbarin, le 29 novembre 2017, à Lyon.

    Benoît Zagdoun

    France Télévisions

    Mis à jour le 08/01/2019 | 07:00

    publié le 08/01/2019 | 07:00

     

     

     

    Un cardinal au tribunal. Philippe Barbarin va être jugé du lundi 7 au mercredi 9 janvier. L'archevêque de Lyon est accusé de ne pas avoir dénoncé à la justice le prêtre Robert Preynat, alors qu'il était au courant depuis plusieurs années des accusations d'agressions sexuelles portées contre cet homme d'Eglise qui encadrait des jeunes scouts de la banlieue lyonnaise dans les années 1980 et 1990.

     

    Mais cette affaire, devenue emblématique du scandale de pédophilie dans l'Eglise catholique, n'est pas la seule dans laquelle l'attitude du prélat est critiquée. Alors que s'ouvre le procès du primat des Gaules, franceinfo revient sur ces autres dossiers encombrants.

     

    Guy Gérentet, écarté et mis au vert

    Son cas a été jugé juste avant que n'éclate l'affaire Preynat. En février 2016, le tribunal correctionnel de Lyon condamne à deux ans de prison avec sursis le prêtre Guy Gérentet de Saluneaux, 81 ans, pour les agressions sexuelles de huit mineures entre 1989 et 2000, rapporte Le Monde.

     

    Le "père Guy" a été, pendant une trentaine d'années, chargé du catéchisme au sein de la paroisse de la Sainte Trinité, dans le populaire 8e arrondissement de Lyon. Le prêtre, réputé proche des milieux catholiques traditionalistes, est décrit comme un homme autoritaire, jouissant d'une grande autorité morale sur ses paroissiens. Après qu'une jeune fille a dénoncé des faits de "maltraitance", il est écarté de sa paroisse en 2001 et interdit de tout ministère par le cardinal Billé. Mais l'archevêque de Lyon de l'époque ne dénonce pas son prêtre à la justice.

     

    En 2003 puis 2004, une autre victime du "père Guy" se manifeste, cette fois, auprès du cardinal Philippe Barbarin, qui a succédé en 2002 à Louis-Marie Billé, mort prématurément. L'archevêque la reçoit à plusieurs reprises. Il rencontre aussi le prêtre, qui reconnaît l'agression sexuelle, mais assure qu'il s'agissait d'un "cas unique". Le cardinal renouvelle l'interdiction d'exercer décrétée par son prédécesseur.

     

    Il faut attendre 2010 pour que Guy Gérentet soit mis en examen. Le parquet a été mis sur sa piste par le prieur d'une abbaye du sud de la France, qui a recueilli les confidences d'une amie de la victime. Placé en garde à vue, le prêtre reconnaît son "attirance sexuelle pour les enfants". 

     

    Entendu comme témoin par la police, Philippe Barbarin explique avoir confié Guy Gérentet aux soins d'un psychologue – comme le fait souvent l'Eglise en pareil cas. Selon le procès-verbal d'audition consulté par l'AFP, le prélat ne mâche pas ses mots pour condamner les agissements de son prêtre, n'hésitant pas à le qualifier de "type tordu" et de "véritable pervers". Le prélat assure à la policière qui l'interroge avoir conseillé à la victime de porter plainte, "si elle le voulait". Il dit enfin n'avoir pas "su" si Guy Gérentet avait fait d'autres victimes, mais il reconnaît s'en être "douté". Pour autant, il n'avait pas saisi la justice.

     

    En 2012, le prêtre a finalement été renvoyé de l'état clérical et réduit à l'état de laïc, la sanction la plus grave que puisse infliger l'Eglise. Mediapart l'avait rencontré en 2016 dans son village de Montrottier (Rhône), dans les monts du Lyonnais. L'octogénaire portait toujours sa soutane et minimisait ses actes, se souvenant d'avoir eu les "gestes affectueux" d'un "vieux grand-père", tout en se défendant d'avoir "jamais voulu faire du mal à des jeunes".

     

     Philippe de Morand, éloigné en banlieue parisienne

    En janvier 2008, un jeune homme, tout juste majeur, se réfugie chez Philippe de Morand, à une quarantaine de kilomètres de Lyon. L'aumônier des scouts Saint-Louis de Lyon, une branche traditionaliste qui s'est séparée des scouts d'Europe, est à ses yeux son "directeur spirituel", presque son "grand frère", comme il le confie aux auteurs du livre-enquête Eglise, la mécanique du silence (éd. JC Lattès, 2017). Le jeune homme reste dormir et partage la même chambre que le prêtre, dont il est si proche. Pendant la nuit, le religieux l'agresse sexuellement. Le jeune parvient à s'enfuir, profitant du sommeil de son agresseur.

     

    Dès le lendemain, le père de la victime se rend à l'archevêché et prévient le cardinal Barbarin, qui reçoit également le jeune homme et lui conseille de faire une déposition à l'Officialité (le tribunal interne à l'Eglise catholique). Le prêtre lui-même se dénonce à ce tribunal. Mais rien ne se passe. Apprenant que Philippe de Morand continue d'officier plusieurs mois après l'agression, la victime menace l'archevêque de porter plainte contre lui.

     

    L'ultimatum porte ses fruits : en juin, le prélat agit enfin et exfiltre le prêtre, d'abord en pénitence à l'abbaye de Sept-Fons, dans l'Allier, puis dans une paroisse de banlieue parisienne, où le diocèse de Nanterre (Hauts-de-Seine) accepte d'accueillir le religieux. Le prêtre intègre la paroisse Sainte-Geneviève de Nanterre, mais sans y exercer de ministère, et reprend ses études au prestigieux collège des Bernardins, à Paris.

     

    Philippe de Morand est éloigné – comme le fait souvent l'Eglise avec ses prêtres à problèmes – mais la justice reste tenue à l'écart. En juillet, face à l'inaction du diocèse de Lyon, la victime saisit elle-même le procureur. Le prêtre est mis en examen pour viol. Il est jugé et condamné deux ans plus tard, en décembre 2010, à six mois de prison avec sursis pour agression sexuelle. Le religieux reprend toutefois ses activités dans diverses paroisses des Hauts-de-Seine.

     

    En 2016, après que son passé a été mis au jour par Mediapart dans la foulée de l'affaire Preynat, une enquête canonique (interne à l'Eglise catholique) est ordonnée à Lyon. Elle conclut que Philippe de Morand peut rester prêtre, mais "de manière encadrée", précise à franceinfo le diocèse de Nanterre. Le religieux est aujourd'hui vicaire – c’est-à-dire adjoint d’un curé – des paroisses de Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus et de l'Immaculée Conception, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). "Il n’est pas tout seul, insiste le diocèse de Nanterre. Il est sans responsabilité auprès des jeunes" et "les laïcs impliqués dans la vie paroissiale sont au courant de sa situation".

     

    Jean-Marc Desperon, muté à Montauban

    Dans les années 1980, Jean-Marc Desperon est aumônier du collège-lycée Saint-Exupéry, sur la colline lyonnaise de La Croix-Rousse. Les jeunes qui fréquentent avec assiduité son aumônerie l'appellent affectueusement "Jean-Marc". Le prêtre trentenaire, brillant et charismatique, fédère un petit groupe autour de lui, comme le raconte avec force témoignages le livre-enquête Eglise, la mécanique du silence. Mais au début des années 1990, "l'emprise" de ce "gourou" sur les adolescents inquiète des paroissiens, qui le signalent au diocèse. Et en 1994, le diocèse de Lyon l'éloigne de ses ouailles. Le curé est confié au diocèse de Montauban, dans le Tarn-et-Garonne.

     

    L'évêque montalbanais à l'époque des faits, Bernard Housset, assure ne pas avoir été informé du motif réel de la mutation du prêtre. A son arrivée en 1996, on lui avait indiqué que le prêtre avait quitté Lyon, parce qu'il souhaitait "se rapprocher de son père vieillissant pour le soigner", assure-t-il dans un communiqué en 2016.

     

    Ce sont des témoignages d'anciennes victimes présumées qui vont alerter l'évêque. En 2002, selon les informations des auteurs de l'ouvrage Eglise, la mécanique du silence, trois victimes lui écrivent. Leurs trois lettres sont transmises au diocèse de Lyon, dont dépend toujours le prêtre. Bernard Housset se souvient de la première de ces missives : "une lettre d'un adulte". "Il me disait que, durant son séjour à Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne), il était sous l'emprise captative de Jean-Marc Desperon, sous prétexte d'un accompagnement humain et spirituel", déclare l'évêque dans son communiqué.

     

    Le courrier évoque des "comportements déplacés de Jean-Marc Desperon à son égard depuis sa majorité". L'évêque conclut à un "abus de personnalités" et juge que ce "comportement n'était pas digne d'un prêtre". "Dans les mois qui ont suivi" la réception de cette lettre, "je me suis rendu compte que plusieurs adultes étaient dans la même situation", poursuit Bernard Housset.

     

    En 2004, l'évêque de Montauban sanctionne son prêtre et l'interdit de tout ministère, imité en 2005 par l'archevêque de Lyon. Le prêtre n'est pas pour autant conduit devant un juge par sa hiérarchie. Seul face à ses vieux démons, Jean-Marc Desperon fait cette année-là une nouvelle victime présumée, un adolescent de 15 ans.

     

    Le père de ce jeune homme a porté plainte. Et en 2016, Jean-Marc Desperon est mis en examen à Montauban pour "agression sexuelle aggravée sur mineur". Au même moment, le diocèse de Lyon finit par sévir, reconduisant Jean-Marc Desperon à l'état laïque. Lorsque Mediapart révèle son histoire, l'ancien aumônier disparaît de son domicile dans la petite commune de Finhan, près de Montauban. On redoute son suicide. Les gendarmes fouillent les environs, sondent le lac du village. Il est retrouvé trois jours plus tard, épuisé et endormi... chez lui. Arrêté, il est toutefois remis en liberté. Son avocat indique à franceinfo que son client doit être jugé en janvier.

     

    Un gendarme enquête sur la disparition d\'un ancien prêtre, Jean-Marc Desperon, accusé d\'agression sexuelle, le 21 avril 2016, à Finhan (Tarn-et-Garonne).Un gendarme enquête sur la disparition d'un ancien prêtre, Jean-Marc Desperon, accusé d'agression sexuelle, le 21 avril 2016, à Finhan (Tarn-et-Garonne). (MAXPPP)

    Jérôme Billioud, mis sur la touche sur le tard

    Alors que l'affaire Preynat vient d'éclater, un nouveau dossier fait à son tour surface, en mars 2016. Pierre, un haut fonctionnaire de 42 ans, affirme dans Le Figaro avoir été agressé sexuellement par l'abbé Jérôme Billioud dans sa jeunesse. La première fois, en 1990, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), alors qu'il avait 16 ans, la seconde à Lourdes (Hautes-Pyrénées) en 1993. En 2009, Pierre rencontre le cardinal Barbarin et lui confie son secret, relate-t-il. Le prélat, dit-il, lui apprend que Jérôme Billioud est déjà sorti du droit chemin. Pierre porte plainte, mais celle-ci est classée sans suite, car les faits sont prescrits. 

     

    Le prêtre pose effectivement problème depuis de nombreuses années. En 1998, Jérôme Billioud est condamné à un mois de prison avec sursis pour atteinte sexuelle à Roanne (Loire). Une peine assortie d'une injonction de soins. Apprenant cette condamnation, le maire d'Amplepuis (Rhône), où officie le curé, demande le remplacement immédiat du prêtre à l'archidiacre qui administre le Roannais. Il obtient satisfaction. Et c'est le curé d'une paroisse voisine qui le remplace. Son nom : Bernard Preynat, comme le rapporte le livre Grâce à Dieu, c'est prescrit : l'affaire Barbarin (éd. Robert Laffont, 2017). En 2003, Jérôme Bilioud est interpellé à deux reprises à Lyon, à quelques mois d'intervalle, pour exhibitionnisme d'abord, puis pour usage de stupéfiants : du poppers, selon l'ouvrage et Le Figaro.

     

    Pendant toutes ces années, le prêtre continue d'officier dans diverses paroisses de Lyon. En 2015, il succède même à la tête de la prestigieuse paroisse lyonnaise de l'Immaculée Conception à un autre prêtre mis en cause dans une affaire de délit sexuel en 2014 et suspendu de ses fonctions. Eric Pépino a été mis en examen pour atteinte sexuelles, mais il a bénéficié d'un non-lieu, l'adolescent mineur et en fugue contacté sur un site de rencontres pour adultes ayant menti sur son âge.

     

    Depuis 2016, l'abbé Jérôme Billioud a cependant été mis sur la touche. Il est désormais rattaché à la  paroisse de la Rédemption-Saint-Joseph, dans le 6e arrondissement de Lyon. "Officiellement, il n’a aucune mission. Il habite ici. Il est sous ma vigilance, il va visiter des maisons de retraite, il m’aide auprès des personnes âgées", explique à franceinfo François Duthel, curé de la paroisse. Et l’enquête canonique diligentée par le diocèse de Lyon a dédouané le religieux, selon une source de franceinfo au sein du diocèse.

     

    Un message placé sur la porte de l\'église de l\'Immaculée Conception, le 15 mars 2016, à Lyon, indiquant que les messes sont annulées, alors que le curé de la paroisse, Jérôme Billioud, est accusé dans une vieille affaire d\'abus sexuel.Un message placé sur la porte de l'église de l'Immaculée Conception, le 15 mars 2016, à Lyon, indiquant que les messes sont annulées, alors que le curé de la paroisse, Jérôme Billioud, est accusé dans une vieille affaire d'abus sexuel. (JEFF PACHOUD / AFP)

    Bruno Houpert, condamné mais promu

    En mars 2016, alors que le cardinal Barbarin se débat en plein scandale Preynat, Le Parisien dévoile une autre affaire. Bruno Houpert, curé de la paroisse de Sainte-Blandine-du-Fleuve, à Millery, au sud de Lyon, a été condamné pour agressions sexuelles neuf ans plus tôt. En avril 2007, il a écopé de dix-huit mois de prison avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de trois ans. Les faits se sont produits au foyer Saint-Pierre du séminaire de Rodez, dans l'Aveyron. Les victimes étaient quatre séminaristes âgés de 20 à 30 ans.

     

    Après sa condamnation, Bruno Houpert est resté un temps en paroisse à Rodez, "sous la vigilance des prêtres", explique au Parisien Bernard Quintard, vicaire général du diocèse de Rodez. "Son ministère était réduit", il "n'était pas en contact avec des jeunes" et il "a été suivi par un psychologue".

     

    Un an plus tard, en 2008, le prêtre est transféré à Lyon. Il rejoint d'abord une communauté religieuse, il est ensuite nommé vicaire, puis curé, et enfin doyen, en charge de six paroisses... la même année que Bernard Preynat. "Ce prêtre a toujours suivi les recommandations du juge d’application des peines", plaide également dans La Croix Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la Conférence des évêques de France. "Le diocèse regrette que les efforts de réhabilitation et le chemin parcouru par ce prêtre soient remis en cause par une exposition médiatique injustifiée (...) dans la mesure où son ministère est exercé avec prudence", proteste dans Le Figaro l'entourage du cardinal Barbarin. 

     

    Mais face à la polémique, le diocèse de Lyon a repris l'ensemble du dossier et estimé qu'il n’était plus possible de confier un ministère à ce prêtre. Bruno Houpert a quitté le diocèse et a été de nouveau placé sous la responsabilité de son évêque. Selon les informations de franceinfo, il est aujourd'hui aumônier dans une abbaye de religieuses.

     

    Didier B., condamné mais revenu en paroisse

    En 1992, le prêtre Didier B. a été condamné à six ans de prison, dont deux avec sursis, par le tribunal de grande instance de Villefranche-sur-Saône (Rhône) pour des "agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité". Les faits ont été commis entre 1988 et 1991. Mais au cours de l'enquête, le curé a avoué avoir fait au total une vingtaine de victimes depuis 1985, selon les révélations de Mediapart, en partenariat avec le magazine "Cash Investigation" de France 2.

     

    Une fois sa peine purgée et après un long séjour chez les Petites sœurs des pauvres à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), il est autorisé à exercer à nouveau en paroisse en 2009. Il retrouve ainsi le Roannais, puis il est nommé prêtre auxiliaire à Vaise, dans le 9e arrondissement de Lyon. 

     

    Il faut attendre les révélations en cascade de l'année 2016, pour que le cardinal Barbarin lui retire tout ministère et signale son cas au Vatican. Selon nos informations, Didier B. est mort en juillet 2017, après avoir fini ses jours dans une maison de retraite avec d'autres religieux, où "Cash Investigation" l'avait rencontré.

     

     

     

    Patrick L., condamné mais réintégré en paroisse

    Le prêtre Patrick L. a été reconnu coupable de détention d'images pédopornographiques et condamné à un an de prison avec sursis en 2003, selon les informations de Mediapart. En 2015, il s'est vu à nouveau confier un poste de prêtre en paroisse à Décines, en banlieue lyonnaise. "Il a participé à des célébrations, il y avait des enfants, mais au vu de tout le monde. Il n’était pas en lien direct avec les enfants", assure l'évêché à Mediapart. Sa condamnation, dit-il à Mediapart, a été "le déclic pour guérir".

     

     

    En 2016, après la médiatisation de son cas, Patrick L. a cependant été écarté. Selon nos informations, il a été prié de retourner dans sa congrégation du Saint-Sacrement et n'a donc plus de ministère.


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    Pédophilie dans l'Église: les silences du cardinal Barbarin en procès

    Publié le dimanche 6 janvier 2019 à 9h07 par France Inter

    Le procès du cardinal Barbarin et d'autres responsables religieux s'ouvre ce lundi à Lyon. C'est son silence dans l'affaire de pédophilie du père Preynat notamment qui est en cause.

     

    Le cardinal Barbarin dans la cathédrale Saint-Jean à Lyon © AFP / JEFF PACHOUD

    "Je n'ai qu'un seul juge qui est le Seigneur", affirmait récemment, à Lourdes, le cardinal Philippe Barbarin. Lundi, l'archevêque de Lyon doit comparaître devant la justice des hommes, accusé de lui avoir caché le passé pédophile du père Preynat.  Avec lui, cinq anciens membres du diocèse, dont l'archevêque d'Auch et l'évêque de Nevers, sont convoqués devant le tribunal correctionnel jusqu'à mercredi pour ne pas avoir dénoncé des agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts avant 1991.

     

    Ils sont cités à comparaître pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineur.  Le préfet du Vatican, poursuivi, ne sera pas présent, le Vatican invoquant son immunité.

     

    Sur le banc des parties civiles, des victimes du Père Preynat, 72 ans, qui ont découvert, adultes, que celui qu'ils accusent de pédophilie était toujours au contact avec des enfants.  

     

    Le prélat de 68 ans, en poste à Lyon depuis 2002, incarne en France la crise d'une Église confrontée partout aux déviances des uns et aux silences des autres - que le pape François appelle à rompre tout en soutenant le primat des Gaules quand d'autres réclament sa démission.  

     

    Le scandale lyonnais a éclaté en 2015 avec la mise en cause du père Bernard Preynat pour des abus commis un quart de siècle plus tôt. Parce qu'il était au courant de ces agissements anciens, des victimes ont aussi porté plainte contre Mgr Barbarin, estimant qu'il aurait dû lui-même dénoncer le prêtre à la justice.  Après six mois d'enquête et dix heures d'interrogatoire du cardinal par la police, le parquet de Lyon a classé l'affaire sans suite à l'été 2016.  Mais des plaignants ont lancé depuis une procédure de citation directe devant le tribunal.

     

    Trois d'entre eux ont lancé l' association La Parole Libérée qui a recensé 85 victimes présumées (les faits sont prescrits pour une majorité). Neuf sont parties civiles à ce procès dont François Devaux, 39 ans. 

     

    _"Ce n'est pas le procès d'un homme" - le cardinal Barbarin- mais celui d'un système estime immédiatement François Devaux, habitué à ce qu'on l'interroge sur ce face à face attendu au tribunal.  "Ce procès c'est la fin d'un combat, un aboutissement" dit François Devaux. Il a fallu effacer la honte pour créer l'association La Parole libérée qui va être mise en sommeil. Il ne reçoit presque plus de menaces mais toujours beaucoup d'appels de victimes. L'Eglise n'a selon lui pas assez avancé sur la pédophilie  "Notre stratégie était d'alerter l'opinion publique et les politiques, on a réussi"  poursuit François Devaux et "qu'elle soit l'issue de ce procès, ça ne m'empêchera pas de dormir"

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    Pédophilie dans l’Eglise catholique : le pape François fait trop peu, trop tard

    Editorial. En visite en République d’Irlande, le souverain pontife a demandé le pardon des fidèles pour les violences sexuelles impliquant l’Eglise.

     

    Par Le Monde Publié le 27 août 2018 à 11h27 - Mis à jour le 27 août 2018 à 17h20

     

    Editorial du « Monde ». Le flot des révélations sur les violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique semble ne jamais devoir se tarir. Tout l’été, juges, enquêteurs et procureurs de Pennsylvanie, du Chili ou d’Australie ont alimenté la sinistre chronique de plus de trois décennies d’agressions. En République d’Irlande, cette tragédie a encore dominé la visite du pape François, qui a demandé avec insistance, dimanche 26 août, le pardon des fidèles.

     

    Cette contrition pontificale ne suffira cependant pas à rétablir l’image dévastée de l’Eglise et de son clergé. Dimanche, au lendemain de la rencontre du pape avec des victimes de prêtres irlandais, un ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano, accusait François, dans une lettre rendue publique, d’avoir lui-même longtemps couvert les abus commis par l’ex-cardinal Theodore McCarrick, archevêque de Washington, qu’il a fini par démettre du Sacré Collège en juillet. L’ancien nonce, proche de Benoît XVI et connu pour son opposition à François, n’est pas neutre, et le pape s’est ouvertement refusé à commenter ses accusations, demandant aux journalistes de les lire attentivement et de formuler leur propre jugement. Mais le sommet de l’Eglise est aujourd’hui si fragilisé par l’étendue de ces scandales que cette lettre a suffi à empoisonner la dernière journée de la visite du pape en Irlande.

     

    Lire aussi  Pédophilie dans l’Eglise : un prélat accuse le pape d’avoir couvert un cardinal américain

    Trop peu, trop tard. A force d’avoir procrastiné et faute d’avoir mesuré en temps utile l’ampleur de la déflagration de ces scandales au sein de la communauté catholique, c’est aujourd’hui le chef de l’Eglise, le pape François, qui en paie le prix. Elu en 2013, il était apparu comme l’une des dernières figures susceptibles d’avoir un discours moral de portée universelle sur les grands sujets d’actualité. Ses propos dénonçant l’inhumanité du traitement des migrants, la puissance de l’argent et les ravages du réchauffement climatique ont fait naître cet espoir.

     

    Le dossier chilien

    Mais les affaires de violences sexuelles qui n’ont cessé d’éclater au sein de l’Eglise ont fini par le rendre inaudible sur les autres sujets. Depuis le mois de janvier et sa désastreuse visite au Chili, on ne guette quasiment plus, de sa part, que des commentaires sur le dernier scandale mis au jour. Sur le dossier chilien, il s’est d’ailleurs lui-même mis en position d’accusé, en prenant parti pour un évêque controversé sans même avoir entendu les victimes.

     

     

    Le Vatican affirme avoir pris des mesures, depuis le début des années 2000 et les révélations sur les scandales du diocèse de Boston et les mauvais traitements infligés aux enfants dans les institutions irlandaises, pour briser l’omerta et prévenir de nouveaux abus. Ce n’est pas faux – mais c’est insuffisant.

     

     

    Ainsi, aucun mécanisme permettant de juger la responsabilité d’évêques ayant protégé des prêtres dont les abus étaient portés à leur connaissance n’a été mis en place. En outre, l’opacité demeure totale sur la « gestion de carrière », par le Vatican, de figures telles que celle du cardinal déchu Theodore McCarrick, dont apparemment beaucoup de monde connaissait la pratique de mettre des séminaristes dans son lit. Enfin, les mesures prises pour prévenir les abus du clergé sont limitées à quelques pays occidentaux ; rien ne semble prévu dans les diocèses d’Afrique ou d’Asie. Tant que cette réforme ne sera pas vraiment engagée, dans un effort résolu de transparence, le pape François sera privé de son magistère moral





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