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     Selon l'Eglise catholique on peut tuer un homme adulte dans une guerre dite juste,ordonnée par les autorités temporelles,mais on ne peut pas supprimer un embryon dans un avortement juste.

    Pourtant,l'évangile est formel:

    "Ne résiste pas au méchant"

    "Si quelqu'un te frappe sur la joue droite,tends lui ta joue gauche"

    "Aimez vos ennemis,faites du bien à ceux qui vous persécutent"

    Etc....

    C'est Augustin d'Hippone,354/43O,proclamé docteur de l'église qui a établi le concept de guerre juste en voulant établir un lien entre les lois romaines et le christianisme.Il a mis fin à la pratique des premiers chrétiens qui refusaient de porter les armes et de verser le sang.C'est ainsi qu'il a établi une nouvelle religion hybride,une chimère qui n'a plus rien à voir avec le christianisme.

    Son continuateur a été Thomas d'Aquin 1225/1274 qui dans sa somme théologique a réédité la notion de guerre juste.Il a été lui aussi promu docteur de l'Eglise.

    Ainsi,tuer un homme si c'est l'Etat qui vous l'ordonne,c'est bien mais supprimer un embryon,pour une cause juste,c'est pas bien !

    Voici ci-après un article édifiant.

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    Excommunication : "le viol est moins grave que l'avortement"

    Le Vatican justifie l'excommunication d'une mère brésilienne et de médecins, pour l'avortement d'une fillette de 9 ans. L'enfant avait été violée par son beau-père qui, lui, n'est pas excommunié.

    Par L'Obs

     

    Publié le 09 mars 2009 à 17h07

       

    Le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican, a justifié l'excommunication de la mère d'une Brésilienne de 9 ans ayant avorté après avoir été violée par son beau-père, car les jumeaux qu'elle portait "avaient le droit de vivre", apprend-on ce lundi 9 mars.

    L'archevêque de Recife dans le nord-est du Brésil a excommunié jeudi la mère de l'enfant, qui a avorté de jumeaux alors qu'elle était enceinte de quinze semaines.

    L'excommunication a été étendue à toute l'équipe médicale qui a pratiqué l'opération, mais pas au beau-père de l'enfant car "le viol est moins grave que l'avortement" a expliqué Giovanni Battista Re.

     

    "Il faut toujours protéger la vie"

     

    "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées", a déclaré Mgr Re, qui est également président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

    "Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée", a-t-il estimé.

    "L'excommunication pour ceux qui ont provoqué l'avortement est juste", car cette opération constitue "toujours la suppression d'une vie innocente", a commenté le préfet de la congrégation pour les évêques, notamment compétent pour élire des évêques.

     

    Lula contre les conservateurs

     

    Vendredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait vivement critiqué l'excommunication de l'archevêque de Recife, "déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur".

    La grossesse de la fillette comportait de hauts risques et mettait la vie de l'enfant en danger. L'interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

    L'Obs

     


  • Hors de l'Eglise ,pas de salut,telle est la prétention des clercs tout bouffis de leur orgueil et de leur ignorance.C'est le point de départ de leur guerre contre la gnose.

     

    Le mot gnose vient du grec gnosis qui signifie intelligence,connaitre,savoir et aussi sentences des sages et des philosophes de la Grèce.

     

    Ce mot Grec est issu du sanskrit Jgna qui a le même sens d'intelligence et de savoir.

     

    Mais ce mot gnose a une implication plus subtile Il s'agit d'une connaissance secrète,d'une perception supra sensorielle,d'un satori.Le baptême d'esprit était déjà une gnose et s'appelait illumination.Baptisé=illuminé:on retrouve cette affirmation dans les écrits de St Paul.D'autre part, Paul a bénéficié de ce satori ou illumination sur le chemin de Damas.Damas se dit Damaseq en  hébreu et c'est l'anagramme de sanctuaire.St Paul a eu cette illumination dans le sanctuaire de son coeur.

    Mais ce qu'on appelle les pères de l'Eglise:Irénée de Lyon,Tertullien,Justin martyr,et leurs successeurs ont sans arrêt mené la guerre contre la gnose.

    La gnose les appellent les hyliques:hylé,la matière, contrairement aux pneumatiques,pneuma:esprit:les gnostiques.

     

    L'Eglise catholique,depuis l'empereur Constantin et ses différents conciles a sans arrêt condamné et brûlé les livres des gnostiques.Elle a depuis le début  présenté Simon le Magicien comme le père de la gnose.Le principal père de la persécution des gnostiques est Irénée de Lyon,qui dans son livre "contre les hérésies",prend toute l'Ecriture dans son  sens littéral et affirme à la page 573 de son  livre  que Jésus nous a rachetés par son sang versé,un sacrifice donc humano-divin,un bouc émissaire animalo-divin. Ceci nous ramène aux pratiques des Druides et des peuples primitifs.Les Druides en Gaule pratiquaient en effet les sacrifices humains.Ceux-ci cessèrent grâce à l'invasion des Romains,héritiers de la pensée Grecque et plus évolués.

     

    Quant à l'eucharistie:manger la chair et boire le sang du Christ,ceci ramène soit au cannibalisme africain soit à la religion de Mithra concurrente un temps du christianisme.

     

    Pourtant,l'instruction  des évangiles mêmes canoniques reconnait l'importance de la gnose.

     

    "Malheur à vous,docteurs de la Loi !Parce que vous avez enlevé la clef de la GNOSE.Vous n'y êtes pas entrés vous mêmes et vous avez empêché ceux qui voulaient y entrer."

     

    (Luc:11:52)

     

     Jésus nous dit aussi d'entrer par la porte étroite,une affirmation porteuse d'enseignement ésotérique

     

    "Il ne leur parlait point sans paraboles mais en particulier,il expliquait tout à ses disciples."

     

    (Marc:4:34)

     

    "Jésus leur répondit.Parce qu'il vous a été donné de connaitre les mystères du Royaume des cieux et que pour eux,il ne leur est point donné de connaitre."

     

    Le coup d'arrêt définitif à la gnose a été perpétré par le génocide de l'Eglise contre les Cathares et les Albigeois.

     

    La raison de ces persécutions réside dans  l'expérience concrète que tout être humain peut avoir accès à Dieu sans passer par l'Eglise,ce qui la priverait de son pouvoir politique,d'un important magot pour servir son luxe et engraisser un clergé inutile. 

     

    L'Objet donc de la Gnose chrétienne est la connaissance du mystère du Royaume des Cieux ou de Dieu,les deux termes sont similaires.

    Les cieux se disent Shamaïm en hébreu et les kabbalistes font remarquer que les cieux ou ha shamaïm ont la même guématrie que Neshamah,qui est le souffle vital,le souffle de Dieu ou l'esprit en l'homme.

    Les hindous arrivent à la même conclusion dans les upanishads car ils affirment que l'atman (l'âme,l'esprit) est identique à Brahman:l'Absolu.

     

    Le mot Evangile qui,signifie "Bonne nouvelle" vient de l'hébreu Besora qui est l'annonce des prophètes. 

    L'Evangile,c'est la bonne nouvelle du Royaume des Cieux.

     

    Ce Royaume ne s'offre pas lui-même,il faut le chercher.

     

    "Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice et l'on vous donnera tout le reste  par surcroît" (Matthieu:6:33)

     

    "Le Royaume de Dieu ne doit pas venir de manière ostensible.On ne pourra pas dire,il est ici,il est là.CAR,VOYEZ,LE ROYAUME DE DIEU EST DEJA AU DEDANS DE VOUS.

     

    (Luc:17:20)

     

    Dans le sens de la GNOSE ou de l'intériorité,le principal livre gnostique est "l'Evangile selon Thomas",retrouvé en son entier à Nag Hammadi en Haute Egypte,en 1945.Le Christ,selon cet évangile est la lumière qui est dans l'homme lumière de tout humain venant en ce monde.On notera que le mot Grec Pho's désigne à la fois la lumière et l'homme.L'initiation gnostique consiste donc à retrouver son être véritable:Shamaïm,le Royaume des cieux à l'intérieur de nous.Au sujet de l'évangile selon Thomas on peut se reporter utilement au travaux de H.CH PUECH.

    Le fils de l'homme est donc le fils de PHOS,le fils de la lumière,la lumière de l'Adam primitif.Eve est le côté d'Adam,côté qui se dit Tsela en hébreu et dont la racine est TSEL qui signifie ombre,ombrage,protection contre la chaleur et aussi émanation.

     

    Philon d'Alexandrie,par son travail sur l'allégorie des écrits bibliques a été le précurseur de la gnose chrétienne, du Logos platonicien et aussi du Logos du préambule de l'évangile de Jean. Puis suivirent Clément d'Alexandrie et Origène,dans les pas de Philon,qui insistèrent aussi sur le Logos.

     

    Cependant le Logos chrétien dans la gnose est plus près de la notion hindouiste de Vak,la parole,l'énergie de la Kundalini.L'énergie universelle est en l'homme comme fraction de la shakti universelle .C'est aussi la contrepartie de Shiva ou du Purusha que l'on pourrait bien nommer l'Adam Kadmon ou l'Adam prototype,l'oeil de lumière.

     

    La gnose chrétienne fait aussi de grands emprunts à la kabbale hébraïque,comme l'a démontré Bernard Dubourg dans son livre:

     

    "L'invention de Jésus"

     

    L'opinion de cet auteur est que les évangiles ont été écrits primitivement en hébreu et se sont complètement dénaturés par la suite par des différentes traductions.Pour en retrouver le sens ainsi que ses jeux de mots qui servent dans la guématrie,ceux ci doivent être reconvertis en hébreu.

    Mais l'hébreu n'explique pas tout.Jésus dans tous les évangiles ou écrits gnostiques n'est pas un être de chair mais une apparition lumineuse.Dieu est lumière nous dit la Bible.

     

     

     

     

     

     

     


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    Source de l'article:

    Polyxenia en Méditerranée 

     

    Par qui et pourquoi Jeanne d'Arc a-t-elle été brûlée ?

    Dans Le Nom de la Rose (Jean-Jacques Annaud, 1986), adaptation du roman d'Umberto Eco (1980), plusieurs crimes sont commis dans une abbaye bénédictine. Le franciscain Guillaume de Baskerville et son disciple Adso de Melk mènent l'enquête. Au bout de quelques jours, l'inquisiteur Bernardo Gui commence à imposer sa loi. Après la mort de l'herboriste Séverin, il procède même à l'arrestation de trois personnes : Remigio de Varagine, Salvatore et une jeune fille. Bernardo Gui est convaincu de leur culpabilité : ils sont tous condamnés au bûcher pour sorcellerie et hérésie.

     

    Le film met en scène les actions de l'Inquisition médiévale, tribunal ecclésiastique chargé de lutter contre les hérésies à partir de 1199. La plus célèbre figure historique ayant été victime de cette Inquisition est Jeanne d'Arc. Or l’ensemble du procès de Jeanne d’Arc a été rédigé et conservé ; ces documents, ainsi que de nombreuses analyses postérieures, nous permettent aujourd’hui de mieux comprendre le déroulement du procès et les raisons qui ont conduit à brûler vive cette jeune fille.

     

    Nous verrons d'abord le contexte politique, religieux et historique de son jugement, puis les grandes étapes du procès et les accusations retenues contre elle. Enfin, nous étudierons les acteurs et les circonstances de sa condamnation au bûcher.

    I/ Le contexte du procès

    La France à l’époque de Jeanne d’Arc

    L'histoire de Jeanne d'Arc est liée au conflit qui oppose les royaumes de France et d'Angleterre au XIVe et au XVe siècle : la Guerre de cent ans. Cette guerre, qui a débuté en 1338, est le résultat de tensions vives qui naissent en premier lieu du différend dynastique concernant la couronne française.

     

    Le conflit s'apaise ponctuellement entre les deux nations en 1380, mais c'est alors la guerre civile qui se développe dans chacun des deux pays.  Au début du XVe siècle, deux camps s'opposent en France : les Bourguignons et les Armagnacs. 

    Le chef des Bourguignons est le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui a choisi l’alliance avec l’Angleterre. Les Bourguignons contrôlent Paris et une partie du Nord et de l'Est de la France. L'Angleterre, leur alliée, a envahi la Normandie et tout le nord de la France ; elle détient aussi le duché de Guyenne (voir la carte ci dessus).

     

    Les Armagnacs ont pour chef le duc Charles d’Orléans, qui a été capturé par les Anglais et qui a été détenu par eux pendant vingt-cinq ans. Ce parti soutient le dauphin Charles, dont le pouvoir sur le royaume est très affaibli. Charles VI, roi de France, est atteint de troubles nerveux. Le conseil de régence prend progressivement le pouvoir en la personne de  son épouse, la reine Isabeau de Bavière qui s'allie aux Bourguignons. C'est ainsi qu'en 1420, Charles VI signe le traité de Troyes, qui stipule que la France rentrera dans l’héritage anglais à sa mort. Par cette clause, Charles VI et Isabeau de Bavière déshéritent leur propre fils, Charles de Ponthieu, qui en principe ne deviendra donc pas le nouveau roi de France.

     

    Charles VI, roi de France, et Henri V, roi d’Angleterre meurent tous les deux en 1422, laissant la succession française mal résolue. Les Anglais souhaitent alors étendre leur pouvoir en France. Leur armée s'avance donc vers le sud avec comme objectif principal la prise de la ville d’Orléans, qui doit leur permettre de s’approcher plus vite de Bourges, lieu où réside le dauphin.

     

    L’histoire de Jeanne d’Arc commence à cette période où la guerre reprend. La religion chrétienne sort d’une période de trouble, suite aux divisions liées au grand schisme au sein de l’Eglise.

     

    Jeanne d’Arc, une jeune lorraine, aînée d’une humble famille de cinq enfants, entend à partir de l’âge de treize ans des voix d’anges et de saints. Ces voix l’incitent à aider le dauphin à reprendre son trône, et à prendre les armes pour sauver la France.

     

    Jeanne d’Arc part donc rencontrer le roi Charles VII, afin de le convaincre de lui allouer une petite armée pour libérer la ville d’Orléans assiégée.

    Elle permet ensuite au roi d’aller à Reims pour y être sacré, ce qui est fait le 17 juillet 1429. Elle remporte d’autres victoires pour le roi de France. En mai 1430, elle décide de gagner Compiègne pour repousser le duc de Bourgogne qui investit les lieux. Une bataille éclate le 23 mai : la force armée que Jeanne mène semble avoir le dessus mais les renforts du duc de Bourgogne ne tardent pas à arriver. Les Français battent en retraite, Jeanne est attrapée et faite prisonnière.

     

    Jeanne d'Arc prisonnière devant Compiègne, 24 mai 1430

     

     

    II/ Les grandes étapes du procès.

    Après cinq mois d'emprisonnement et deux vaines tentatives d'évasion, Jeanne est livrée aux Anglais contre une rançon. Des contacts se sont en effet établis, mais Charles VII, pourtant sacré grâce à Jeanne d'Arc, n'a pas paru vouloir la sauver. C'est le roi d'Angleterre qui est le plus intéressé : il offre une somme d'argent aux Bourguignons afin de pouvoir la juger.

     

    Livrée aux Anglais, Jeanne est enfermée un temps au Crotoy. Elle est enfin emmenée à Rouen où doit se dérouler son procès. Elle est enfermée dans le château de la ville et vit dans des conditions difficiles.

     

    Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, souhaite lui intenter un procès en hérésie visant à prouver que la captive est une sorcière, ce qui permettrait de discréditer le roi de France Charles VII. L'interrogatoire est ouvert le 9 Janvier et durera jusqu'au 27 mars 1431. Durant celui-ci, les juges lui posent des questions sur son éventuelle sorcellerie. Cependant, Jeanne n'a pas droit à un avocat et doit répondre seule aux juges et aux assesseurs. Les réponses attendues par l’inquisiteur, qui pourraient prouver qu'elle est bien une sorcière, ne viennent pas et Jeanne évite toutes les questions en proclamant sa foi pour Dieu. Le jugement est finalement rendu, mais on peut noter des irrégularités dans ce procès : les formes ne sont pas respectées, les témoignages en sa faveur passés sous silence.

     

    III/ Acteurs et circonstances de la condamnation

    L’abbé Pierre Cauchon est proche des Anglais. En 1420, il a participé aux discussions qui ont conduit au traité de Troyes. Il a ensuite été nommé évêque grâce à l'aide du duc bourguignon Philippe le bon. Il fait partie des conseillers les plus proches du roi d'Angleterre, qui lui fait confiance pour mener à bien le procès dans le sens qu’il souhaite.

     

    Il est évêque de Beauvais, mais comme la ville de Compiègne fait partie de son diocèse, c’est lui qui dirige le procès de Jeanne d’Arc. Il s'entoure de représentants de l'église normands et parisiens, français donc, mais liés au camp bourguignon et donc aux Anglais. La ville de Rouen semble elle aussi s'accommoder la présence anglaise et ne montrera que peu de soutien envers Jeanne d'Arc.

     

    Maître Jean d’Estinet nommé procureur général, Jean de la Fontaine, conseiller commissaire instructeur… On trouve aussi des greffiers comme Bois Guillaume et Manchon, et plus de cent clercs normands et parisiens, en grande partie proches des Bourguignons, qui participent au procès.

     

    Le 19 février, le ministère de l'inquisition est invoqué. Le grand inquisiteur étant indisponible, c’est le vice-inquisiteur, Frère Jean Lemaître qui le remplace.

     Après lecture des éléments de l'enquête, les conseillers décident qu’il y a « matière suffisante pour faire livrer la prévenue en cause de foi ».

     

    Elle est interrogée dans sa cellule à partir du 21 février 1431. Elle doit accepter de prêter serment dans certaines limites. Elle ne veut pas avoir à parler des révélations faites par les voix et qui n'étaient destinées qu'au roi.

     

    Le 27 mars, un réquisitoire est prononcé. Les juges expliquent les nombreux éléments reprochés à Jeanne d’Arc.

     

    « déclarée sorcière ou lectrice de sorts, devineresse, fausse-prophétesse, invocatrice et conjuratrice de malins esprits, superstitieuse, impliquée et appliquée aux arts magiques, mal pensante en et, au sujet de notre foi catholique, schismatique [...], sacrilège, idolâtre, apostate à la foi, maldisante et malfaisante, blasphématrice envers Dieu et ses saints, scandaleuse, séditieuse, troublant et empêchant la paix, excitant aux guerres, cruellement altérée de sang humain et incitant à le répandre, ayant abandonné complètement et sans honte la décence et la réserve de son sexe, prenant sans pudeur l'habit infâme et l'état des hommes d'armes.»

    Durant les semaines du procès, Jeanne d'Arc fait face à ses juges, répondant patiemment à leurs nombreuses questions. Ils veulent parfois la piéger, mais elle reste toujours sur ses mêmes positions. Ainsi quand on lui parle de sa supposée mandragore, plante fétiche des sorcières :

     

    « Interrogée sur ce qu'elle fit de la mandragore, répondit qu'elle n'a point de mandragore, et onques n'en eut ; mais ouï dire que proche de son village il y en a une : mais ne l'a jamais vue. Dit aussi qu'elle ouït dire que c'est chose périlleuse et mauvaise à garder ; ne sait cependant à quoi cela sert. »

    A plusieurs reprises, elle renouvelle sa croyance en Dieu, mais rappelle qu’elle ne croit pas aux représentants religieux qui lui font face.

     

    « Je scay bien que l’Eglise militante ne peut errer ou faiblir ; mais quant à mes dis et à mes faits, je les meicts et rapporte du tout à Dieu qui me l’a fait faire de ce que ay fait » 

     

    Elle continue de porter des vêtements masculins. Pour les juges, cette pratique est condamnée dans la Bible et donc par Dieu. Pour Jeanne d'Arc, ce sont les voix et donc Dieu qui lui demandent de les porter. Une nouvelle manière de ne pas reconnaitre et donc de refuser l'autorité de l'église qui la juge

     

    Le 14 mai 1431 un verdict est rendu. Jeanne d’Arc est déclarée :

    Hérétique car elle refuse de reconnaître l’autorité de l’Eglise qui la juge

    Apostate car elle a les cheveux courts et qu’elle porte des vêtements masculins.

    Devineresse, car elle croit prédire l’avenir,

    Menteuse car elle se dit envoyée par Dieu…

    Mais les juges ne l’accusent pas de sorcellerie, n’ayant trouvé aucun élément permettant de la condamner dans ce sens.

     

    Le 24 mai 1431, Jeanne sort de la prison ; une cérémonie publique est organisée au cimetière Saint-Ouen de Rouen. Un réquisitoire est lu par l'abbé Cauchon. Jeanne en semble très affectée et reconnaît les fautes que ses juges souhaitaient lui faire avouer. Elle signe un acte d'abjuration d'une croix, s'engageant à porter de nouveau des vêtements féminins. La peine de mort doit donc être commuée en peine de prison perpétuelle.

     

    « Je confesse que j'ai très gravement péché en feignant mensongèrement d'avoir eu révélations et apparitions de par Dieu, de par les anges et sainte Catherine et sainte Marguerite, en séduisant les autres, en croyant follement et légèrement, en faisant divinations superstitieuses, en blasphémant Dieu, ses saints et ses saintes, en outrepassant la loi divine, la sainte Ecriture, les droits canons ; en portant un habit dissolu, difforme et déshonnête, contraire à la décence de nature, et des cheveux rognés en rond à la mode des hommes, contre toute honnêteté du sexe de la femme ; en portant aussi des armures par grande présomption ; en désirant cruellement l'effusion du sang humain ; en disant que toutes ces choses je les ai faites par le commandement de Dieu, des anges et des saintes dessusdites, et qu'en ces choses j'ai bien fait et n'ai point failli : en méprisant Dieu et ses sacrements ; en faisant sédition et idolâtrie, en adorant de mauvais esprits et en les invoquant. Confesse aussi que j'ai été schismatique, et par plusieurs manières que j'ai erré en la foi. » 

     

    Mais ce nouveau verdict ne semble pas convenir aux représentants anglais, qui ne souhaitent qu'une seule issue au procès. Quelques jours après, Jeanne utilise à nouveau des vêtements d'homme. A-t-elle été contrainte de les porter, comme le rapportent plusieurs sources ?

     

    Elle déclare en tout cas que seule la peur de la mort l'a amenée à mentir. Revenant donc sur son abjuration, Jeanne d'Arc est déclarée relapse, le 28 mai 1431.

     

    « Interrogée pourquoi elle avait pris cet habit, et qui le lui avait fait prendre, répondit qu'elle l'avait pris de sa volonté, sans nulle contrainte et qu'elle aimait mieux l'habit d'homme que celui de femme. »

     C’est d’abord cette décision de porter à nouveau les vêtements masculins qui est abordée, les raisons ne semblant pas très claires.

     

    « Interrogée pour quelle cause elle l'avait repris, répondit parce qu'il lui était plus licite de le reprendre et d'avoir habit d'homme, étant entre les hommes, que habit de femme. Item dit qu'elle l'avait repris parce qu'on ne lui avait pas tenu ce qu'on lui avait promis, c'est assavoir qu'elle irait à la messe et recevrait son Sauveur, et qu'on la mettrait hors des fers. »

    « Item dit qu'elle aime mieux faire sa pénitence en une fois, c'est assavoir mourir, que d'endurer plus longuement peine en prison. »

    On ne demande pas d’explications plus précises sur cette parole : a-t-elle été battue, violée, comme l’expliquent certains témoignages recueillis plus tard, comme celui de Jean Massieu, huissier :

     

    « Elle demeura en garde audit lieu entre les mains de cinq Anglais, dont en demeuroit de nuyt trois en la chambre, et deux dehors, à l'huys de la dicte chambre. Et sait de certain celluy qui parle que de nuyt elle estoit couchée ferrée par les jambes de deux paires de fer à chaaîne, et attachée moult estroitement d'une chaaîne traversante par les pieds de son lict, tenante à une grosse pièce de boys de longueur de cinq ou six pieds et fermente à clef ; par quoy ne pouvoit mouvoir de place".

    En tout cas, elle revient sur ce qu’elle a dit précédemment : 

     

    « Item dit qu'elle n'a point dit ou entendu révoquer ses apparitions, c'est a savoir que ce fussent saintes Catherine et Marguerite ; et tout ce qu'elle a fait, c'est par peur du feu, et n'a rien révoqué que ce ne soit contre la vérité. »

     

    « Tu es retombée, ô douleur ! dans ces erreurs et crimes, tel le chien qui retourne à son vomissement, ainsi qu'il résulte suffisamment et manifestement de tes aveux spontanés et de tes assertions, nous avons reconnu, par des jugements très fameux que, d'un coeur feint plutôt que d'un esprit sincère et fidèle, tu as renié de bouche seulement tes précédentes inventions et erreurs »

    Des métaphores violentes telles celle du chien retournant à son vomi sont utilisées pour souligner l’importance du reniement de Jeanne. Ce qui les conduit à expliquer la décision finale du tribunal :

     

    « Par ces motifs, nous te déclarons retombée dans tes anciennes erreurs, et, sous le coup de la sentence d'excommunication que tu as primitivement encourue, nous jugeons que tu es relapse et hérétique ; et par cette sentence que, siégeant en ce tribunal, nous portons en cet écrit et prononçons, nous estimons que, tel un membre pourri, pour que tu n'infectes pas les autres membres du Christ, tu es à rejeter de l'unité de ladite Église, à retrancher de son corps, et que tu dois être livrée à la puissance séculière ; et nous te rejetons, te retranchons, t'abandonnons, priant que cette même puissance séculière modère envers toi sa sentence, en deçà de la mort et mutilation des membres : et si de vrais signes de repentir apparaissent en toi, que le sacrement de pénitence te soit administré".

    Ainsi, le tribunal ecclésiastique ne se charge pas de la peine finale. C’est la justice séculière qui doit se charger de faire exécuter la décision. Le jugement sous-entend que ce procès aura lieu, mais ce n’est pas le cas puisque la sentence sera immédiatement appliquée.

     

    Lors du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc, un bourgeois de Rouen, Laurent Guesdon, raconta comment s’est déroulé ce moment et explique pourquoi ce second procès n'a pas eu lieu :

     

    « Après le prononcé de cette sentence, immédiatement et sans intervalle, elle fut remise aux mains du bailli ; sans plus, et sans attendre que le bailli ou le témoin, auxquels il appartenait de rendre une sentence, l'eût fait, le bourreau saisit Jeanne et la conduisit à l'endroit où le bois avait été préparé et où elle fut brûlée. Et il lui parut que ce n'était pas de bonne procédure… »

     

    C’est Geoffroy Thérage, le bourreau de la ville travaillant pour les Anglais, qui exécute la sentence. Le 30 mai 1431, Jeanne d’Arc est conduite sur la place du Vieux marché à Rouen. Elle est attachée sur un poteau et brûlée vive. Selon les témoins présents ses derniers mots sont :

     

    « Jésus ! Jésus ! Jésus ! Je ne suis ni hérétique, ni une schismatique. Oh saints du paradis ! Saint Michel ! Sainte Catherine ! Sainte Marguerite ! Mes Voix furent de Dieu. Tout ce que j'ai fait fut de l'ordre de Dieu. Mes révélations étaient de Dieu. Jésus !... »

    Trois crémations se succèdent, ses restes sont jetés dans la Seine, le cardinal de Winchester ayant souhaité qu’il ne reste rien de son corps, pour ne laisser aucune possibilité à un éventuel culte.

     

    Le procès s’est donc révélé peu équitable. Le but était de faire avouer d'éventuelles fautes à la jeune femme, qui ne fut défendue par personne et dont la parole ne fut soutenue par aucun témoin. Il n’était pas question de livrer Jeanne d'Arc contre une rançon au royaume de France, qui semblait de toute façon ne pas avoir cherché à l'aider, mais bien de la conduire progressivement à la mort. L'objectif des Anglais semblait bien davantage de décrédibiliser le roi Charles VII : ils ne voulaient pas tant que Jeanne soit accusée d'être une sorcière que de pouvoir laisser penser que le roi de France doit son sacre à une représentante du diable sur la terre.

     

    Un procès de réhabilitation fut organisé à partir de 1450, avec le soutien du roi de France. Après une enquête et le témoignage de nombreuses personnes, Jeanne d’Arc, plus de vingt ans après sa mort, fut  déclarée non coupable.

     

    « Nous disons et prononçons, décidons que lesdits procès et les sentences, contenant dol, calomnie, contradiction, et erreur manifeste de droit et de fait, ainsi que la susdite abjuration, l'exécution et toutes les suites, furent et sont nuls, invalides, sans effet et sans valeur. » Sentence du 1er juillet 1456.

     

     

    Par la suite, le mythe de Jeanne d'Arc se développa et trouva son apogée à la faveur des mouvements nationalistes, en particulier après 1870 et la perte de l'Alsace-Lorraine. C'est assez tard que Jeanne d'Arc fut béatifiée, le 18 avril 1909, puis canonisée, le 16 mai 1920. Sa fête est fixée au 30 mai, le jour anniversaire de son exécution.

     

    Note:Ainsi l'église inflige le plus affreux supplice: brûler un être vivant et conscient,ce qu'aucun régime totalitaire politique n'a fait.Une infecte chasse aux sorcières ,appelée sainte inquisition,en réalité satanique inquisition qui a brûlé des centaines de milliers de femmes innocentes.Si cette église n'est pas la représentante de Satan on m'expliquera ce que c'est Satan.

    Et après cette honte innommable,cette église déclare sainte cette femme et ose même mettre son buste dans les églises

     

     

     


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     L'inquisition catholique a été encore encore plus cruelle que le nazisme avec ses fours crématoires.Dans les camps de concentration,les condamnés étaient pendus  avant d'être brûlés.

    Mais pour l'église d'amour catholique ,il fallait une souffrance plus raffinée,plus machiavélique,plus démoniaque.Il fallait brûler les gêneurs,entièrement vifs et conscients.

    Dans les abattoirs pour animaux,on étourdit la bête,avant de la tuer,afin d'éviter des souffrances inutiles.Mais foin de cet humanisme chez les catholiques !Toute leur haine morbide,fiel et bile,coeur de pierre,se déverse sur ces innocents.

    Le savant Galilée a eu la vie sauve car il s'est rétracté.Le malheureux avait affirmé que la terre tourne autour du soleil,ce qui contredisait le dogme catholique de l'époque,à savoir que c'est le soleil qui tourne autour de la terre.Cette terre que les catholiques entrevoyaient comme le centre du monde.

    Mais le savant Giordano Bruno a maintenu la vérité sur l'infini des mondes et ne s'est pas rétracté .Et toute la cohorte d'abrutis et de sadiques du catholicisme lui est tombé dessus et l'a brûlé vif.

    Quel christianisme ! lui qui enseigna le pardon des offenses ,la recherche de la vérité et l'amour des ennemis.

    La canaille catholique,abrutie par ses dogmes absurdes n'a même aucun remords sur ces crimes abominables,de surcroît infligés aux savants.

     

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    17 février 1600, Giordano Bruno brûlé vif par l’Église - La liberté d’esprit face à la pensée unique

    Publié le 17 février 2019

    Il n’est jamais inutile de faire resurgir un morceau de l’Histoire occultée ; peut être un repère pour les nouvelles générations. Giordano Bruno est né à Nola, près de Naples, en 1548. Moine dominicain à 18 ans, il doit quitter son ordre en 1575 car suspect d’hérésie.

     

    Bruno préfère la liberté de pensée.

    Il fuit d’abord à Rome, à Venise, puis à Chambéry puis enfin à Genève. Dans cette ville, il entre en conflit avec les autorités protestantes et doit fuir en France, d’abord à Toulouse puis à Paris. Il y publie ses premières oeuvres (De umbris idearum, Cantus circaeus, Sigillus sigillorum, Il Candelaio). Il quitte ensuite la France pour l’Angleterre où il fait éditer ses "Dialogues italiens" (La cena de le ceneri ; De la causa, principio e uno ; De l’infinito, Universo e Mondi ; Spaccio de la bestia trionfante ; Cabala del cavallo pegaseo con l’aggiunta dell’Asino Cillenio ; De gl’Heroici furori).

     

    De retour à Paris, il doit de nouveau fuir l’hostilité des milieux des disciples d’Aristote. Il se rend alors successivement à Wittenberg, Prague, Helmstaedt et Francfort où il publie ses "Poèmes latins" (De minimo, De monade, De immenso et innumerabiblibus, ainsi que le De imaginum compositione). Après un séjour à Zurich, il rentre à Venise à l’invitation du patricien Giovanni Mocenigo qui désire apprendre les secrets de l’art de la mémoire. Là, il est dénoncé à "l’inquisition" vénitienne par ce même patricien, qui le loge.

     

    Inventeur et philosophe maudit

    Si l’on se souvient de lui comme d’un disciple de Copernic et inspirateur de Spinoza, en parfait esprit de la renaissance, il a touché à tout : philosophe, auteur de pièces de théâtre, mathématicien... mais surtout esprit libre et curieux, questionneur de dogmes, penseur indépendant n’ayant pas peur des chemins de traverse, débatteur acharné.

     

    Inventeur de la mnémotechnique, il était capable de réciter des centaines de poèmes. Il a aussi formulé, dix neuf ans avant Galilée, le principe d’inertie, plus grande découverte de son époque. Si l’héliocentrisme a bouleversé les esprits, il n’a guère eu d’applications pratiques, tandis que le principe d’inertie, moins spectaculaire, ouvrait la porte à toute la science moderne. La raison pour la quelle on l’attribue à Galilée, c’est que ce dernier l’appuya sur des considérations expérimentales. L’ironie, c’est que les expériences de Galilée, on le sait aujourd’hui, étaient "bidon", car leur précision excédait largement les possibilités des instruments dont il disposait.

     

    Mais Bruno fut avant tout un philosophe d’une rare audace. Et ses thèses étaient considérées comme une abomination par l’église catholique : mise en doute de la transsubstantiation, description d’un univers non géocentrique et infini, liberté de l’homme face à la société, liberté de conscience de l’individu, droit de l’étudiant à étudier toute thèse, même contraire au dogme du moment... Ce fut un "philosophe maudit". Le monde dans lequel il était né, créé par un Dieu, abritait la seule planète habitée, immobile bien au centre d’un ciel fini et étroit, simple succursale du paradis.

     

    L’univers pour lequel il est mort, n’aurait pas été créé mais aurait existé de toute éternité, dans un espace infini, sans cesse en mouvement, peuplés d’une infinité de civilisations. En posant comme théorie les principes de la pluralité des mondes et de l’infinité de l’univers, cela le conduit à une violente critique de la société et de la conception figée et hiérarchisée du monde.

     

    L’image de l’âne

    Figure emblématique, omniprésente dans toute son oeuvre, l’âne représente tantôt la sottise ordinaire, Bruno prenant pour cible les cuistres, les faux maîtres universitaires et les ecclésiastiques, tantôt il symbolise les qualités de l’homme, simple et courageux, qui avance sur des voies difficiles. Cette image de l’âne se retrouve dans son style qui mêle sans cesse le trivial et le sublime, à l’égal de Rabelais. Pas de genre dogmatique ou déclamatoire : la vie même coule dans son expression, véritable création littéraire avec une liberté totale. Son oeuvre, longtemps occultée et méconnue, est finalement très proche des grandes interrogations modernes.

     

    Pourquoi ont-ils brulé Bruno ?

    Pourquoi ont ils brûlé Giordano Bruno et non Galilée ? Pourquoi l’église s’est elle excusée, avec cinq siècle de retard, d’avoir intimidé Galilée mais n’a-t-elle jamais regretté d’avoir brûlé Bruno ? Derrière une analogie superficielle, leurs cas sont complètement différents. Avant tout, Galilée, comme Copernic sont des savants, on dirait aujourd’hui des scientifiques. Ils ne se préoccupent pas de religion et si leurs découvertes peuvent contredire les convictions des représentants de l’église, ça n’est pas à dessein.

     

    Bruno, durant son procès, prétendra être dans le même cas. Mais ce n’est qu’un adroit système de défense. Giordano Bruno n’a jamais été un homme de science. Parmi les thèses qu’on lui reproche, la réincarnation, la non-création du monde et la non virginité de Marie préoccupent certainement beaucoup plus ses accusateurs que les mouvements respectifs de la Terre et du Soleil.

     

    C’est un prêtre défroqué, anarchiste avant l’heure, dégoutté de la religion et ennemi déclaré du christianisme, à travers lequel il perçoit hypocrisie, exploitation des masses, obscurantisme et persécution. Si ses ennemis finiront par lui donner raison, au moins sur ce dernier point, il y mettra du sien. Car, c’est la seconde différence avec Galilée et les siens. Ils sont roseaux, il est chêne. Galilée, qui s’était déjà montré plus futé pour soutenir le principe d’inertie, a bien compris que "Et pourtant, elle tourne" est une phrase qui ne se prononce qu’à voix basse.

     

    Bruno pendant sept ans, de 1593 jusqu’à la fin que l’on sait, va jouer avec ses tortionnaires un incroyable jeu de chat et de la souris. Il se rétracte... mais pas tout à fait. Il n’a jamais voulu dire que... mais il maintient que... Il abjure tout, mais à condition que le Pape lui donne raison ! Un jour, il n’a plus pour sortir qu’à signer une déclaration dont il a négocié chaque virgule et, tout à coup, un doute lui vient sur tel point de détail. Pendant tout ce temps, il est affamé, torturé et on a l’impression que c’est lui qui mène la danse. Il use ses bourreaux, il excède "l’inquisiteur suprême", le Cardinal de Santaseverina, il tue à la tâche ses tortionnaires.

     

    Néanmoins, tout n’est pas clair pour l’Église dans l’affaire Bruno

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    Au départ, c’est un banal litige entre le philosophe et son logeur, une simple affaire de loyer impayé, en somme. Mais Mocenigo, le propriétaire, qui sait que Bruno a déjà eu affaire aux tribunaux de l’inquisition et qui semble en avoir entendu des vertes et des pas mûres sur le Pape, la Vierge et tutti quanti, dans la bouche de son locataire, plutôt que de tenter de s’arranger avec lui, ou de porter cette broutille devant la justice, le dénonce à "l’inquisition vénitienne". Le procès de Venise s’ouvre le 26 Mai 1592. Bruno, avec plus d’adresse que de sincérité, plaide la recherche purement scientifique indépendante des questions de foi. Il y ajoute le plus profond repentir, qu’il réussit à jouer sans renier un mot de ce qu’il avait dit. Et il fait un triomphe. C’est tout juste si les juges ne l’embrassent pas.

     

    Après chaque procès, l’inquisiteur de Venise envoie à son collègue de Rome un compte rendu. Pure formalité, la justice vénitienne est indépendante. Rome est avisée, pour ainsi dire, par politesse. Le 12 Septembre, la dernière farce de Giordano Bruno prend une tournure macabre. Pour la première et seule fois dans l’Histoire, Rome remet en cause un verdict vénitien, en réclamant l’extradition de l’accusé. Pourquoi ?

     

    Qu’est ce qui justifie un tel souci de Rome pour une affaire issue d’une querelle d’épiciers ? A l’époque Bruno n’a pas le prestige d’un Galilée, c’est l’église qui va faire sa renommée. Il est accusé d’avoir publié des livres que la censure a laissé passer et tenu en privé des propos dont il se repent bien volontiers. Il n’y a pas de quoi justifier un incident diplomatique. Pourtant, c’est bien devenu une affaire d’état. C’est le Cardinal de Santaseverina qui réclame l’extradition de l’impertinent. Et quand il est débouté, loin de faire machine arrière, Rome oppose à Venise un personnage plus haut placé. Plus haut que l’Inquisiteur Suprême ? C’est le Pape Clément VII qui réclame à présent Bruno. Et il envoie à Venise rien de moins que le nonce apostolique, Ludovico Taverna, en personne. Le 22 décembre, Taverna soutient la requête papale devant le Collège vénitien. L’extradition n’étant pas juridiquement fondée, il ment sur le passé judiciaire de Bruno. Il remporte le bras de fer et le 9 Janvier, une galère emporte Giordano Bruno vers son destin.

     

    Du haut du bûcher

    A Rome, les bizarreries continuent. Après le zèle dont il a été fait preuve pour récupérer l’ennemi public, on s’attendrait à une fin expéditive. Le bûcher dans les quinze jours, c’était dans l’ordre du temps. Et bien non. Il y aura d’abord deux ans de procès. Et puis voilà que, quand il ne manque plus que le verdict, on oublie complètement le prévenu, pendant encore trois ans. Puis on l’exhorte à abjurer. Il aura été incarcéré au total pendant huit ans dans les geôles de l’Inquisition.

     

    Et commence cette longue comédie, où Bruno brûle les planches, dans tous les sens du terme, et dont le dernier acte est donné en public, le 16 Février de l’an de grâce 1600, par la mort de Giordano BRUNO, torturé et brûlé vif, par l’inquisition catholique, à Rome, sur le Campo dei Fiori, pour avoir refusé d’abjurer ses idées. On lui refusera l’étranglement avant le bûcher, il brûlera vivant... mais on ne l’entendra pas crier étant donné qu’on lui avait préalablement arraché sa langue blasphématoire pour l’empêcher de proférer des « paroles affreuses ».

     

    Vous avez plus peur que moi !

    La légendaire réplique de Giordano Bruno à ses juges : « Vous avez plus peur que moi ! » n’a pas été lancée du haut du bûcher mais au tribunal. Sur le bûcher, il n’a rien dit du tout, pour la bonne raison qu’on lui avait coupé la langue. Selon certaines sources on l’aurait simplement bâillonné. Quoi qu’il en soit, on était bien pressé de le réduire au silence. On justifie cela par les injures qu’il aurait lancé à ses juges. Voila qui est tout de même étrange, alors que l’église, comme plus tard les procureurs staliniens, s’efforçait toujours d’assurer son triomphe par la contrition publique des condamnés bien plus que par leur exécution. Quand on pense aux efforts déployés par l’église durant huit ans pour obtenir cette contrition de Bruno !

     

    Aujourd’hui l’Église persiste encore à condamner Bruno

     

    Un point de vue récent du Vatican : le 3 février 2000, le cardinal Poupard responsable au Vatican du "pontificam consilium cultura", qui réhabilita Jan Hus et Galilée) confirme que Bruno ne sera pas réhabilité : « La condamnation pour hérésie de Giordano Bruno, indépendamment du jugement qu’on veuille porter sur la peine capitale qui lui fut imposée, se présente comme pleinement motivée


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    ATLANTICO-LIGH

    Décryptages » Jean-Paul Ier : les preuves que le pape a bel et bien été assassiné

    HISTOIRE16 juin 2013

    © Reuters

    BONNES FEUILLES

    Jean-Paul Ier : les preuves que le pape a bel et bien été assassiné

    La mort du Pape Albino Luciani fut-elle naturelle ? Certainement pas, affirme David Yallop. Extrait de "Le Pape doit mourir : Enquête sur la mort suspecte de Jean-Paul Ier" (1/2).

     

    Avec David Yallop

    Des rumeurs circulèrent dans le village du Vatican. On raconta que la lampe de la sonnette sur le panneau de contrôle dans les appartements pontificaux était restée allumée toute la nuit et que personne n’avait répondu à cet appel au secours. On raconta que l’on avait découvert des traces de vomissure dans la chambre qui avaient taché divers objets et que c’était la raison de la disparition des lunettes et des pantoufles. Les vomissements constituent souvent l’un des premiers symptômes d’une trop forte dose de digitaline. Des groupes d’évêques et de prêtres se pressaient dans les bureaux et rappelaient le curieux incident de la mort tragique et subite de Nikodem, archevêque russe orthodoxe de Léningrad. Il avait été reçu en audience spéciale par Luciani le 5 septembre. Soudain, sans prévenir, le prélat russe de 49 ans s’était effondré en avant dans son fauteuil. Quelques instants après, il était mort. On disait maintenant dans les couloirs du Vatican que Nikodem avait bu une tasse de café préparée pour Albino Luciani. Nikodem ne jouissait pas d’une santé solide et avait déjà subi un certain nombre d’attaques cardiaques. Dans l’État-Cité, encore apeuré, on avait rejeté ces faits; mais cette mort prenait rétrospectivement les allures d’un signe, d’un avertissement à propos des événements redoutables qui venaient de se passer dans les appartements pontificaux.

     

    Dans la journée du 29 septembre tout le reste des affaires appartenant à Albino Luciani fut déménagé. Y compris ses lettres, ses notes, ses livres et la petite poignée de souvenirs personnels comme la photo de ses parents avec Pia enfant. Les collègues de Villot à la secrétairerie d’État emportèrent tous les documents confidentiels. Très rapidement toutes les preuves matérielles indiquant que Albino Luciani avait vécu et travaillé en ce lieu furent empaquetées et emportées. À 18 heures, la totalité des 19 pièces des appartements pontificaux était entièrement vidée de tout objet associé, même de loin au pontificat de Luciani. C’était comme s’il n’était jamais venu ici, comme s’il n’y avait jamais vécu. À 18 heures, les appartements pontificaux furent scellés par le cardinal Villot. Ils devaient rester fermés jusqu’à ce qu’un successeur fût élu.

     

    Discrètement, les soeurs et les deux secrétaires s’en allèrent. Magee garda en souvenir les cassettes dont se servait Luciani pour améliorer son anglais. Lorenzi emporta avec lui un fouillis d’images et de souvenirs. Évitant soigneusement les journalistes le groupe alla s’installer dans une maison dirigée par les soeurs de Maria Bambina. Diego Lorenzi était complètement accablé par la mort de celui qu’il aimait. John Magee était destiné à devenir secrétaire d’un pape pour la troisième fois, exploit unique et remarquable. Lorenzi retourna dans le nord de l’Italie travailler dans une petite école. Vincenza fut envoyée encore plus au nord dans un obscur couvent. L’appareil du Vatican garantissait par ce bannissement virtuel qu’aucun d’eux ne serait facile à retrouver.

     

    Une fois les portes de la Salle Clementina fermées au public à 18 heures, le vendredi 29 septembre, l’homme le plus soulagé du Vatican était Villot. Le travail des techniciens pouvait enfin commencer. Une fois le corps embaumé il serait très difficile au cours de n’importe quelle autopsie ultérieure de découvrir et d’établir la présence de poison dans le corps. Si le pape était véritablement mort d’un infarctus aigu du myocarde les fluides nécessaires ne détruiraient pas les vaisseaux sanguins naturellement endommagés.

     

    Dans ce qu’on peut sans doute voir comme une coïncidence pleine d’ironie, l’Association des Propriétaires de Pharmacie de Rome choisit ce jour parmi tous les autres pour faire savoir par voie de presse qu’un certain nombre de médicaments essentiels au traitement de certains cas d’empoisonnement et de maladies cardiaques n’étaient pas disponibles. La déclaration que les journalistes italiens finirent par arracher au cardinal Villot revêt peut-être une plus grande pertinence: "Quand j’ai vu Sa Sainteté hier soir, il était parfaitement bien portant, totalement lucide et il m’a donné toutes ses instructions pour le lendemain."

     

    Derrière les portes fermées de la Salle Clementina le processus d’embaumement se poursuivit pendant trois heures. Les soins et la conservation du corps relevaient de la responsabilité du professeur Cesare Gerin, mais le travail réel d’embaumement était exécuté par le professeur Marracino et les frères Ernesto et Renato Signoracci. Quand les deux frères avaient examiné le corps avant qu’on ne l’apporte à la Clementina, ils avaient conclu du manque de rigidité cadavérique et de la température du corps que la mort avait eu lieu non pas à 11 heures du soir le 28 mais entre 4 et 5 heures du matin le 29. Ils reçurent une confirmation indépendante de leur conclusion par monseigneur Noe qui apprit aux frères que le pape était mort peu avant 5 heures du matin. J’ai interviewé les deux frères en profondeur à trois reprises séparées. Ils sont absolument formels: la mort s’est produite entre 4 heures et 5 heures du matin et on a découvert le corps du pape dans l’heure qui a suivi la mort. S’ils ont raison soit le pape était vivant soit il était à peine décédé quand soeur Vincenza pénétra dans sa chambre. Seule une autopsie complète aurait résolu ces opinions contraires.

     

    Sur l’insistance du Vatican on ne retira pas une goutte de sang au cadavre, on n’ôta aucun organe. On effectua les injections de formol et autres conservateurs chimiques dans le corps par les veines et artères fémorales. La raison de la durée de trois heures pour le processus tient à ce que, contrairement à l’usage habituel où l’on retire du sang, ou qu’on le mêle à une solution saline qu’on fait circuler dans tout le corps, le Vatican tenait absolument à ce qu’on ne retire pas une seule goutte de sang. Une faible quantité de ce liquide aurait amplement suffi, évidemment, pour qu’un médecin légiste établisse la présence de substances toxiques, quelles qu’elles soient. Le traitement cosmétique infligé au corps élimina l’expression d’angoisse sur le visage. Les mains qui s’étaient serrées sur les feuilles de papier aujourd’hui manquantes furent disposées sur un rosaire. Le cardinal Villot se retira enfin pour se coucher un peu avant minuit. Le pape Paul VI, en accord avec la loi italienne, n’avait pas été embaumé avant que le délai de 24 heures après le décès ne se fût écoulé. Bien qu’il y ait eu des accusations concernant une incompétence médicale après la mort de Paul, on n’entendit jamais parler de malveillance. Là, alors que non seulement l’opinion publique mais des stations de radio et de télévision, ainsi que la presse écrite demandaient une autopsie, on embauma le corps de Luciani environ douze heures après sa découverte.

     

    Le samedi 30 septembre on posait avec une urgence croissante la question précise: «Pourquoi refuser une autopsie?» Les media commençaient à rechercher une explication de cette mort soudaine que rien ne laissait prévoir. La Curie avait rappelé très vite aux journalistes qui s’intéressaient à la question une remarque impromptue faite par Luciani lors de son audience générale le mercredi 27 septembre. Se tournant vers un groupe de malades et de handicapés dans la Salle Nervi, Luciani avait dit: "Rappelez-vous que votre pape a été huit fois à l’hôpital et a subi quatre opérations." L’Office de Presse du Vatican commença à répondre aux demandes de détails sur la mort de Luciani en répétant la phrase du défunt. Ils s’en servirent avec un tel excès qu’on eût dit une sorte de répondeur automatique, avec le manque de satisfaction corrélatif des correspondants.

     

    Les divers media rappelèrent que Luciani n’avait pas semblé être en mauvaise santé durant son bref pontificat. Au contraire, firent-ils observer, il donnait une image de santé, pleine de vie et d’enthousiasme. D’autres, qui connaissaient Luciani depuis bien plus long temps, commencèrent à recevoir des appels pour qu’ils donnent leur avis. Quand Monseigneur Senigaglia, secrétaire de Luciani à Venise pendant plus de six ans, révéla que le défunt pape avait subi récemment un check-up complet avant de quitter Venise pour le conclave et que ces examens médicaux s’étaient révélés "favorables à tous égards" les demandes d’autopsie se firent plus fortes. Lorsqu’un certain nombre de médecins experts commencèrent à exprimer catégoriquement la nécessité d’une autopsie afin de déterminer la cause réelle de la mort, la panique au Vatican atteignit de nouveaux sommets. Il était clair que si les médecins étaient prêts à avancer diverses raisons qui auraient pu être des facteurs y contribuant (le stress soudain causé par le fait de devenir pape faisait partie des favoris), aucun n’était disposé à accepter sans autopsie l’affirmation du Vatican selon laquelle Albino Luciani était décédé d’un infarctus du myocarde.

     

     

    Extrait "Le Pape doit mourir : Enquête sur la mort suspecte de Jean-Paul Ier", de David Yallop (Nouveau monde éditions), 2013. 

     





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