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    "Nul ne peut servir deux maîtres;ou bien il faut haïr l'un et aimer l'autre,ou bien se vouer à l'un et faire fi de l'autre.Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon."

    (Matthieu:6:24)

    Mammon est le dieu de l'argent,des richesses et de toutes les compromissions.Il engendre une soif insatiable comme le souligne l'Ecclésiaste:5:10.

    "Celui qui aime l'argent ne sera jamais rassasié par l'argent".

    L'Eglise catholique, est censée  représenter le Christ et à cette fin de partager fraternellement les biens matériels nécessaires.C'était l'objet de  l'église primitive décrite en "Actes".Au lieu de rechercher le royaume des cieux,but ultime du christianisme,elle a recherché le royaume sur terre par sa prostitution avec le pouvoir politique,depuis sa récupération par l'empereur Constantin.Trahison par l'argent,mais aussi trahison par l'orgueil.Selon l'Evangile ,le christ interdit à ses disciples de se faire appeler père,"car nous n'avons qu'un père,celui qui est dans les cieux et nous sommes tous frères". (Matthieu:23:9)

    Ceci n'empêche pas le clergé de se faire appeler père et comme si cela ne suffisait pas,d'assigner le titre de Monseigneur à chacun des princes ou sous-princes  de l'église.

    Monseigneur,se dit Adonaï en hébreu et c'est sous cette appellation que les Israélites prient le nom ineffable de YHWH,le dieu des hébreux.Le catholicisme est donc une fabrique de faux dieux.

    Voici ci-dessous un article illustrant cette cité de trafiquants,de mafiosis et de francs maçons.Le poisson pourrit toujours par la tête,dit un vieux dicton.Le communisme,par Gorbatchev a fait son mea culpa et s'est corrigé en conséquence.Les catholiques seraient en droit d'exiger le retour aux fondamentaux,compte tenu de la maturité des consciences et de l'instruction. 

    Le Royaume des cieux est en vous même a dit le Christ .Cherchez et vous trouverez:Ceci rend  caducs tous les mitrés,tous les ensoutanés et tous les enbreloqués,bref,le clergé qui a toujours été associé à la noblesse,aux guerres et à Satan qui comme le dit l'Evangile est le Prince de ce monde.

    Voici ci-dessous un  article qui décrit toutes ces dérives

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    mercredi 8 juillet 2009, par Robert Paris

     

    La banque du Vatican au hit parade des dix destinations les plus utilisées pour le blanchiment d’argent.



    Selon une source internationale, le Vatican est le principal destinataire de plus de 55 milliards de dollars US d’argent sale italien et se place à la huitième place des destinations utilisées à travers le monde pour le blanchiment d’argent, devant des paradis fiscaux comme les Bahamas, la Suisse, ou le Liechtenstein. Une enquête récente du "London Telegraph" et du "Inside Fraud Bulletin", cite la Cité du Vatican comme étant un des principaux Etats "cut out" au même titre que des paradis fiscaux tels que Nauru, Macao et l’Ile Maurice. Un Etat "cut out" est un Etat dans lequel la législation sur le secret bancaire rend impossible la traçabilité de l’origine des fonds qui y sont déposés.



    La Banque du Vatican tente désespérément de s’opposer à une plainte en justice déposée par des survivants serbes et juifs de la Shoah devant la cour fédérale de San Fancisco ( Affaire "Alperin contre la banque du Vatican") et visant à obliger à rendre compte de fonds spoliés lors de la Deuxième Guerre Mondiale. S’opposant à ces accusations l’avocat de la Banque du Vatican, Franzo Grande Stevens a déclaré sous serment devant la Cour, que la "raison d’être fondamentale [ de la Banque du Vatican ] est de promouvoir des actes de piété" et que ses clients dépositaires sont "essentiellement des employés de l’Etat de la Cité du Vatican, des membres du Saint-Siège ; des congrégations religieuses ainsi que des personnes déposant des sommes destinées pour une part au moins à des oeuvres de piété".



    Stevens a également déclaré à la cour que la Banque du Vatican est sous le contrôle du Pape et que les registres de la Banque ne sont conservés au-delà d’une période de dix ans . Il semblerait que la Banque du Vatican utilise l’image positive du Pape Jean Paul II pour masquer une opération de blanchiment d’argent de grande envergure .La Banque du Vatican a déjà été accusée par le passé d’heberger des fonds spoliés par les Nazis et est actuellment soupçonnée d’entretenir des liens avec le milieu du crime organisé en conséquence le moment où elle devra rendre des comptes semble ne plus être loin .Les preuves s’empilent et tendent à démontrer que des activités de la banque s’apparentaient plus à des actes de piraterie que des oeuvres de piété. Le patrimoine mobilier du Saint-Siège est géré par l’APSA Son patrimoine immobilier, bien que lui aussi couvert par le secret, étant matériel est plus facile à déterminer.



    Les 44 hectares proprement dits du Vatican (constitués par des appartements, les musées, les jardins, et la basilique Saint-Pierre), ainsi que 688.000 m² de terrains construits à usage administratif, plus les universités pontificales, plus les quelques 40 hectares de la villa d’été du pape à Castelgandolfo, plus encore 550 hectares d’exploitations agricoles, 200 hectares en bordures de mer et 1.200 hectares en périphérie de Rome, constituent ce que l’on appelle l’extraterritorialité du Vatican et échappent à la juridiction italienne. Il n’en va pas de même pour les 325 ordres féminins (19.812 membres) et les 87 ordres masculins (5.730 membres) représentés à Rome, avec 600 maisons-mère, 306 paroisses, 30 cloîtres et 1.700 communautés, qui possèdent d’énormes propriétés dont une bonne part est constituée par des immeubles de rapport. Ces propriétés ne sont pas - s’en étonnera-t-on ? - recensées comme telles, mais sont enregistrées auprès du cadastre de l’Etat italien sous les dénominations les plus diverses comme : chapitres, confraternités, archiconfraternités, congrégations, vicariats, provinces ecclésiastiques, diocèse, archidiocèse, basiliques, archibasiliques, secrétariats, hospices, athénées, collèges, instituts, procures, cures, fondations, sociétés, oeuvres pieuses, missions, personnes morales gérées par des congrégations, maisons d’exercices spirituels, conservatoires, séminaires, comités, etc. Une véritable jungle de noms et prête - noms - car il faut savoir qu’une ’maison pieuse’ n’entre pas dans le même registre qu’une ’pieuse maison’...



    Quelques exemples : le Collège ecclésiastique belge possède un grand immeuble face au palais présidentiel ; les soeurs de Notre Seigneur de Namur, deux immeubles pour un total de 43.000 m’ dans une zone centrale de la ville ; tandis que l’Ordre Hospitalier de Saint-Jean détient l’entièreté de l’île sur le Tibre. Ces propriétés sont dites improductives, et le sont au moins en partie, puisqu’elles servent à l’exercice des ordres mentionnés (tout comme les 792 instituts d’éducation et les 325 maisons de bienfaisance dispersés dans la cité).



    Spéculation



    Sous cette réalité en apparence inoffensive, se cache en fait ce qui a été souvent dénoncé comme le premier empire immobilier de Rome. Selon certaines estimations, il couvrirait un quart de la superficie de la capitale et équivaudrait à plusieurs centaines sinon milliers - de millions de dollars. Car il faut, en plus de ce qui est enregistré, compter avec les ’fraudes pies’ (l’attestation à un prête-nom de biens de l’Eglise) et les ’fraudes impies’ de fait de privés qui, pour échapper aux taxes italiennes, attestent formellement leurs biens au nom d’un ordre) dont bénéficient aussi bien laïcs que religieux. Un jungle, disions-nous, où un terrain peut appartenir à une communauté et la construction qui y est posée à un autre. Où la plupart des biens ne sont déclarés que pour une valeur symbolique et, étant réputés à fin de culte de religion, d’instruction, d’assistance, d’apostolat, d’évangélisation des infidèles et de miséricorde, bénéficient d’exemptions fiscales généralisées (conquises, de droit ou de fait, avec la complicité du pouvoir démocrate-chrétien), de contributions extraordinaires (censés, décimes du culte, etc…), d’exemption de la ’main morte’ (taxe sur la succession des sociétés), de subventions communales pour l’entretien des édifices du culte, d’exonération sur le matériel de construction et sur la valeur ajoutée aux immeubles, de libertés douanières, du paiement retardé de la TVA, de l’exemption des taxes professionnelles et même d’aides au ’clergé nécessiteux’. Pour ne citer que quelques banales facilités. Ce qui permet au Saint-Siège (toujours, s’entend, sous les dénominations les plus hétéroclites) de se lancer sans contrôle extérieur dans des opérations de vente et achat de ’biens pour catéchumènes et novices’ avec des banques et sociétés financières toutes plus ou moins liées au Vatican. Et ce sur la foi d’expertises qui lui sont, comme par hasard, toujours favorables.



    Sans oublier le système des dévolutions, par lequel sont restitués au Saint-Siège, à terme déterminé, des biens affectés à des congrégations. Et les legs exécutés ’en échange du paradis’, qui doivent pourtant être concordés de fois en fois avec le gouvernement italien (ce qui donne une dimension de l’importance, pour le Vatican, de la collusion avec les politiciens).



    En dehors des revenus du portefeuille de titres géré par l’APSA et des spéculations immobilières, le Saint-Siège bénéficie, en tant qu’entrée de capitaux frais, du Denier de Saint-Pierre récolté une fois par an partout dans le monde.



    Témoin d’une tradition séculaire, de Denier fut remis à l’honneur après 1870 et connaît actuellement une tendance notable à la baisse : les intérêts conservateurs du Saint Siège et sa participation dans des opérations économiques peu ’chrétiennes’ ont largement contribué à lui faire perdre de sa crédibilité. Les fidèles se montrent moins généreux, ce qui pousse le Vatican dans d’autres opérations encore moins claires, etc. Un inévitable cercle vicieux, tandis que le Denier continue à être présenté comme l’unique ressource du pape, laquelle s’élevait, en 1978, à 4 ou 5 millions de dollars (ces chiffres sont certainement manipulés : nous avons déjà vu, en parlant du bilan du Vatican, qu’ils ne font que couvrir dollar par dollar les déficits annoncés et les comptes demeurent ainsi toujours miraculeusement en équilibre).



    Il y a encore la question de la’pars congrua’ ou portion congrue, qui est le véritable prix payé par l’Etat italien depuis cinquante ans en échange de la paix religieuse. Héritage des prébendes moyenâgeuses, elle est ce qui a subsisté de la loi sur les Garanties (1871) refusée par le Saint-Siège : considérant la logique selon laquelle un prêtre a ’charge d’âmes’, donc remplit une fonction publique, l’Etat lui consent un subside si ses revenus se situent en-dessous du minimum vital.



    En manipulant le découpage des provinces ecclésiastiques, des diocèses et des paroisses, la Conférence épiscopale italienne est parvenue à multiplier le nombre des prêtres dans le besoin. Sur 29.000 ecclésiastiques, les ayants-droit sont actuellement 25.000. Le calcul de la portion congrue intègre le rendement des ’bénéfices, (ils sont au nombre de 30.000, dont 740.000 hectares de fermage en Ombrie, Emilie et Toscane - certains religieux en tirent de grosses rentes, comme don Lorenzo Pugi prévôt de San Pietro Mercantale, bénéficiaire d’une des plus rentables entreprises vinicoles du Chianti). Le minimum vital a été fixé en 1974 : 735.000 Lire pour un curé, 2.960.000 Lires pour un évêque, et 3.150.000 Lires pour un titulaire de siège métropolitain. En tenant compte de l’indexation, un curé empoche aujourd’hui un peu moins de 1.000.000 de Lires, soit l’équivalent du traitement d’un employé. L’ensemble de la ’pars congrua’ grève le budget italien de 310 milliards de Lires. Ces revenus, bien entendu, ignorent les gains non déclarés des prêtres : offrandes, baptêmes, communions solennelles, mariages, funérailles, etc.



    Selon le ’nouveau’ concordat, l’année 1990 marquera la fin du régime de la portion congrue (qui, cette même année, coûtera 470 milliards de Lires à l’Etat). A sa place, entreront en fonction trois cents Instituts diocésains pour le soutien du clergé, dirigés par un Institut central, et chargés de réunir les anciens ’bénéfices’, de les rentabiliser, et d’en distribuer le fruit. La Conférence épiscopale italienne fixera dès lors le traitement des religieux. Ces modifications, avant d’être négociées par le concordat, étaient déjà inscrites dans le nouveau droit canon (1983) : par conséquent, l’Etat italien s’est trouvé devant un fait accompli, qu’il ne pouvait qu’accepter désormais, s’autofinançant d’une autre innovation : l’Eglise italienne, sera. un système de déduction fiscale (2.000.000 de Lires par an) semblable à celui en vigueur aux Etats Unis et en Allemagne fédérale, assorti de l’attribution de 0.8 % de l’impôt sur les revenus des personnes physiques, permettra à chaque contribuable qui en fait la demande d’attribuer une part de ses revenus à l’Eglise Tandis que les chapelains, les deux cent mille enseignants de religion, et le patrimoine culturel demeurent à charge de l’Etat.



    Le nouveau système rendra l’Eglise plus libre face à l’Etat. La gestion en propre de ses biens de rapports lui conférera une plus grande facilité de manoeuvre et augmentera la dépendance du prêtre à la hiérarchie (qui, décidant de ses revenus, contrôlera sa position), tout en rendant leur lustre aux rapports de vassalité : une autre ’restauration’ qui vaut bien quelques éventuels sacrifices financiers en cette époque de fronde post-conciliaire.



    D’autre part, la gestion en propre élève à nouveau l’Eglise au rang d’entité économique indépendante, ce que la législation de 1870 voulait éviter. Sans compter que les nécessités de l’autofinancenient induirent de la part du clergé un discours beaucoup plus persuasif, un appel constant à la responsabilité des fidèles, et donc une plus grande rigidité dans leur encadrement.



    On fait aussi remarquer que le système de déduction fiscale permettra le fichage systématique des citoyens en deux catégories : les catholiques et les non-catholiques. Tandis que la gestion unifiée des Instituts diocésains entraînera une concentration ultérieure des biens ecclésiastiques qui, en 1870, avaient été atomisés pour échapper au contrôle de l’Etat. Et concentration signifie, dans tous les cas, pouvoir. ’Les biens du peuple de Dieu’, comme dit le cardinal Anastasio Ballestrero, seront plus que jamais monopolisés par une élite entretenant cette confusion où l’on voit une communauté, l’Eglise soutenue par une autre communauté (l’Italie) dont elle déclare à tous les effets ne pas faire partie.



    LES FINANCES SECRETES



    Valeurs boursières



    On peut affirmer que le Saint-Siège, à travers les siècles et par un lent et silencieux travail de thésaurisation a su accumuler richesses dont l’existence exige une gestion adéquate. Mais les pratiques économiques sont souvent peu morales : et alors, afin de sauvegarder sa réputation, le Saint-Siège se voit poussé à ne révéler qu’une partie des opérations qu’il lance et à faire disparaître les autres dans ce qu’il est convenu d’appeler les ’finances secrètes’.



    Le mode de gestion des richesses, au Vatican comme ailleurs, s’adapte bien évidemment aux structures économiques du temps et du lieu - actuellement le Saint-Siège met-il l’accent sur les valeurs boursières, fluides, anonymes et dissimulables à souhait et qu’il fait manipuler sur le marché par des intermédiaires de confiance.



    La tendance est à l’élimination de certains titres (pharmacie, armement, cinéma) jugés ’indécents’, de la participation dans les sociétés immobilières, et à la concentration sur les ’utilités’ (produits chimiques, assurances, banques, etc). Le Vatican cherche aussi à désinvestir en Italie, vu le cours défavorable de la Lire, au profit de l’étranger (ce qui correspond, entre autres, à l’internationalisation de l’Eglise) en visant partout à des participations minoritaires pour éviter tant risques que critiques.



    Ces opérations sont, comme nous allons le voir, en majeure partie réalisées par l’Institut pour les Oeuvres de Religion (IOR) en étroite relation avec les paradis fiscaux des Bahamas, du Lichtenstein ou du Luxembourg, et l’industrie et la finance catholiques du monde entier.



    La politique économique du Vatican trouve son origine dans les changements socio-politiques du début de notre siècle : le pape venait juste de perdre les 1.300 km2 de ses territoires qui divisaient la péninsule italienne d’Est en Ouest, empêchant matériellement son unification (laquelle n’était intervenue, pour la première fois depuis le Moyen-Age, qu’en l’année 1870). Une perte qui n’était qu’en partie compensée par les ressources du Denier de Saint-Pierre, alors que la nouvelle bourgeoisie accédant au pouvoir se montrait indifférente sinon hostile à l’Eglise. Le Nord du pays commençait à s’industrialiser. Une première tentative de concentration capitaliste avait tourné court : les frères Jacobs ’fervents catholiques proches du parti chrétien belge’ et propriétaires de la Banque vait qu’enregistrer l’état de fait. Le Vatican, afin de mieux monopoliser l’expansion urbaine, s’assura encore le contrôle des services publiques : tramways, eau, gaz, électricité.



    Cette fois, le Saint-Père était lancé dans le monde de la haute finance. C’était le temps de Léon XIII qui réforma et centralisa l’administration économique du Vatican et créa une caisse secrète qui allait, plus tard, devenir le IOR. Léon XIII devait se heurter de front au gouvernement belge du Frère Orban franc-maçon et radical, ayant en 1880 laïcisé l’enseignement. Un acte qui détermina une interruption de quatre ans dans les relations diplomatiques entre le Vatican et la Belgique, sans pourtant que le problème fut réglé (l’on se souviendra de la guerre scolaire’, combattue au nom de principes similaires à la fin des années ’50).



    Afin de mieux pénétrer dans la spéculation immobilière, le Vatican se munit d’une part de la Societa Generale Immobiliare (que nous retrouverons plus loin) et entre en affaires avec l’Union Générale, une banque française qui, après une escroquerie aux dommages du Saint-Siège, tombera en faillite (en cela, dit-on, "aidée" par les Rothschild). Echaudé le Vatican se replie alors sur le Banco di Roma un nouvel organisme financier il assure tout de suite la moitié du capital, et commence une politique de concentration des moulins et fabriques de pâtes. Ce qui lui permettra, plus tard, de contrôler le prix du pain à Rome.



    Rerum Novarum



    La caution morale et idéologique de ces opérations est fournie par l’encyclique Rerum Novarum oeuvre de Léon XIII par lequel celui-ci s’élève contre le monopole des luttes sociales par la gauche et rappelle à l’ordre le clergé progressiste dont les idées risquent de se répandre comme une traînée de poudre dans les colonies et les régimes absolutistes bien vus par le Saint Siège. La condamnation de la ’nouvelle hérésie de l’Eglise du Nicaragua par Joseph Ratzinger, et dont il a déjà été question, relève de cette même philosophie.



    Ceci, pour justifier la lutte féroce que les financiers mandatés par le Vatican livrent en ce début du siècle aux opérateurs économiques laïques. Rerum Novarum s’étend parallèlement sur quelques thèmes politiques - le salaire est un droit des travailleurs et non pas une marchandise ; corporatisme et ouvriérisme de droite sont les meilleures formes de défense de ces travailleurs ; l’Eglise veille à la justice et défend les pauvres.



    Le contenu du manifeste navigue à égale distance entre le conservatisme et le modernisme. C’est sur lui que s’appuyeront les catholiques du Nord de l’Italie pour fonder leurs coopératives agricoles et leurs instituts de crédits encore aujourd’hui en activité. Il servira encore de base à la constitution du premier parti politique de la péninsule, le Partito Popolare qui, après l’éclipse du fascisme, deviendra la Démocratie Chrétienne pour continuer la politique vaticane de l’opposition entre Nord et Sud de la péninsule, entre libéraux et catholiques selon le vieil adage ’diviser pour régner’qui lui permet de demeurer majoritaire au Parlement (on notera que le ’non expedit’ ou interdiction de vote imposée aux catholiques ne sera levé qu’au début de notre siècle -quand, justement, le Saint-Siège se sera doté d’une structure politique efficace à travers le Partito Popolare et que plus tard les facilités économiques consenties par le régime fasciste (premier concordat) le mettront en mesure de financer la future Démocratie-chrétienne).



    La première spéculation immobilière à Rome n’est qu’un feu de paille : la débâcle survient brutalement en 1887. Les organismes financiers avaient périlleusement construit un édifice de lettres de change se garantissant l’une l’autre et les banques étrangères, alarmées, demandent des comptes. Les faillites se suivent et se ressemblent (en un an, 229 des 407 chantiers de construction seront abandonnés). Les titres de la Generale Immobiliare s’effondrent. Mais qu’importe : par l’entremise d’hommes politiques de confiance, le Vatican obtient une généreuse intervention de l’Etat redresse sa situation, et l’Immobiliare qui l’a échappé belle se retrouve au début du siècle nouveau à faire la pluie et le beau temps dans le milieu de la construction.



    Petit à petit les francs-maçons, ces anticléricaux viscéraux, abaissent pour leur part la garde : le Saint-Siège s’est désormais constitué en un solide consortium capitaliste et la bourgeoisie libérale, à l’esprit toujours pratique, trouve en lui un allié objectif. L’urgence de l’entente est dictée par l’avènement d’un ennemi commun . le prolétariat urbain, rouge et athée, contre lequel bourgeoisie et Eglise vont tout faire pour dresser les paysans catholiques.



    Ernesto Pacelli



    Un des grands opérateurs économiques de la conversion du Saint-Siège en entité capitaliste fut Ernesto Pacelli. Issu d’une famille de fonctionnaires du Vatican, neveu de cardinal, cousin germain du futur Pie XII, il devient conseiller financier du pape à 33 ans, en 1891 (l’armée même de la rédaction de Rerum Novarum et président de la Banco di Roma en 1903. Spécialiste des manoeuvres en coulisses, il sut placer les capitaux du pape dans des positions-clé de l’économie italienne et internationale. Une de ses fameuses opérations, qui devait faire école, est celle de l’augmentation du capital de la Banco di Roma : il se livre d’abord à une réduction de la moitié de la valeur des actions mises en circulation puis, après quelques passages dans les livres de comptes, émet de nouveaux titres qu’il ’vend’ au pape en échange d’une hypothèque sur des immeubles pontificaux, Le fait que ces actions soient dans les mains du souverain pontife en augmente la valeur spéculative. Il ne reste alors à Pacelli qu’à les mettre sur le marché en réalisant de forts bénéfices. Seuls n’avoir pas été prévenus de la complexité de la maneuvre, les petits actionnaires feront les frais de la réduction initiale du capital.



    Ernesto Pacelli lança par la suite les tentacules de la Banco di Roma en France, au Portugal, en Espagne, et perfectionna la technique des ’fraudes pies’ en réponse aux lois italiennes interdisant à l’Eglise de posséder certains biens (et qui s’inverseront en ’fraudes impies’ quand l’Etat fasciste, en 1929, restituera ce droit au Vatican) .



    Pacelli devait perdre tout crédit - au Vatican comme au-dehors lors de l’affaire de la Lybie. Il avait favorisé les investissements de la Banco di Roma dans cette région alors partie de l’empire ottoman et où les Italiens, sous la bannière d’une ’pénétration pacifique’, s’occupaient avant tout de prospection minière. Mais les profits tirés de ces activités semblaient trop bas à Pacelli qui voulait mettre directement la main sur les richesses du pays. Il finança donc une campagne de presse destinée à ’provoquer l’événement’ et à raidir le gouvernement italien dans son opposition à l’empire ottoman. Tant et si bien qu’une guerre fut réellement déclarée : connue sous le nom ’d’expédition de Lybie’, elle dura une année (jusqu’en octobre 1912) et se voulut une imitation de la politique coloniale des grandes puissances, une ’nouvelle terre sainte’, et ’la croisade du XXème siècle contre les infidèles’. L’ivresse ainsi exprimée par l’Osservatore Romano dura peu. Les belligérants concurrent une semi-débacle réciproque et les alliés de l’Italie, qui n’étaient pas encore prêts à entrer dans la première guerre mondiale, la forcèrent à verser des réparations aux Turcs. L’Etat dût encore prendre en charge la majeure partie des pertes de la Banco di Roma, donc du Vatican, qui s’était poussé en première ligne (se permettant, entre autres, de spéculer sur les fournitures aux armées et, sur le prix des chameaux).



    La peu glorieuse initiative sonnait le glas de la participation majoritaire du Saint-Siège dans l’organisme financier. Il liquidait ses actions et Ernesto Pacelli était contraint de se retirer. Ce qui ne signifie certes pas que le Vatican abandonnait la place financière : aujourd’hui encore, tous les dirigeants de la Banco di Roma sont étroitement liés à la Démocratie Chrétienne et servent, à quelque distance, les intérêts du pape.



    Sautons un demi-siècle d’histoire : rien à dire de la période du fascisme, si ce n’est qu’après une brève période d’anticléricalisme, Mussolini prêta à Pie XI, puis à Pie XII, un appui en tous points rendu. Car fascisme et Eglise avaient en commun l’éternel ennemi (la ’subversion rouge’), l’idéologie (ordre et discipline, hiérarchie et main de fer pour ’moraliser la nation’) et la doctrine sociale de corporatisme). Le premier concordat, résultat de ce rapprochement, fut étendu à toutes sortes de privilèges de fait par une interprétation immanquablement favorable au Saint-Siège - des privilèges durs à mourir, puisque maintenant encore ils déterminent la capacité du Saint-Siège d’agir à Rome et autre part (notamment dans le domaine immobilier, cela a été dit) comme s’il possédait toujours la souveraineté absolue sur le territoire et les sujets.



    Durant les années cinquante, l’Italie se relevait lentement de ses blessures avec l’aide des capitaux étrangers qui commençaient à y affluer. La Démocratie Chrétienne, nouveau parti du pouvoir, allait servir de’bras séculaire’ à l’Eglise en confirmant ses privilèges - non sans quelques incongruités : le statut de prince du sang et la ‘personnalité sacrée et inviolable’, niés à l’ex-famille régnante, sont accordés par la République respectivement aux cardinaux et au pape. D’ailleurs, un dicton ne disait-il pas que, du fascisme et de l’Eglise, seule l’Eglise avait quelque chance de survivre ?



    Dans le domaine de l’immobilier, c’est le temps de l’argent facile, des capitaux à fonds perdus déversés sur l’Europe occidentale par le Plan Marshall et assortis d’une seule condition : qu’ils servent à faire front à l’avance du communisme. Une lutte, celle-là, très sensible en Italie et qui a toujours eu le Vatican en première ligne. Ce qui le désigne comme bénéficiaire prioritaire des largesses américaines.



    La Societa Generale immobiliare, plus que jamais active, monopolise le marché direct et indirect des terrains et des immeubles. Elle dirige l’expansion de la métropole vers la périphérie : sur ce qui furent les ’bénéfices’ concédés aux familles de la noblesse ’noire’, et qui depuis 1870 sont devenus les propriétés privées de ces mêmes familles, elle constitue des consortiums, projette des cotisations achète 10 ce qu’elle revend 1.000, et fait pousser des cités dortoirs (aujourd’hui encore dépourvues de tout service).



    La Commune, dirigée par la Démocratie-chrétienne, trace les routes et délivre les autorisations. Le procès verbal d’un conseil d’administration de l’Immobiliare énonce : "Dans l’avenir, la Commune de Rome devra se montrer compréhensive à l’égard de l’Immobiliare, la laissant appliquer le plan régulateur comme elle l’entend. L’Immobiliare possède les moyens (architectes, techniciens, urbanistes, etc…) aptes à conférer à Rome le développement qui convient à une cité de sa tradition." La leçon est écoutée. Les affaires vont bon train. Rome a été, soit, consignée à l’Italie naissante qui a eu l’outrecuidance d’en faire sa capitale. Mais elle a été par la suite - et est encore - saccagée par les bons soins du Vatican, au nom sans doute d’une trouble vengeance. Et au nom du profit.



    Michele Sindona



    Une autre histoire de pouvoir : celle de Michèle Sindona . Quand il entre en scène, à la fin des années soixante, le Vatican connaît un manque chronique de liquidité. l’APSA a dû se résoudre à diminuer ses subventions à la presse catholique. L’Eglise s’élargit, et elle a besoin de moderniser ses moyens de communication, sa propagande. Elle doit faire face aux (timides) revendications salariales de son personnel laïque. Les multinationales grignotent son espace d’action financière. Tout cela coûte à qui ne sait s’adapter. De plus, l’Etat italien a, en 1968, réintroduit par surprise l’impôt sur les dividendes du portefeuille de titres possédé par e Saint-Siège (son exemption était un de ces privilèges acquis sous le fascisme). Paul VI, le pape d’alors, cherche à diversifier et à exporter les investissements. Une décision s’impose : pour transformer son entreprise selon les critères du néo-capitalisme, il doit faire appel à des financiers laïques rompus aux techniques de la bourse et de la finance internationales.



    Michel Sindona sera ce premier technicien. Avocat, né en 1914 en Sicile, transposé à Milan à la fin des années ’40, de banquier il se fait conseiller fiscal et s’occupe ensuite de vente de sociétés, ce qui lui permet de prendre le contrôle d’une banque de crédit, la Privata Finanziara En 1958, par un parent proche de la curie, il entre en contact avec Massimo Spada alors secrétaire de l’APSA et encore aujourd’hui conseiller de nombreuses sociétés, dont la Banco di Roma Spada grand bourgeois de tradition, écoute le "génie de la finance" Sindona qui lui propose de pourvoir à la vente de la Genrale Immobiliare (elle était entrée en possession de l’immeuble du Watergate à Washington et de l’Hôtel Meurisse à Paris).



    Un accord est conclu en 1969 entre Spada et Sindona avec lequel il est d’autre part entré en affaires et dont les propriétés s’étendent désormais jusqu’aux USA. Massimo Spada est entretemps devenu gentilhomme de Sa Sainteté, une fonction honorifique qui survit au glorieux passé de la cour du pape roi et est incluse dans le rôle de la Famille Pontificale. Sindona s’engage formellement comme intermédiaire, puis comme acquéreur dans l’opération sur l’Immobiliare les émailleries Genovesi les céramiques Pozzi (en faillite), et sur la Condotte d’Acqua (qui assure une bonne partie de la distribution d’eau dans la capitale). Toutes ces sociétés sont bien entendu propriété du Vatican. Massimo Spada prudemment, délègue sa signature au prélat Sergio Guerri responsable de l’APSA



    Malgré un premier paiement, l’accord est bientôt conteste : par Giovoanni Benelli d’abord, le substitut du Secrétaire d’Etat et par Giuseppe Caprio successeur de Guerri (passé au Governatorato à la tête de l’Apsa. Caprio élève des doutes quant à la ’solidité’ de Sindona - lequel cherche et trouve un nouvel appui en la personne de l’archevêque Paul Marcinkus



    I.O.R.



    Marcinkus d’origine lituanienne, s’est formé à la diplomatie vaticane après une rapide ascension dans l’Eglise américaine. L’ amitié qu’il lia avec l’abbé Pasquale Macchi secrétaire particulier du pape, lui permit d’entrer dans la finance du Saint-Siège et de prendre le relais, dès 1971, du cardinal De Jorrio grand comptable à l’ancienne manière (avec un penchant marqué pour les mauvais investissements). L’entregent de Marcinkus lui vaut aussi, un temps, de s’occuper de l’organisation des voyages du pape (tâche maintenant confiée à Robert Tucci le directeur de la radio vaticane.



    Au départ Marcinkus qui n’y connaissait pas grand-chose en économie, se montre avide des conseils dispensés par le ’génie’ Sindona. Avec celui-ci, il comprit vite que le pape avait besoin d’un instrument financier exclusif et efficace, capable de fournir au Saint-Siège la liquidité dont l’Eglise universelle avait un urgent besoin. Cet instrument sera le IOR à la direction duquel Marcinkus parvint sans encombre.



    L’institut des Oeuvres de Religion, fondé en 1942 pour englober les finances secrètes héritées de Léon XIII est une société de droit canon (et à ce titre, elle échappe à la législation italienne) qui gère les dépôts ’destinés aux oeuvres de religion et de piété chrétienne et, en fait, visant à fuir tout contrôle indiscret. Une dissimulation pieuse et fort rentable protège l’Institut : officiellement, il s’occupe des comptes courants du pape et d’autres honorables déposants ; réalité, il est le canal de toutes les opérations inavouables du Vatican et de qui, en Italie (la banque s’active sur le territoire du Vatican, avec une porte généreusement ouverte sur le territoire italien), désire mettre son argent à l’abri. Rien qui ressemble à une caisse d’Epargne normale : quelques guichets anonymes dans la Cité, un hallebardier à l’entrée, une quinzaine de comptables contraints au secret d’Etat et rigoureusement exclus du syndicat des employés, une atmosphère feutrée où viennent susurrer leurs confidences les représentants d’ordres religieux du monde entier , des comptes attestés à la ’Divine Providence’, au "Sacré-Coeur de Jésus’, etc. Et pourtant, le IOR est un des instituts financiers réputés les plus solides et solvables. Une banque à propos de laquelle Marcinkus se lamentait : ’On parle souvent de nos pertes, jamais de nos gains’ - et pour cause puisque ces gains, et simplement le capital réel de l’Institut sont un des secrets les mieux gardés du Vatican, et que ne parvient au public que l’écho de quelques unes de ses opérations manquées ou franchement malhonnêtes.



    C’est alors, notamment, que Sindona vendit à la Sofina belge une société mal en point. L’affaire fut un désastre, et la Sofina réussit, après recours, à récupérer une partie de sa mise.



    En résumé, à la fin des années Soixante le couple Sindona Marcinkus file du bon coton : pour Marcinkus, Sindona représente la possibilité d’une ouverture sur le marché financier international. Pour Sindona, Marcinkus possède la clé d’un paradis fiscal installé au milieu de Rome. Dans l’optique d’un homme d’affaires, c’est un rêve ! Même si Marcinkus, plus tard, le niera, il est certain que les deux vivent une ’lune de miel’ émaillée de quelques faits saillants (des ’preuves de fidélité’ ?) comme le règlement du contentieux opposant la famille Feltrinelli au Vatican.



    Les Feltrinelli, enrichis d’abord dans le commerce du bois de construction avaient su diversifier leurs activités et créer un véritable empire immobilier dont Giangiacomo, le rejeton, touchait les dividendes pour les investir d’abord dans une maison d’édition et ensuite dans des entreprises beaucoup moins légales. Giangiacomo Feltrinelli cas typique du transformisme de la bourgeoisie aisée, fréquenta les révolutionnaires castristes et les bandes sardes à michemin entre la délinquance et le terrorisme, et fonda les Groupes d’Action Partisane, vague préfiguration des Brigades Rouges financés, cela va de soi, en pompant avec désinvolture dans le patrimoine de la famille (il mourra, en 1972, au pied d’un pilone à haute tension qu’il voulait miner détail macabre : le pilone en question se situe sur un terrain appartenant aux Feltrinnelli ... ). Le fait est qu’en 1965-67, ces choses commençaient à se savoir et que le Vatican, contrôlant la Banca Unione avec les Feltrinelli n’avait aucune envie de se trouver mêlé, de près ou de loin, aux aventures du fils prodigue - mais n’avait pas non plus intérêt à se débarasser de sa part dans la Banca Unione Ne restait alors qu’à "débarquer" les Feltrinelli ce que Sindona, en rachetant les actions de la famille, réalisa en douceur en 1968.



    Le IOR avec son réseau de correspondants couvrant toute l’Italie, avait aussi servi au Saint-Siège à faire passer, lors de la Libération, des fonds américains du Sud déjà libéré au Nord du pays, et destinés à aider les juifs et opposants du régime réfugiés dans les énormes fonds qui, sortis d’Italie par l’intermédiaire du IOR vont aller alimenter un vertigineux circuit de sociétés plus ou moins fictives s’achetant et se garantissant l’une l’autre. Et qui réalisent, par la spéculation sur le dollar, des gains impensables.



    Au Vatican, où l’argent ne cesse d’affluer, on ferme un oeil sur les irrégularités commises. C’est aussi à cette époque que Sindona introduit Roberto Calvi auprès des cardinaux. Calvi, comme on le sait, est le futur président de la Banco Ambrosiano qui reprendra les affaires de Sindona. Il finira pendu à Londres en 1982.



    Sindona aux Amériques



    L’italie commence à être trop petite pour les appétits de Michele Sindona Il se transfere aux USA où, toujours secondé par Marcini, il achète la Franklin National Bank pour la somme de 40 millions de dollars. L’un des intermédiaires de l’affaire est Alberto Ferrari, membre de la loge maçonnique P2 et président, entre autres, d’une société financière qui atteindra la ’notoriété’ en 1978 pour avoir servi de canal à la disparition de 17 millions de dollars, pot-de-vin officiel de l’Italie dans la conclusion d’un contrat pétrolier avec l’Arabie Saoudite.



    La tentative de Sindona de prendre une participation dans l’American Vetco Industries est entachée de telles irrégularités qu’elle vaudra au IOR de payer une amende de 320.000 dollars au gouvernement américain. Mais qu’à cela ne tienne : l’ascension de Sindona se fait irrésistible. La presse le porte aux nues. Il contrôle maintenant 140 sociétés. Pour renforcer son château de cartes, il joue sur la confiance dont il bénéficie dans les milieux financiers et multiplie les comptes en banque aux Bahamas et au Luxembourg, les double de mandats fiduciaires réservés, et y fait apparaître et disparaître les capitaux qui lui servent dans ses opérations croisées. Même technique en bourse : avec l’aide de complicités dûment payées, il vend et achète des actions de ses sociétés dont la valeur réelle est nulle. Le système est à vitesse de rotation croissante : il ne produit de richesse que si les transactions se multiplient et s’escamotent l’une l’autre. Et il s’écroule sur lui-même s’il n’est pas en permanence réalimenté par de l’argent frais - que Sindona se procure par l’intermédiaire de ses contacts politiques (démocrates-chrétiens avant tout) et ses amitiés vaticanes. Car le IOR se trouve ponctuellement derrière chaque opération de Sindona, soit comme garant, soit comme pourvoyeur de capitaux.



    La parabole tracée par Michele Sindona dans le firmament de la haute finance laisse entrevoir la quantité de pouvoir objectif possédé par le Vatican non pas, bien sûr, que Sindona soit à considérer comme une victime, depuis longtemps avait-il montré des dispositions pour les affaires peu claires - mais en confiant son argent à un homme d’affaires spécialisé dans la spéculation, le Vatican contribue à créer chez cet homme une ’ivresse de l’altitude’ ayant un effet explosif dans l’édifice bancaire international, précaire par nature. Depuis l’échec de l’ ’expédition de Lybie le pape et ses conseillers écclésiastiqes n’ignorent pas le risque. Ils ont appris à se retirer à temps. l’ Eglise des pauvres’ se sert du financier le plus habile, et quand celui-ci perd de son habileté, il est désavoué au profit d’un personnage nouveau’ les prétendants n’ont jamais manqué.



    Cosa Nostra



    Sindona, qui n’est pas lui non plus né de la dernière pluie, tente de protéger ses arrières en diversifiant ses sources d’approvisionnement. Il propose à la Cosa Nostra, la mafia américaine (n’oublions pas que Sindona est sicilien) de très lucratifs investissements. Plutôt que de placer, à grands frais, les bénéfices de ses trafics sur des comptes numérotés en Suisse, la Cosa Nostra en confie une partie à Sindona qui l’insuffle dans son circuit de sociétés-bidon. Pour le banquier, un capital en vaut un autre, pourvu qu’il soit incontrôlable et incontrôlé, et à cet égard, l’argent de la drogue n’a d’égal que celui du Vatican.



    Ce dernier contrat avec la Cosa Nostra porte Sindona au sommet absolu et tant convoité. Erreur fatale : quand l’information commence à filtrer, politiciens et écclésiastioques s’empressent de retirer leur appui au financier. La Franklin, mise sous enquête, est bientôt déclarée en faillite frauduleuse pour une perte de 40 millions de dollars sur de mauvaises opérations de change. Sindona tente un redressement, mais ne parvient pas à se débarrasser à temps de l’Immobiliare ni ne réussit quelques unes de ces fusions dont il a le tous malgré l’aide du Banco di Roma (ce qui vaudra à son directeur, plus tard, d’être arrêté pour complicité et occultation de preuves). Tandis que le krach gagne, une à une, toutes les sociétés de l’empire sindonien Conseillé par Licio Gelmli le banquier se retire quelques temps à Taïwan Il est déjà trop tard : le IOR prend ses distances et refuse, brandissant la Raison d’Etat de reconnaître son implication dans les ‘aventures de Sindona’ comme dit Marcinkus (ce qui n’empêchera pas le IOR de récupérer au plus vite 5 millions de dollars dans les caisses à double fond du banquier, ignorant l’interdiction dont elles font désormais l’objet).



    Le juge Guidi Viola a écrit : ’L’appui au plan de sauvetage (proposé par Sindona) une véritable escroquerie à charge de la Banca d’Italia et de la communauté nationale, était fourni par de hautes personnalités politiques, en premier lieu par le premier ministre de l’époque, Giulio Andreotti.’ Andreotti, comme nous le savons, est démocrate-chrétien. Le plan de Sindona portait-sur 156 millions de dollars.



    Mario Sarcinelli et Paolo Baffi respectivement sous-directeur et gouverneur de la Banca d’Italia, s’étant opposés à la manœuvre furent poursuivis et arrêtés pour ’abus professionnels’, après une campagne de diffamation menée par Licio Gelli Le juge qui instruit le cas est Antonio Alibrandi, père de Alessandro, un terroriste néo-fasciste abattu par la police en 1981, et lui-même plusieurs fois cité lors de procès de terrorisme. Ce qui ne l’empêcha pas de devenir, en 1984, Conseiller en Cassation.



    La Societa Generale immobiliare devenue Immobiliare-Sogene, fut rachetée en 1974 à Sindonia par Arcangelo Belli, l’un des survivants des spéculateurs immobiliers liés au Vatican. L’entreprise, à la dérive, ne pouvait être sauvée même après l’intervention de Giulio Andreotti, alors ministre du Bilan. Avec ses 81 millions de dollars de dette, elle était consignée à ses créditeurs : la Banco di Roma la Banco di Santo Spirito la Nuovo Banco Ambrosiano la San Paolmo etc. Tous organismes dépendants Vatican. La boucle est bouclée : la société a assuré, un siècle durant, d’énormes bénéfices au Saint-Siège - et peu importe les pertes qui devront être assumées par quelqu’un (l’Etat), pour autant que l’ensemble de la manoeuvre permette au Vatican de demeurer dans le circuit de la finance.



    Retournons à Sindona : nous sommes en 1976. Le financier est condamné une première fois en Italie à trois ans de réclusion pour violation des règlements bancaires. Giulio Andreotti alors premier ministre, intervient plusieurs fois en la faveur du banqueroutier victime, selon lui, d’un ’complot’. Mais sans résultat. Sindona des USA, cherche à renouer ses liens avec la franc-maçonnerie et la mafia - avec un certain succès, semble-t-il, puisqu’il peut en 1979 faire éliminer physiquement un liquidateur italien trop curieux de ses affaires par un tueur lié à la Cosa Nostra Coût de l’opération : 45.000 dollars.



    Puis il met en scène une campagne diffamatoire et fait chanter Roberto Calvi. Pour cela, il utilise les services de Luigi Cavallo agitateur notoire de droite lié à la franc-maçonnerie et à l’appareil de renseignement italien (il sera arrêté en France en 1984), et aussi la médiation de Licio Gelli Rendement de l’opération : 500.000 dollars. La famille Gambino (versée dans le trafic de la drogue) lui organise aussi un faux enlèvement rocambolesque qui le conduit, sous le nom de Joseph Bonami de New York à Palerme en passant par Athènes et Vienne. A Palerme, il est protégé - ou surveillé ? - par la famille Inzirello-Spatola (riche, outre ses revenus illicites, en solides appuis politiques), par certains éléments de la loge P2 et par une autre association maçonnique tout aussi "couverte" que la première. N’ayant pas pu réunir les fonds que, vraisemblablement, il devait à la mafia, Sindona est contraint de refaire surface aux USA où il est condamné en 1980 à 25 ans de prison pour la faillite de la Franklin.



    Le procès



    Dans une tentative de se disculper, Sindona racontera aux enquêteurs américains une fort intéressante histoire : le but de son voyage en Sicile aurait été d’unifier les forces indépendantistes de l’île. Pour comprendre le concept, nous devons remonter à la Libération, et plus précisément au massacre de Portella della Ginestra (1er mai 1947) où Salvatore Giuliano, bandit mafiosi, fit ouvrir le feu sur les travailleurs manifestants. L’enquête ne découvrit jamais les mandants de l’expédition, mais détermina l’existence d’une alliance visant à faire de la Sicile, une fois détachée de l’Italie. une dépendance des Etats Unis - une alliance où se trouve la mafia (bien implantée aux Etats-Unis et en Sicile, et en passe de développer ses trafics), les politiciens et franges des services secrets les plus conservateurs, liés au clergé et à la noblesse, et les francs-maçons. Parmi ces derniers, la loge Alam du prince Giovanni Francesco Alliata di Monterela (par la suite impliqué dans au moins deux complots italiens). Le lien entre ces milieux étant assuré par Frank Gigliotti pasteur, franc-maçon et agent de l’Oss (ancêtre de la CIA) Lequel, dans les années Soixante, réalisera l’unification du Grand Orient d’Italie, aujourd’hui encore en contact avec la CIA, et, se servant de la loge de Alliata, fondera la loge P2 qu’il confiera personnellement à Licio Gelli en 1971 (Gelli avait collaboré, entre autres, avec l’Oss) Le dénominateur commun de ces personnages est l’anticommunisme viscéral.



    Ce n’est donc pas par hasard que, durant sa permanence en Sicile, Sindona se targuera de l’aide de Joseph Miceli Crimi, médecin et franc-maçon émigré aux Etats Unis, chargé par lui des médiations avec le monde politique et Licio Gelli.



    La réalité, en fait, est que peut-être Sindona se sera servi des relents d’indépendantisme encore présents parmi les conservateurs Siciliens pour vernir de ’dignité politique’ la nouvelle escroquerie qu’il essayait de mettre sur pied.



    Il aura fallu attendre 1983 pour que le procès contre la ’bande Sindona’ s’ouvre en Italie. ’La vérité, a dit un juge chargé de l’instruction, est que l’establishment politico-financier n’avait aucun intérêt à ce que se tienne ce débat.’ Après neuf mois d’audience, la Cour a rendu ses conclusions, prononçant vingt-deux condamnations pour un total de 122 ans de prison. Dont celles de Luigi Mennini (gentihomme de Sa Sainteté et administrateur-délégué du IOR sept ans de détention) et de Massimo Spada (pour son rôle de représentant du Vatican dans bon nombre de sociétés de Sindona, cinq ans de détention). Tous deux ont tenté d’opposer à la sentence leur immunité diplomatique (Paul Marcinkus, Sergio Guerri et Giuseppe Caprio appelent par la défense dans le procès américain, avais fait de même), ce qui semble bien avoir porté puisque Massimo Spada se présentait en septembre 1984, libre, aux obsèques de Carlo Pesenti un autre financier catholique.



    Un ultime détail : après la mort mystérieuse, lors d’une tentative d’évasion, de Joseph Arico, le tueur de Cosa Nostra engagé en 1979 par Sindona et qui peut-être en savait long sur les délits du banquier, celui-ci exprima le désir de rentrer en Italie. Craignait-il pour sa vie, ou plutôt la disparition d’un témoin gênant le mettait il à l’abri de nouvelles surprises ? Son voeu, en tout cas, a été exaucé en septembre 1984. En Italie, en plus du procès en cours pour banqueroute frauduleuse, il aura aussi à répondre d’extorsion, d’assassinat, et d’association criminelle : une longue série de combats légaux qu’il veut transformer en "un grand cirque" dont on attend encore le spectacle.



    Les ’aventures’ de Michele Sindona illustrent bien la connivence existant entre les milieux financiers catholiques, le pouvoir politique, et le Vatican. Souvent, s’introduit entre ces pôles, et avec une fonction de lien et de conseil, une centrale de pouvoir occulte ; la loge maçonnique P2 (aujourd’hui démasquée mais, comme certains indices tendent à le prouver, loin d’être démantelée). Un de ses représentants les plus intéressants est sans aucun doute Umberto Ortolani.



    Histoires de P2



    Umberto Ortolani un avocat de 73 ans, arriva très tôt à Rome dans la suite d’un cardinal de Bologne, et devint en 1963 gentilhomme de Sa Sainteté. Nous avons déjà parlé de cette charge honorifique, qui permet encore maintenant à ses bénéficiaires d’entrer dans l’intimité des grands de l’Eglise Pour un ambitieux comme Ortolani ; c’est un poste d’observation - et d’action de choix.



    Au début des années soixante, il s’est déjà hissé à une place honorable dans le monde des affaires romain, où il démontre une manie de la presse et du contrôle de l’information. En 1963, il trafique derrière le rideau lors de l’élection de Paul VI. Ses ’alliés’ sont Giulio Andreotti, le cardinal Lercaro son protecteur, et le cardinal Sueriens. Ces deux derniers étant inscrits sur la liste des ’papables’ Leo Josef Suenens fait cardinal peu auparavant sur intervention de la famille royale belge, renoncera en 1979 à l’archevêché de MalinesBruxelles pour entrer dans la curie et résider à Rome.



    Ortolani prêtera aussi son généreux concours à Michele Sindona lors de l’affaire de la Generale Immobiliare et fréquentera Giovanni Leone, l’unique président de la République italienne obligé de démissionner pour avoir été mêlé à un scandale politicoo-financier celui de la Lockheed. Ses premiers contacts avec Licio Gelli fondateur de la P2, remonte à 1973 : cette année-là, une agence de presse proche de la franc-maçonnerie (et dont le directeur sera plus tard assassiné) avait rendu publique un document selon lequel ’les problèmes de l’Argentine’ ne pouvaient être réglés que par l’ ’élimination’ de Oberdan Sallustro et Aurelio Peccei dirigeants de la Fiat et des Ortolani père et fils (et de fait, Sallustro fut enlevé et exécuté dans des circonstances jamais éclaircies ; Peccei fut rapatrié et, jusqu’à sa mort, ne s’occupa plus que du Club de Rome dont il avait été l’initiateur). Ortolani dont les affaires en Amérique du Sud commençaient à marcher à plein rendement, prit peur. Au point de s’adresser à Gelli pour trouver de l’aide, et de s’inscrire à la P2 malgré le risque, pour le croyant qu’il est, de l’excommunication attendant tous les Francs-maçons



    Il découvre chez Gelli la même passion de la presse qui l’habite. Il devient son voisin à Montevideo et, sans dédaigner la collaboration de Roberto Calvi, renforce sa banque Bafisud étend ses affaires jusqu’au Brésil et en Suisse, tout en maintenant de solides bases en Italie. Partagé entre le pouvoir occulte et ses amitiés vaticanes, il devient le coordinateur, le recruteur et l’éminence grise de la P2. Le ’trio GOC’ (Gelli-Ortolani-Calvi) est désormais affirmé.



    Les alliances politiques ne sont certes pas oubliées : les connaissances d’Ortolani, outre Giulio Andreotti, ont nom Joseph Strauss de leader catholique bavarois qui fut reçu par Paul VI, en tant que symbole de la nouvelle alliance de la droite avec l’Eglise contre la gauche) et Stroessner, le général dictateur du Paraguay. Ortrolani participe activement à la mise au point du projet de coup d’Etat du général Borghese, en Italie - une entreprise qui en 1974, ne fut éventée que d’extrême justesse. Il s’occupe encore de terrorisme néo-fasciste (et l’on ne peut ici éviter de signaler la ’coïncidence’ entre l’évasion de Licio Gelli de la prison de Lausanne, en août 1983, et l’attentat manqué au rapide Milan-Palerme, à quelques kilomètres de l’endroit où advint la tragédie de l’Italicus - ces deux derniers faits ayant été revendiqués, à neuf ans d’interval, par Ordine Nero une formation d’extrême-droite dont se servaient Gelli et Ortolani).



    Trafics



    Ortolani est aussi le superviseur d’une colossale série de trafics sur les pétroles qui coûta aux finances de l’État italien, entre 1972 et 1978, plus d’un milliard de dollars de manque à gagner et valut à 42 personnes d’être renvoyées en jugement. Ce sont des fonctionnaires des Finances (comme le général Giudice), des hommes d’affaires ex-collègues des premiers, et des prêtres (Simeone Duca, ancien collaborateur de la Congrégation Propaganda Fide et de monseigneur Paul Marcinkus, puissant prélat romain aux solides relations mondaines, et rendu celèbre pour avoir versé comme caution à sa liberté un milliard de Lires ; Francesco Quaglia, curé de Cesano (Novara), doté de moyens financiers que ne justifie pas sa modeste condition de prêtre de campagne) passés aux affaires et assurant la bienveillance de politiciens en majorité démocrateschrétiens (où l’on rencontre Sereno Freati secrétaire d’Aldo Moro et récipiendaire d’une ’mensualité’ des trafiquants destinée à financer le parti de son patron - tandis que Giulio Andreotti, alors ministre de la Défense, signa la nomination du général Giudice).



    Exception faite d’Andreotti et de Ugo Poletti de Vicaire Général de Rome, ardent partisan de Giudice en faveur duquel il multiplia les recommandations, et en étroite relation avec don Quaglia ainsi que d’Ortolani tout ce beau monde fut finalement accusé et jeté en prison - d’où, petit à petit, il sort pour "raison de santé".



    L’épisode est significatif : il montre des escrocs (capables de transformer miraculeusement, dans leurs comptes, l’essence en ’eau de lavage’) chercher (et trouver, contre rétribution) la complicité des milieux politiques avec la bénédiction (elle aussi achetée) du milieu ecclésiastique. La soudure entre les diverses pièces du puzzle est réalisée par les francs-maçons de la P2, toujours sur la brèche.



    En ce qui concerne l’implication de certains écclésiastîques dans l’affaire, nous remarquerons que la persistance , mais aussi la dégénérescence - d’une hiérarchie Religieuse encore et toujours de type féodal que les termes du ’nouveau’ concordat confirme, offre de notables espaces de manoeuvre à qui, religieux ou non, sait s’approprier ce système de la soumission. La culture de la ’subordination escomptée’ légitime - après les avoir produits tous les abus et génère, puisque ses effets s’entrecroisent, l’insolence chez les possédants, la manigance et l’escroquerie chez les dépendants, et l’oubli dans la masse impuissante et soumise à l’écrasante logique du pouvoir. Et, dans cette perspective, ce n’est certes pas par hasard qu’au coeur des régions les plus déshéritées et traditionnalistes de l’Italie, la domination mafieuse rencontre souvent et parfois se juxtapose à la domination des forces politiques démocrates chrétiennes, émanation directe de la hiérarchie religieuse. Une clé de lecture qui restitue au ’Guépard’, le roman de Tomasi di Lampedusa, toute sa valeur prémonitoire…



    Mais revenons-en à Umberto Ortolani. Après plusieurs opérations très compliquées (comprenant même l’enlèvement de son fils Amedeo, pour lequel il paya une rançon dont la réunion l’engageait "pour le futur" vis-à-vis de ses associés), il se retrouva en 1977 à siéger dans le conseil d’administration de la Rizzoli, la plus grosse maison d’édition italienne dont le contrôle finira par échoir au IOR et à quelques « sociétés-bidon » de Roberto Calvi. Dans le mouvement, intervint aussi la banque Rothschild de Zurich. La Rizzoli est propriétaire de l’hebdomadaire Europeo : on commence maintenant à comprendre pourquoi son directeur fut contraint à se retirer lors de la publication de cette enquête sur le patrimoine immobilier du Saint-Siège...



    Par la suite, Ortolani sera encore inquiété pour une histoire peu claire de financement au parti socialiste italien (15 millions de dollars) qui seraient sortis des caisses de la Bafisud, mais dont personne n’a jamais pu retracer le parcours exact. Un mystère identique entoure le rôle d’Ortolani dans la disparition du pot-de-vin officiel de l’Italie à l’Arabie Saoudite.



    De plus en plus critiqué, l’avocat était obligé de renoncer à son appartenance à l’ordre de Malte et de restituer le passeport diplomatique qui lui avait été confié (l’ordre de Malte, souveraineté sans territoire, partage avec le Vatican le privilège d’entretenir une diplomatie). Ortolani devait faire l’objet d’un mandat d’arrêt international en 1981. Mais, réfugié au Brésil où ses protections lui avaient offert une nouvelle virginité, son arrestation à San Paolo en 1983 (un mois après l’évasion de Gelli) était à considérer comme nulle et non avenue. La même année, ils disparaissait discrètement de la liste des gentils hommes de la Sainteté, à propos de laquelle il n’existe néanmoins aucun règlement relatif à la radiation de la justice italienne : bien que toujours poursuivi par son mandat de capture, il ’conseillait’ par voie de presse à ses juges de lui attribuer l’honneur des arrêts au domicile, et faisait mettre sous séquestre rien moins que quatre livres parlant de ses relations avec la P2 et le Vatican retenus par lui diffamatoires. Ortolani, au casier judiciaire toujours vierge, est décrit dans la sentence de séquestre comme un homme ’entouré de la plus haute estime générale’ et ’à la conduite exemplaire et sans tache’. Une certaine odeur de revanche de la P2…



    Carlo Pesenti



    Derrière une bonne partie des entreprises financières du "trio GOC" plane l’ombre discrète, mais persistante, d’un autre grand argentier catholique : Carlo Pesenti Carlo Penseti est mort en septembre 1984, à 77 ans. Malade du coeur, une maladie diplomatique qui l’aidait souvent à ne pas se présenter devant la justice, il démontra jusqu’à la fin une grande vigueur dans la gestion de son empire fait d’industries, de banques, de sociétés d’assurances, de journaux, et de trafics variés.



    Penseti catholique très pratiquant, émergeait dans l’immédiat après-guerre à Bergame. Avec la caution de la curie épiscopale, il reprenait la direction de l’Italcementi, une industrie détenant alors la moitié du marché italien des matériaux de construction, héritée d’un oncle par trop fasciste de neveu partageait les mêmes idéaux, mais de manière moins offensive). L’oncle Antonio, sénateur du royaume, président de la Banco di Roma, ami intime de Mussolini, avait construit une fortune sur les exportations coloniales en Abyssinie et sur ses fabriques en Ethiopie. Carlo, plus tard, réussira avec l’aide d’appuis politiques bien placés à donner de lui-même et de la famille l’image d’anti-fascistes persécutés lui permettant de participer de plein droit au boom économique des années Cinquante et à la spéculation immobilière orchestrée par le Vatican. Faisant valoir ses réussites, il recevait l’aval de politiciens émergeants (dont celui de Giulio Andreotti) et multipliait son rayon d’action : il sauvait du scandale, en les redressant, deux banques catholiques (en remerciement, le Vatican l’aidera à conquérir son premier institut de crédit) ; il fondait l’Italmobiliare, une société versée dans la spéculation immobilière ; à la fin des années Soixante-dix, il pouvait compter sur l’intervention d’Emilio Colombo, démocrate-chrétien et ministre du Trésor, pour empêcher Sindona de mettre la main sur l’Italcementi Et il renforçait aussi ses liens avec les milieux ecclésiastiques et rencontrait monseigneur Marcinkus.



    Son système, pour multiplier l’argent, était à l’épreuve du feu profitant du mouvement de la reconstruction, il avait fait inscrire le ciment dans la liste des produits à prix contrôlé (liste dressée par le ministère de l’Industrie, aux mains des démocrates-chrétiens). Le mécanisme est simple : le prix du ciment était établi sur base du coût de production de cimenteries peu rentables (et maintenues artificiellement en activité), ce qui permettait de gonfler les gains des autres entreprises, rentables celles-là. En plus, Pesenti recourait massivement à des emprunts à bas intérêt, spéculant sur l’érosion monétaire.



    A la différence de Sindona, le financier d’assaut, Pensenti assurera vite au Vatican une collaboration économique plus lente et camouflée , mais aussi plus solide et durable. Définitivement entré dans les secrets des princes de l’Eglise (Jean XXIII l’appelait respectueusement ’Monsieur Karoli’) il suivra de loin les périlleuses évolutions de Roberto Calvi.Giulio Andreotti a été appelé par le Parlement italien à répondre, à la fin de l’année 1984, de ses responsabilités en tant que ministre vis à vis de la loge maçonnique P2 de Sindona, et du trafic des pétroles. Chaque fois, il a su trouver les justes arguments et les justes alliances pour être blanchi de tout soupçon. Et déplacer le débat du thème de la culpabilité à celui de la bonne foi du politicien harassé par la t^pache.



    Giulio Andreotti est l’homme du compromis, du statu quo entre les parties. Son pouvoir naît de la capacité de savoir combiner l’équilibre des forces pour déterminer un effet favorable à la Démocratie chrétienne, sans jamais oublier les intérêts du Vatican. Cette politique mire, avant tout, à ne produire aucun résultat, mais plutôt à renforcer la capacité d’agrégation de ses représentants.



    Andreotti est dépourvu de projet au-delà de la reconduction du pouvoir cristallisé autour de sa personne. Il intronise sujet politique tout qui (comme Sindona) a acquis une parcelle de pouvoir objectif disponible à s’associer à la sienne. Au point de prétendre ’Le pouvoir use. Celui qui ne l’a pas.’ Et il a cyniquement raison en Italie, qui a le pouvoir ne l’exerce pas et donc, selon l’inverse de la loi de la démocratie, ne s’use pas. Au contraire, l’opposition est sempiternellement obligée à prendre position, donc à brûler ses ressources. Andreotti peut être défini comme un pur produit de la politique, version Saint-Siège : son but est de maintenir ce qui existe et esquivant toute possibilité de changement.



    Il est d’ailleurs et depuis toujours en étroite relation avec la hiérarchie religieuse qu’il n’hésite jamais à défendre : lors d’une conférence de presse où il était question des opérations financières secrètes de la ’maison de Saint-Pierre’, il se demandait :’Comment faire autrement, tout en conservant la même productivité ? Alors que la très grande majorité des fidèles est désormais dans le Tiers-Monde, et que le Saint-Siège se trouve dans la position, non plus d’être financé par eux, mais de les financer ? ’Andreotti peut avoir raison. Pourtant, si le problème existe, il n’est pas de savoir si le Vatican agit ou non comme n’importe quelle entreprise en quête de profits mais bien que, malgré les nombreuses révélations et mises en accusation, il continue obstinément de prétendre ne pas le faire. L’explication de cette attitude est que la plupart des accusations ne bénéficient pas d’une publicité hors des frontières de l’Italie et ainsi la réputation du Saint-Siège et du pape en demeure intouchée dans, justement, les pays les moins informés, c’est à dire ceux du Tiers-Monde. Dans ces contrées, est avant tout projetée d’image d’Epinal d’un pape polyglotte, doté d’une résistance physique à la limite de l’humain, et grand dispensateur de discours d’apaisement. Tout l’appareil administratif et économique qui produit, diffuse et entretient ce cliché est soigneusement gommé comme le sont les appuis politiques, tel celui d’Andreotti, dont le Saint-Siège ne pourrait à plus d’un titre se passer. Et Andreotti d’insister, à propos des méfaits de Calvi, Sindona et Ortolani ’Les cardinaux, disait-il, ne sont pas extralucides : ils ne peuvent prévoir si tel ou tel financier se révélera être un escroc.’ Chiffres en main, la malhonnêteté des autres est un risque qu’ils sont en effet en mesure de se permettre...



    Giulio Andreotti est encore, dit-on, un fervent souteneur des réunions de la droite européenne tenues par Antoine Pinay.



    Avions renifleurs



    Antoine Pinay, ancien président du conseil des ministres de la quatrième République française, entraîne aussi dans ces réunions le comte Alain de Villegas et maître Jean Violet, titulaire de la Légion d’Honneur et fait commandeur de l’ordre de Saint George par Paul VI. Jean Violet est en relation politique et financière avec l’Union Paneuropéenne, organisme d’extrême droite fondé par Otto de Habsbourg, dont une des antennes est, en Belgique, l’Académie Européenne des Sciences Politiques (AESP) où sévit, à nouveau, Alain de Villegas.



    Soutenu par maître Violet, Villegas fait accepter par Alfredo Sanchez Bella, un pur du franquisme, alors ministre en Espagne et membre de l’Opus Dei, deux projets de recherche d’eau potable qui, après expérimentation en 1970, se résumeront en un fiasco. Carlo Pensenti ami de Sanchez Bella, et Philippe de Weck, président de l’Union des Banques Suisses, participent aux frais.



    Le terrain est prêt pour une escroquerie de plus grande envergure cette fois-ci aux dépends de l’Etat français, et connue sous le nom d’ ’affaire des avions renifleurs’ : près de 100 millions de FF pompés, entre 1975 et 1979, par Villegas et Aldo Bonassoli autre ’inventeur’ italien. Leur contrat reçoit le parrainage de Sanchez Bella, décidément peu découragé, de Philippe de Weck, de Carlo



    Pesenti de ’personnes ecclésiastiques’ comme le dit le rapport de la Cour des comptes française, et aussi de Daniel Boyer (qui contrôle la Prelate Corporation, détentrice des droits exclusifs de reproduction de la bibliothèque apostolique du Vatican - Boyer est d’autre part propriétaire du mensuel belge l’Evènement) et de Crosby Kelly, ex-technicien en armements, déjà en poste à Cuba, organisateur des cérémonies du bicentenaire des USA en Belgique et sans doute ’propagandiste’ de la CIA Entre Jean Violet et Philippe de Weck, agit comme intermédiaire le père Dubois, un dominicain mort en 1979 qui avait intercédé auprès de Paul VI pour faire attribuer la croix de l’ordre de Saint George à Violet. Et puis Philippe de Weck, dont la banque UBS a pour conseiller un certain Sanchez Bella, a auparavant été en affaires avec Sindona et Pesenti et est membre d’une commission d’experts désignée par le pape pour réformer le règlement du IOR.Enfin, pour les transferts de fonds, intervient l’Ultrafin une société financière du groupe Calvi, et la Banco Occidental de Madrid, proche du IOR et de l’Opus Dei.



    Non pas que nous voudrions dire que le Vatican se trouve intéressé dans toutes les opérations financières à odeur d’escroquerie, mais il faut reconnaître que les mondes ecclésiastique politique et financier qui relèvent d’une même classe dirigeante en conjuguant heureusement leurs privilèges parviennent à réaliser des profits contribuant, en définitive, à la reproduction de cette même classe. Ou, comme le disait Sanchez Bella : ’Le monde se fait grâce à ces trois ou quatre mille individus qui forment l’élite intellectuelle internationale, mais qui ne parlent pas toujours de politique. De Politique avec la majuscule, oui, mais pas de politique partisane.’ Et il ajoutait, à propos des avions renifleurs : ’L’essentiel était que (cette invention) ne tombe pas aux mains des Soviétiques.’ Où l’avidité du gain rejoint l’idéologie pathologique.



    Finances ’blanches’



    Entretemps l’idée de la ’super-banque catholique’ a continué à animer les esprits en Italie. La tendance qui prévaut aujourd’hui est à la concentration des instituts financiers et au jeu à la hausse en bourse sur promesse d’élargissement et de restructuration : autant de mouvements coordonnés par des hommes de confiance du Vatican comme Carlo Pesenti ou le cardinal Siri, l’archevêque de Gênes qui a su se rendre tellement indispensable qu’à 79 ans, il n’a pas encore à ce jour été mis à la retraite (il est d’autre part l’un des promoteurs avec le cardinal Ratzinger du retour du latin dans la messe). Prêtant son concours à divers groupes de pression (en particulier, la bourgeoisie des entrepreneurs) il a développé dans les institutions économiques et politiques de sa ville un pouvoir de fait et une clientèle solide. A tel point que sa cure est devenue une sorte d’office de placement auquel n’échappe aucune nomination et aucune attribution de subvention officielle, et est bien fréquentée par cette élite financière unie par de profonds liens qui, au-delà du goût pour l’argent, se sent investie d’une mission (produire de la richesse pour la plus grande gloire du Saint-Siège) et pratique la loi du silence.



    Mais reste que les dettes contractées directement ou indirectement par le IOR demeurent en bonne partie impayées. Calvi s’était engagé à assumer la faillite de Sindona, mais en est mort. Et monseigneur Marcinkus, que fait-il ?



    Paul Marcinkus après de longues tergiversations, acceptait ’en reconnaissance de son implication morale’ (la sienne et celle du IOR de s’associer pour un montant de 250 millions de dollars à la réparation offerte par le Banco Ambrosiano, la banque de Calvi, à ses principaux créditeurs. Etrange comportement du IOR qui s’est toujours déclaré étranger aux accusations de complicité qui lui étaient lancées mais comportement prévoyant, si l’on considère qu’il permet d’éviter un procès international où De Strobel Marcinkus et Mennini auraient bien plus difficile qu’en Italie de se prévaloir de l’immunité diplomatique ; alors qu’il s’agissait aussi de présenter le bon profil à la veille de la signature du ’nouveau’ concordat et de restaurer la crédibilité du IOR en tant que banque d’envergure mondiale.



    Afin de réunir les fonds nécessaires à la réalisation de ses engagements définis comme ’une contribution volontaire’ le IOR s’apprête à liquider certaines de ses participations en France et aux Etats- Unis, en plus de vendre à la Sumitomo Bank japonaise la Banca del Gottardo et de se débarrasser d’une société immobilière romaine. Le tout, y compris le paiement direct déjà invoqué, se montant à quelque 400 millions de dollars, soit les deux tiers de ce que réclamaient les 120 créditeurs étrangers des Italiens restant sur leur faim). Quant aux frais de justice (15 millions de dollars), personne ne sait encore qui les supportera. Marcinkus n’en a pas pour autant perdu la raison l’accord final prévoit aussi le recouvrement d’un tiers des crédits contractés en Amérique du Sud par deux banques étroitement liées au Vatican.



    L’accord, étant donné qu’il est ’régi par la loi italienne’, pourrait aussi sonner le glas des privilèges du Vatican en matière financière, l’empêchant de jouer sur le conflit de compétence entre droit italien et droit canon. Techniquement, la création d’une filiale italienne du IOR résoudrait le problème en soumettant le IOR à la loi italienne. Reste à savoir quand cette filiale sera effectivement créée. Tandis que les poursuites intentées à Pellegrino De Strobel Luigi Mennini et Paul Marcinkus restent elles aussi au conditionnel. Tout au plus le ’nouveau’ concordat signale-t-il que ’le SaintSiège confirme sa disponibilité à examiner avec le gouvernement italien les questions regardant les activités en Italie de l’Institut pour les OEuvres de Religion’, sans échéance.



    La société romaine dont s’est débarrassé le Vatican se nomme Vianini et est la quatrième entreprise italienne en matière de grands chantiers de constructions. Dans son conseil d’administration, siègent de Strobel et Mennini. Elle a été acquise par Franco Caltagirone membre d’une famille active depuis plus d’un demi-siècle dans le bâtiment, fort liée à Andreotti, et rendue célèbre en 1981 par une banqueroute frauduleuse qui poussa deux des cousins de Franco à l’exil. Leur mandat d’arrêt devait être révoqué en janvier 1984, à peine une semaine avant la signature du contrat Vianini, lequel représente pour les Caltagirone, après tant de tribulations, un retour en grand style sur la place des affaires romaines. Poursuivis pour fraude fiscale et exportation illégale de capitaux (réalisée à travers le IOR et la Finabank de Sindona, pour un montant évalué en 1974 à 3 millions de dollars), les deux cousins avaient déjà bénéficié d’une prescription et, qui plus est, de l’inscription au passif de leur société en faillite de l’amende de 8 milliards de Lires avec frais de justice à charge de l’Etat. Le juge chargé de l’affaire était Antonio Alibradi, déjà rencontré lors des tribulations de Michele Sindona.



    Le Vatican, entre tous ses autres trafics, s’intéresse encore en Italie aux ’patronages’, ces organismes d’assistance technico-légale et médicale en faveur des travailleurs, liés au syndicats, aux partis politiques, et à l’Eglise. Ils traitent en moyenne 15.000 dossiers par an, pour lesquels ils reçoivent une subvention officielle de 150 milliards de Lires. Un projet de loi déposé par un parlementaire démocrate-chrétien élu avec l’appui de Communion et Libération voudrait en faire des coopératives privées, donc payantes ce qui, au prix courant des démarches légales, leur rapporterait 750 milliards de Lires en plus de la subvention. Et actuellement, les organisations catholiques s’emploient de manière insistante à multiplier le nombre de ’patronages’ à leur dépendance.



    En conclusion ? Les finances du Vatican sont telles : elles font l’objet d’un bilan officiel toujours mélancolique et ne représentant qu’une minime partie la seule avouable des affaires brassées. Tandis que les autres opérations, souvent difficiles à individualiser, influencent de manière insidieuse l’entièreté des activités économiques et politiques italiennes.



    Et il y a cette légende : en l’an 258, le diacre Laurent fut brûlé vif par l’autorité impériale pour avoir refusé de livrer les richesses accumulées par ce qui était alors la communauté chrétienne de Rome et ne deviendrait qu’un demi-siècle plus tard l’Eglise. Le diacre Laurent s’était montré prudent : il avait fait distribuer les biens aux pauvres de la ville et, du haut de son bûcher, les indiqua comme le vrai et unique trésor de la communauté. La légende n’explique pas comment l’Eglise parvint, ensuite, à reconstituer son trésor. De cette action-là, continue et opiniâtre, nous venons d’avoir quelqu’aperçu.



    Frédéric Hacourt, Mai 1984



    L’affaire du Banco Ambrosiano



    Les mystères du scandale du Banco Ambrosiano Les Echos n° 16122 du 17 Avril 1992 • page 26 18 juin 1982. Roberto Calvi, président de la première banque privée catholique italienne, est retrouvé pendu sous un pont de la Tamise, à Londres. Depuis huit jours, sa famille était sans nouvelle de lui. Le « banquier de Dieu » s’estil suicidé comme l’ont d’abord cru les enquêteurs ? Ou atil été assassiné comme le laissent penser les derniers éléments d’enquête remontant à 1989 ? Toujours est -il que, dix ans après, l’affaire du Banco Ambrosiano charrie encore son lot de mystères. Les avocats de Carlo de Benedetti, bref vice-président de la banque quelques mois avant sa déconfiture, avaient beau jeu hier de s’étonner de la condamnation du président d’Olivetti « dans une affaire qui n’a toujours pas été élucidée ». Un prélat aux pratiques douteuses, une pseudo-loge maçonnique visant le noyeautage des grands corps de l’Etat, des industriels sans scrupules, l’ombre de la Mafia... Le scandale du Banco Ambrosiano réunit, comme en résumé, tous les démons de l’Italie d’après-guerre. La République des réseaux parallèles, des magistrats corrompus, des policiers véreux et du Saint Siège complice. Une « histoire » dans laquelle Carlo De Benedetti s’estime, selon ses propres mots, « cocu et bastonné »... En ce début de l’été 1982, une rumeur se répand comme une traînée de poudre à Milan. « Le Banco Ambrosiano ne paie plus ». L’établissement se révèle incapable d’honorer les dettes de ses filiales. Très vite, les créanciers s’affolent. Et les déposants prennent peur. Très vite, la mécanique du krach s’emballe : le Banco Ambrosiano n’inspire plus confiance. Sans l’intervention d’un consortium de banques privées et publiques, le Banco Ambrosiano aurait laissé sur le carreau des milliers de créanciers. Dont le Vatican. Le bilan du sinistre financier n’est établi avec certitude que beaucoup plus tard. Lorsque les comptes de la banque auront été démêlés. Bilan : le Banco Ambrosiano laisse un trou de 1.200 milliards de lires, soit environ 5 milliards de francs. C’est la plus importante faillite bancaire italienne de l’après-guerre. Lors de son passage à la vice-présidence de la banque, Carlo De Benedetti avait immédiatement émis des doutes sur la comptabilité de l’établissement. Dans son réquisitoire de 1.800 pages, rédigé au terme de huit ans d’enquête, le procureur de Milan explique même que l’industriel italien avait multiplié les démarches pour faire la lumière sur les comptes de la banque. Ce qui n’atténue en rien, selon le procureur, sa responsabilité dans la plus-value qu’il a tirée de la vente de ses actions, à un moment où il connaissait les difficultés du Banco Ambrosiano. Du Vatican à la Loge P2 La déconfiture de la banque a éclaboussé aussi bien l’Etat italien que celui du Vatican et une partie de l’establishment italien lié à la la Loge P2. L’Etat italien a été accusé de ne pas avoir exercé efficacement son rôle de surveillance et de tutelle sur la plus grande banque privée de la Péninsule. De fait, de nombreux hauts fonctionnaires, au courant des pratiques irrégulières de l’établissement, ont fermé les yeux sur ses difficultés. Une indulgence coupable qui explique l’empressement des banques nationalisée à monter un tour de table pour reprendre la banque en faillite. Le Saint Siège, de son côté, est impliqué dans le krach en raison des liens tissés entre le Banco Ambrosiano et l’Institut pour les eouvres de la religion (IOR), présidé par l’archevêque américain, Mgr Paul Marcinkus. Roberto Calvi et son prédécesseur, un financier douteux, Michele Sindona, avaient su convaincre le prélat de diversifier les placements du Vatican à une époque, le début des années 1970, où l’économie italienne battait de l’aile. C’est ainsi que le Banco Ambrosiano a permis à l’IOR, la banque du Vatican, de réaliser des placements dans des paradis fiscaux. Une bonne partie du « trou » provient en effet de prêts à des sociétés panaméennes qui n’ont jamais été remboursés. Or ces sociétés auraient été contrôlées par l’IOR de Mgr Marcinkus. Enfin, bien des responsables italiens (hommes politiques, hauts fonctionnaires et magistrats) se trouvent compromis dans le scandale en raison de leur appartenance à la Loge P2, dont Roberto Calvi était précisément un membre éminent. Dans un ouvrage paru début 1989, le grand maître de la Loge, Licio Gelli, affirme que « les secrets » de l’« assassinat de Roberto Calvi se trouvent aujourd’hui dans les coffres suisses de l’IOR ». Et menace, en cas de condamnation, de révéler les noms des « frères » appartenant à la Loge P2. Une peine de dix-huit ans et demi lui a été infligée hier.



    Nicolas Barré


  • "L'homme n'est ni ange ni bête et le malheur veut que celui qui veut faire l'ange fait la bête. (Blaise Pascal)"

     

    Pour Sigmund  Freud,la libido est l'énergie psychique qui se développe aussi

    en pulsions sexuelles.

     

    C'est l'Eros,c'est la pulsion de vie qui s'oppose à la pulsion de mort.

    L'Eros,selon la vision platonicienne et même biblique avec l'Adam androgyne,c'est la division en deux de l'être humain qui aspire à retrouver sa moitié perdue,afin de s'unir avec elle,afin d'être satisfait et apaisé.

    Cet Eros peut donner lieu à de nombreuses déviations.L'exemple type est le pape Borgia qui transforma le Vatican en bordel et en orgies.Il était d'autre part un assassin incestueux. 

    Voici ci après un  article intéressant.

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    Les papes et leurs femmes

    EDDY PRZYBYLSKI Publié le mercredi 06 avril 2005 .



    ROME L'Eglise considère saint Pierre comme le premier pape. Il s'appelait Simon et était pêcheur sur le lac de Galilée (d'un poisson qui, aujourd'hui, est appelé le saint-pierre) lorsqu'il rencontra Jésus et fut un des premiers à le suivre. Jésus le désigna comme le chef de son Eglise et il changea son nom de Simon en celui de Pierre. C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui encore, les papes se choisissent un nom de fonction.



    Toujours est-il que, selon les Evangiles, ce premier pape était un homme qui avait une femme. Par la suite, le célibat des prêtres fut une question qui occupa et préoccupa l'Eglise pendant les premiers siècles. En l'an 385, Sirice quitta son épouse pour devenir pape. Il fut d'ailleurs le premier à porter réellement ce titre. En apprenant son élection, le vénéré saint Jérôme s'écria: «C'est un imbécile!» Comme quoi l'Eglise pratiquait déjà la liberté de pensée.



    En 1045, BenoîtIX fit le contraire de son lointain prédécesseur: il démissionna pour se marier. Tant qu'à faire, il vendit sa charge à son propre parrain.



    Il faut dire que BenoîtIX fut le plus inconstant des papes: il régna trois fois! Elu en 1032, il fut déposé par un soulèvement populaire en 1044. En 1045, ses hommes mirent en fuite son successeur. Il démissionna la même année pour se marier mais, à la mort de son parrain, il reprit le fauteuil pontifical pour un an, jusqu'à ce que l'empereur HenriIII l'en chasse.



    Dès lors, les papes ont, pour la plupart, cessé de se marier. A l'exception de ClémentIV, au 13e siècle, qui fut l'heureux papa de deux filles.



    Ce qui ne signifie pas que les autres papes d'alors aient eu, pour autant, une existence très catholique.



    Entre le 10e et le 16e siècle, les débauches des papes faisaient le bonheur des raconteurs et le peuple les trouvait presque normales.



    JeanXII fut un pape très intéressant à cet égard. Elu pape à l'âge de 17 ans, il prit notamment sa soeur pour maîtresse. Huit ans plus tard, un brave Romain trouva le pape dans le lit de sa femme et lui administra une telle correction que, trois jours plus tard, le monde catholique se retrouvait sans chef spirituel.



    SixteIV (élu en 1471), à qui l'on doit la fameuse chapelle Sixtine, eut deux enfants de sa plus grande soeur. Mais, en plus, il était homosexuel. On dit qu'en échange de leurs faveurs, plusieurs jeunes gens reçurent une charge de cardinal.



    A côté de cela, les exploits de PaulIII (élu en 1534), qui eut un fils bâtard, et de PieIV (1559), mort dans les bras d'une courtisane, paraissent d'une telle banalité!



    Deux autres papes sont morts d'une syphilis qu'ils n'ont certainement pas contractée en buvant du lait: en 1560, JulesII (le créateur de la Garde suisse); et en 1521, LéonX, grand amateur de théâtre, au point de faire rosser les comédiens qui l'avaient déçu.



    Plus classiquement, sur les 262 papes recensés, une trentaine sont morts en martyrs, quatre en exil, un en prison (JeanXI, fils du pape SergeIII), six assassinés, deux victimes d'émeutes et un, le pape JeanXXI, en 1277, est mort sous l'effondrement d'un plafond.



    © La Dernière Heure 2005

    (Eddy Prybylski)



     

     

     


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    15 juillet 1099: Sac de Jérusalem par les Croisés (Palestine)

    À la suite de l'invasion de l'Asie Mineure par les Turcs seldjoukides aux dépens de l'Empire byzantin et de la prise de Jérusalem (1077), le pape Urbain II appelle à la Croisade au concile de Clermont en 1095. La Croisade en Terre Sainte assurait à celui qui partait le pardon de ses péchés, donc le salut éternel.

     

    Plusieurs expéditions se succéderont. En 1097 part la croisade des « Chevaliers », formée de chevaliers francs venant principalement de la France actuelle et dirigée par le légat du Pape, Adhémar de Monteil, évêque du Puy. Elle récupère les restes de la première vague appelée « Croisade populaire » ou « Croisade des pauvres gens ». Elle est très modestement aidée par Alexis Comnène, l'empereur grec de Constantinople. Après la victoire de Dorylée sur les Turcs, les Croisés assiègent Antioche durant plus de six mois. Ils ont beaucoup de pertes. Ils souffrent de la faim et de la soif. Ils se livrent à des exactions: « A Maara, les nôtres faisaient bouillir les païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés.  » écrit Raoul de Caen. Et l'Anonyme: « D'autres découpaient la chair des cadavres en morceaux et les faisaient cuire pour les manger. » Pour les Turcs, les Francs resteront des anthropophages.

     

    Quand ils assiègent Jérusalem, les Croisés ne sont plus que douze mille alors qu'ils étaient de cent à cent cinquante mille au départ. Quand ils pénètrent dans la ville, ils sont saisis d'une « divine » fureur contre les Infidèles. Dans les Gesta Francorum, l'Anonyme écrit: « Certains de nos hommes (et c'était miséricorde) coupaient la tête de leurs ennemis; d'autres leur décochaient des flèches, les faisant tomber des tours; d'autres encore prolongeaient leurs tortures en les livrant à la flamme. On pouvait voir dans les rues de la ville des monceaux de têtes, de mains et de pieds. Il fallait se faire un chemin à travers les cadavres d'hommes et de chevaux. Mais c'était là peu de choses comparé à ce qui arriva près du temple de Salomon ... Si je dis la vérité [sur ce qui s'y passa], elle dépassera ce qu'il vous est possible de croire. Qu'il me suffise donc de dire ... que les hommes chevauchaient dans le sang, qui leur montait aux genoux et à la bride. »

     

    Quarante mille personnes soit la quasi-totalité de la population, femmes et enfants compris, sont exterminés en deux jours les 15 et 16 juillet 89. Les Juifs de Jérusalem sont autant victimes des exactions des Croisés que les Musulmans  toute la communauté juive de Jérusalem périt dans les flammes de la synagogue. Dans la vallée du Rhin ils avaient déjà été la cible de l'ardeur sacrée des pèlerins.

     

    De nombreuses autres expéditions militaires déclenchées par les papes suivront.

     

    Commentaires :

     

    Les Croisades sont une guerre commandée pour des motifs religieux par le Pape (la théologie de la « guerre juste » existe depuis le IVème siècle). Elles ont profondément marqué l'Europe et la France en tout premier lieu. On y voit apparaître la notion d'Occident chrétien opposé à l'Orient sémite, cette opposition n'étant pas seulement idéologique mais aussi militaire. L'image de l'ennemi, le Juif ou l'Infidèle musulman s'y constitue. Ce sont les débuts de l'antisémitisme. L'esprit de Croisade est une composante importante de l'idéologie militaire française qui a perduré jusqu'à nos jours si l'on pense à la guerre d'Algérie, à l'affaire de Suez en 1956 ou au partage de l'Empire turc entre la France et le Royaume-Uni après 1918. Le militaire français ne défend pas seulement la France, mais également les Lieux Saints et l'Occident chrétien vis à vis du monde non européen. Les Croisades virent aussi le pouvoir d'État français (certes embryonnaire) représenté par Philippe Auguste et Saint Louis, s'associer étroitement avec l'Église. La collaboration entre missionnaires et armée française pour évangéliser-coloniser les païens ne fut que la continuation des Croisades. On rétorquera que la France eut souvent une politique opposée à celle de l'Église, soutenant parfois la Sublime Porte, mais la collaboration avec l'Église était encore bien vivante avec Napoléon III qui se voulait « défenseur » des chrétiens du Liban et la IIIème République laïque ne rompit jamais avec l'Église outre-mer. Les Croisades furent le lieu où tuer, massacrer, n'était en rien condamnable, bien au contraire. La lutte de la Croix contre le Croissant et l'Evangélisation des païens, pour lesquelles l'Eglise militait activement, permirent de commettre des massacres en toute bonne conscience. N'est-il pas écrit: « Dieu le veut » sur le socle de la statue de Pierre l'Ermite, prédicateur de la 1ère Croisade, à Amiens?

    Sources :

     

    Amin Maalouf, Les croisades vues par les arabes, J.C. Lattès, 1983; Zoé Oldenburg Les Croisades, Gallimard, 1965; Jonathan Riley-Smith, Les Croisades, Pygmalion, 1990; Arno Mayer, La "solution finale" dans l'histoire, La Découverte, 1990, page 43-49.

     

     

     

    Jacques Morel 2003-05-03


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    L’antisémitisme français : Des Pères de l’Église à l’autodafé de Talmud

    La France a vraisemblablement une relation assez ambivalente avec le peuple juif, remontant au moins de 1500 ans.

     

    Pendant les 5 premiers siècles qui suivirent la clôture du canon biblique, plusieurs générations de théologiens se sont succédé, contribuant à codifier et à structurer le christianisme.

     

     

    On les a appelé les “Pères de l’Église”. Ils ont également cherché à lutter contre l’hérésie. Malheureusement, beaucoup d’entre eux (comme Justin Martyr, Tertullien, Origène, Chrysostome et Augustin) ont choisi une approche très allégorique de la Bible.

     

    Ils ont ainsi été amenés à interpréter des passages sur Israël et le peuple juif comme si ces textes décrivaient les chrétiens et non plus l’Israël ethnique.

     

    Dans un sens, ils furent à l’origine de la théologie du remplacement avant qu’elle ne soit connue comme telle.

     

    Saint-Hilaire de Poitiers (300-368) décrivit les Juifs comme « un peuple pervers que Dieu a maudit à jamais ».

     

    Leurs principes théologiques erronés les ont amenés à enseigner que Dieu en avait fini avec Israël puisque le peuple juif avait apparemment rejeté et crucifié Yéchoua (Jésus). Le christianisme (ayant fusionné avec l’Etat, sous Constantin) a attiré de nombreuses personnes.

     

    Mais sous cette forme, il s’agissait en fait d’un christianisme hybride, loin de ses racines “bibliques et judaïques”. Les masses incultes crurent à la théologie erronée des Pères de l’Eglise et furent souvent très désireuses de s’en prendre aux Juifs, qui devinrent alors les « boucs émissaires de l’humanité ».

     

    De l’opposition idéologique et intellectuelle, on passa à la haine pure et aux stéréotypes en tous genres. Aux yeux du monde, les Juifs étaient devenus mauvais, maudits par Dieu et condamnés à demeurer un « peuple témoin » pour toute l’éternité.

     

    Plus tard, une composante ethnique serait ajoutée à l’anti-judaïsme et allait l’aider à se transformer en antisémitisme. Être juif dans un monde chrétien alla de mal en pis…

     

    Mais malheureusement pour le peuple juif, l’antisémitisme était encore en croissance et n’avait pas encore atteint son sommet. Le monde entrait dans le Moyen-Age, une époque sombre pour le peuple juif en général et pour les Juifs de France en particulier.

     

    Une grande partie des relations entre juifs et chrétiens étaient fondées sur le Code Théodisian (312) et le Code Justinien (529-534). De nombreuses lois et restrictions ont préparé le terrain pour les siècles à venir en Europe.

     

    Après une période relativement sans remous au début du Moyen-Age, les Juifs français ont commencé à avoir des problèmes, tels que des baptêmes et des conversions forcés.

     

    L’un des pires cas de conversion forcée a eu lieu sous la direction du roi français Dagobert (629-639), qui a ordonné à tous les Juifs du Royaume Franc de se faire baptiser ou alors de quitter la France.

     

    Pendant la dynastie carolingienne (issue de Charles Martel), les Juifs ont connu un certain répit. Pépin le Bref (714-768), Charlemagne (742-814) et Louis le Pieux (814-840) furent relativement favorables aux Juifs et au judaïsme. De nombreux monarques ont même choisi des médecins juifs.

     

    Mais il y avait toujours un certain risque pour toute personne juive pratiquant la médecine. Quand un patient mourrait, le médecin juif était souvent accusé de sorcellerie et / ou d’empoisonnement, comme ce fut le cas sous Charles le Chauve (823-877) ou Hugues Capet (939-996).

     

    Puis eu lieu la première Croisade de 1096, dirigée par le chevalier français Godefroy de Bouillon (1060-1100). Des chevaliers et paysans chrétiens unirent leurs forces sous la même bannière chrétienne, avec pour devise : « Dieu le souhaite ». Ils partirent de France et d’Allemagne, en direction de la Terre Sainte pour combattre les musulmans.

     

    Au bout de quelques jours, les Croisés se rendirent compte qu’ils pouvaient démarrer les hostilités en luttant contre les « infidèles » de leur propre pays. Une nouvelle devise leur est née : « Tuez un Juif, sauvez votre âme« .

     

    A Rouen, certains Croisés ont été cités en disant : “Nous voulons lutter contre les ennemis de Dieu en Orient; mais nous avons sous nos yeux les Juifs, une race plus hostile à Dieu que toutes les autres. Nous faisons tout cette croisade à l’envers”.

     

    En 1099, les Croisés arrivèrent à Jérusalem, remplirent la synagogue avec environ 1 000 Juifs, y mirent le feu et défilèrent autour sur leurs chevaux en chantant des hymnes chrétiens. Sept croisades se succédèrent jusqu’à la dernière en 1270.

     

    La Première Croisade avait ouvert de nombreuses voies vers l’Orient, et l’argent devint rapidement le produit de base pour les négociations. Dès lors, la communauté juive s’est profondément impliquée dans le prêt d’argent – une pratique interdite aux chrétiens par l’Eglise.

     

    Les chrétiens furent autorisés à emprunter de l’argent uniquement aux Juifs, qui leur prêtèrent avec intérêts. Les rois de France et d’autres pays européens ont commencé à taxer les prêteurs juifs sur leur profit.

     

    Les impôts ne cessèrent d’augmenter, de sorte que les prêteurs juifs n’avaient pas le choix et durent augmenter leurs taux d’intérêt. Le processus a duré pendant un certain temps et a donné naissance au mythe du « Juif cupide », toujours très prisé de nos jours dans les milieux antisémites modernes.

     

    Comme le prêt d’argent était une pratique en pleine croissance, l’antisémitisme parmi les masses populaires devint de plus en plus prononcé. Les paysans pauvres, étant toujours dans le besoin d’argent et empruntant souvent aux prêteurs juifs, finirent par exécrer les juifs, ce qui déboucha presque toujours sur des abus physiques et des meurtres.

     

    Puis vint la “diffamation de sang” ou “l’Assassinat Rituel”. Originaire de Norwich, en Angleterre, l’expression a rapidement traversé la Manche vers la France et l’Allemagne.

     

    Une définition de la diffamation de sang est : le meurtre d’un enfant chrétien pendant la Semaine Sainte dans le but d’utiliser son sang dans la fabrication du pain sans levain.

     

    Plus de 150 cas de diffamation de sang ont été enregistrés tout au long de l’histoire, entraînant la mort de nombreux Juifs (surtout au Moyen-Age). Mais bien des méfaits étaient encore à venir.

     

    Le quatrième Concile de Latran, convoqué en 1215 par le pape Innocent III, a introduit une nouvelle mesure qui changerait le statut et la sécurité des Juifs pour plus de 700 ans.

     

    Les Juifs d’Europe étaient désormais tenus de porter un badge sur leurs vêtements (et plus tard, un chapeau pointu connu sous le nom jundenhut) afin de faciliter leur identification sur les routes d’Europe.

     

    Le badge connu comme « l’insigne de la honte » a été introduit en France et portrait le nom de “rouelle”, une sphère jaune cousue sur la poitrine et le dos de tous les vêtements portés par les Juifs. Cet insigne fut bien sûr repris par les nazis et changé en étoile jaune pendant la Seconde Guerre mondiale.

     

    C’est peu après que la première destruction de Talmud eu lieu. En 1240, un juif français converti au christianisme, Nicolas Donin, se rendit à Rome pour prouver au pape Grégoire IX que le Talmud était violemment anti-chrétien et qu’il était la principale raison pour laquelle les Juifs détestaient le christianisme.

     

    Le pape fut convaincu de la véracité de la déclaration de Donin et ordonna la confiscation du Talmud. En 1242, à Paris, on mit le feu à vingt-quatre charrettes remplies de dix à douze mille volumes d’œuvres écrites.

     

    (à suivre)

    Olivier Jack Melnick

     

     

    À PROPOS DE L'AUTEUR :Olivier enseigne la Bible et les racines juives du christianisme. Né à Paris, il écrit et enseigne aujourd'hui, aux Etats-Unis et en France, sur l'antisémitisme classique et nouveau. Il est l'auteur de deux livres dont un sur l'antisémitisme. Il travaille actuellement à la suite de son ouvrage paru en 2007 sur l'antisémitisme ("They have conspired against you"). Olivier est aussi le directeur régional de Chosen People à Seattle.


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     Le dieu du christianisme est un homme sanguinolent accroché à une croix.Voilà le modèle proposé par l'église officielle,voilà le dieu qu'il faut adorer.Avec une telle image comme modèle proposé d'adoration,les chrétiens orthodoxes,à la suite de Justin ou Tertullien,ont eu la soif de martyre,la soif de répandre leur sang.Mais ce n'était pas le cas des chrétiens gnostiques comme Valentin pour qui le Christ est une apparition lumineuse,comme le signale "les actes de Jean" et d'autres écrits dits apocryphes,c'est à dire secrets.Cette soif de sang et de martyre pour accéder au paradis a très vite été exploité par l'empereur Constantin et les dirigeants pour effectuer les guerres. Les rédacteurs cruels des évangiles officiels ont repris la notion antique juive du bouc émissaire.Mais au lieu d'un  animal,le bouc,c'est un homme qui devient bouc émissaire.C'est une régression qui la met au même niveau que les druides gaulois,avec leurs sacrifices humains relatés par Jules César dans son livre "la guerre des gaules".Et on nous explique ensuite que ce sacrifice est fait pour expier les péchés de l'humanité.Ainsi,on peut pécher en toute impunité,il y a un dieu qui expie pour nous !Malgré cela pour le péché, l'église utilise les pires menaces dont la terreur de l'enfer éternel. En matière de dieu on s'attendrait plutôt à une gloire rayonnante,triomphante,qui apparaît  aux méchants et les châtie  avec une verge de fer.Mais non,  l'homme,ou plutôt le macchabée ressuscite et le plus aberrant en chair,comme on nous l'explique.Il s'agit là d'une confusion monstre mélangeant ainsi la doctrine hindoue  de la réincarnation. Puis,bizarre il n'apparaît ensuite en premier lieu qu'à une prostituée:Marie Madeleine,au lieu d'apparaître à ses bourreaux et de les punir.

    Avec cette prostituée on nous refait coup de Rahab,la prostituée qui a été épargnée par Josué,pour avoir abrité ses espions.Tous les autres habitants de Jéricho,hommes,femmes,enfants,bébés ont été passés au fil de l'épée.Que du sang dans l'autre Jésus de l'ancien testament.

    Et voici que c'est un  cadavre ruisselant de sang, le dieu proposé à  l'admiration d'une foule béate.A croire que cette religion aime  tellement le sang,puisqu'elle va même jusqu'à le boire,sous la forme du vin.

    Au lieu de la fraction de pain fraternelle et la bénédiction  au début des repas comme au temps des juifs,voici l'ahurissante  théorie de la transsubstantiation.Par une parole magique,le vin est transformé en sang. Par le vin,on boit le sang de ce sacrifice humain.

    Et par le pain on mange la chair de ce dieu,comme les vulgaires cannibales des forêts africaines.

    Ce n'était pourtant pas la vue des textes primitifs,brûlés,détruits par la secte qui deviendra officielle.La Providence a fait que l'on a retrouvé ces textes par hasard,cachés dans une grotte à Nag Hammadi en haute Egypte,en 1945.

    Des évangiles plus anciens,ceux de Thomas,Philippe,Judas,Marie Madeleine,nous présentent un autre Christ,une gnose qui fait découvrir la lumière intérieure,le Christ en soi,le véritable évangile,celui de la bonne nouvelle du royaume des cieux.Ce royaume des cieux:il est clairement dit qu'il est au dedans de nous.Ceci rend donc superflu l'existence d'un clergé qui par la suite enseignera l'existence d'un enfer éternel et fera régner la Terreur chez ses sujets.Aux antipodes de cette conception,la gnose primitive : gnose qui signifie connaissance subtile est justement la recherche de ce royaume en nous.

    Les cieux se disent Ha shamaïm en hébreu:H-SH-M-Y-M .Les kabbalistes font remarquer que ce nom qui a une valeur de 395 est  celui de Neshamah,qui est le souffle ,âme,esprit en l'homme:Neshamah=N-SH-M-H qui est égal aussi à 395.

    Toute la gnose chrétienne,tout le christianisme primitif est dans ces lignes.

    On peut lire aussi avec profit le livre d'Elaine Pagels :"les évangiles secrets" aux éditions Gallimard.

    Je reproduis ci-après le  parcours abrégé de la secte politico religieuse.

    Ces lignes ont été écrites,après bien d'autres auteurs par le site Chretien.at .

     

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    Les pages rouges du Christianisme

     

     

     

    Regardons de près ces pages rouges du Christianisme. D'ailleurs on dit toujours "noires" lorsqu'il s'agit d'atrocités... pourquoi ? Appelons-les plutôt pages "rouges", pour se remémorer tout le "sang" versé et penser au carton rouge des matches de foot, car il est vraiment temps que l'Afrique sorte le carton rouge pour ce faux joueur, ce mauvais joueur qu'est le christianisme et qu'elle lui demande de quitter la pelouse de l'Afrique, son terrain de prédilection et d'aller définitivement se doucher ailleurs.

     

    Regardons-les donc ces pages rouges du Christianisme, période par période, allons y chronologiquement, par étapes successives, il y a tellement à découvrir.

     

     

    Période 50-70

    La religion chrétienne se répand. Et, tout de suite, dès l'aube du Christianisme, l'intolérance religieuse voit le jour : dès le début, les chrétiens visent ouvertement à imposer une interdiction des cultes polythéistes (le polythéisme, fort fréquent aux époques précédentes c'est, rappelons le, la croyance en l'existence de plusieurs dieux) ; les chrétiens eux, insistent pour que soit reconnu de façon obligatoire ce qu'ils affirment : il n'y a qu'un seul et unique Dieu, et bien évidemment ce "seul Dieu" existant, c'est le leur. Ça commence très fort !

    An 312

    Les chrétiens prennent le pouvoir au terme d'une guerre civile, cette conquête est réalisée par l'empereur romain Constantin 1er, dit "le Grand" : il se convertit officiellement au christianisme et s'établit lui-même comme étant le 1er "Monarque de droit divin"... un titre qu'il inaugure de sa propre initiative mais qu'une multitude de successeurs trouveront, après lui et tout autant que lui, bien utile de s'attribuer à eux-mêmes !

    Et déjà, dès ce premier "Monarque de droit divin", la liberté de culte est abolie, c'est fini, à partir de ce moment-là il ne reste plus qu'à classer cette précieuse liberté dans le catalogue des agréables souvenirs... du "bon vieux temps de jadis" ! Dès lors, l'Athéisme, le Polythéisme et/ou toute autre religion que le Christianisme deviennent objets de persécution ; ainsi démarre en Europe une sorte de nouvelle peste : la "persécution religieuse", mais cette épidémie-là ne relève pas d'un quelconque virus, elle est l'œuvre d'une alliance des nouveaux puissants installés à Rome : "l'alliance du sabre et du goupillon" comme on l'appellera un peu plus tard ! Car, au fil du temps - on va le voir - cette déplorable maladie s'étendra à la planète entière. Et au moment où j'écris ces lignes, en "l'an de grâce" 2004 de "l'ère chrétienne".. A 911 ans après que Jésus ait quitté la Terre en nous y laissant ce commandement nouveau : « aimez vous les uns les autres ! » cette hargne envers "le différent" sévit encore un peu partout de par le monde et, malgré ses ignobles et innombrables ravages, si l'on ne s'unit pas maintenant pour faire ce qu'il faut afin que cela change... définitivement, on peut désespérer d'attendre la fin de cette détestable pandémie.

     

     

    An 385

    Arrive la nomination de Théophile, comme patriarche d'Alexandrie (aujourd'hui ce "Théophile" est devenu "Saint Théophile", ça vous classe son homme ça !). Et que fait donc de prestigieux ce patriarche Théophile ? Il commence aussitôt après sa nomination, par entreprendre une destruction systématique de tous les temples et sanctuaires non-chrétiens et ce, avec l'appui de l'empereur romain Théodose. Il détruit ainsi à Alexandrie les temples de Mythriade et de Dyonisius. Ce qui, par ricochet, va entraîner en 391, la destruction du temple de Sérapis et celle de sa sublime bibliothèque, dont les pierres seront utilisées - pour que rien ne se perde, évidemment - mais, comme par hasard ce sera... devinez ! Eh bien oui, vous avez trouvé : au profit de la nouvelle religion unique, le christianisme.

     

     

    An 389

    Pour la première fois, un évêque dicte à un empereur la politique qu'il entend lui faire suivre : l'évêque de Callinicum sur L'Euphrate et sa congrégation avaient détruit une synagogue et l'empereur avait alors donné l'ordre à cet évêque de reconstruire l'édifice démoli ; dans ces circonstances et, en pleine cathédrale, Ambroise évêque de Milan (le futur "Saint Ambroise" ... vous vous en doutiez déjà, je suppose), se lève et, s'adressant à l'empereur, le somme d'annuler l'ordre de reconstruction qu'il avait donné à son confrère de Callinicum sur L'Euphrate. L'Eglise prend ainsi parti, dès ses débuts, pour les brûleurs de synagogues, un parti qu'elle continuera à soutenir sans faille jusqu'à son épanouissement le plus connu : celui des annéesl940, années de l'holocauste, qui virent l'Eglise et le nazisme unir leurs efforts en vue d'un anéantissement du peuple juif... que ces deux horribles comparses souhaitaient complet et définitif !

     

     

    Début des années 390

    L'empereur Théodose, chrétien très pieux, fait progressivement interdire tous les cultes non chrétiens. Peu à peu, tous les temples non chrétiens sont fermés à leur propre culte et les processions "païennes" sont interdites. Mais cette suppression de la liberté de religion au profit exclusif du christianisme ne va pas sans heurt, elle cause même parfois des émeutes, comme celles de 408 à Calama en Numidie. A cette même époque débutent en Germanie les premières exécutions d'hérétiques : c'est le démarrage d'une "belle tradition", hautement criminelle hélas, mais que l'Eglise, sans le moindre scrupule, développera avec l'inquisition et perpétuera jusqu'en 1826... avant que les bûchers ne soient remplacés par une autre forme de meurtres !.

     

     

    An 391

    Une foule constituée de chrétiens guidés par (le futur)"Saint Athanase" et (le futur)"Saint Théophile", abat le temple et la grande statue de Sérapis à Alexandrie, deux grands chefs d'œuvre de l'antiquité. La collection de littérature du temple est également complètement détruite.

     

     

    An 412

    Cyrille (devenu "Saint", un de plus... toujours choisi en fonction de ses "vertueux mérites" !) est nommé évêque d'Alexandrie et succède à son oncle Théophile. Il surexcite les sentiments antisémites que déjà les chrétiens de la ville ruminaient entre eux puis, à la tête d'une foule de chrétiens, il incendie les synagogues de cette grande cité et en fait fuir les juifs. Il encourage ensuite les chrétiens à se saisir des biens que les juifs ont dû laisser derrière eux.

     

     

    An 415

    Voyons le sort réservé à Hypathia [Hypatie en langage francophone], elle sera la dernière grande mathématicienne de l'école d'Alexandrie ; bien que son père, Théon d'Alexandrie, fût également célèbre comme mathématicien et astronome, elle ne put éviter d'être tuée par une foule de moines chrétiens dont l'excitation fut exacerbée par Cyrille, le patriarche d'Alexandrie... et l'Eglise, évidemment, le canonisera plus tard ! La motivation des assassins de cette brillante mathématicienne, loin de justifier leur geste, nous l'explique cependant : Hypathia, qui enseignait avec brio les sciences mathématiques, enseignait aussi la philosophie du Néoplatonisme, dès lors il apparaissait au clergé de l'époque qu'elle représentait une menace pour la diffusion du christianisme. Le fait en plus qu'elle soit une femme et de surcroît tout à la fois jolie et charismatique, rendait son existence tout à fait insupportable aux chrétiens. Au demeurant, son meurtre marquera un tournant dans l'Histoire de l'Occident : après sa mort, de nombreux chercheurs et philosophes quitteront Alexandrie pour l'Inde et la Perse, et de ce fait, cette ville superbe autant que célèbre, créée 7 siècles plus tôt par le grand Empereur grec Alexandre cessera d'être le principal centre d'enseignement et de science du monde antique. Désormais, la science régressera en Occident, et elle ne retrouvera un niveau comparable à celui qui était le sien au temps de la splendeur d'Alexandrie... qu'à l'aube de la révolution industrielle du XIXème siècle.

     

    Les travaux de l'école d'Alexandrie concernant les mathématiques, la physique et l'astronomie seront préservés, en partie tout au moins, mais ils ne le seront que grâce aux Arabes, aux Perses, aux Indiens et même aussi aux Chinois.

     

    A partir des conséquences du meurtre de cette scientifique, l'Occident entier plongera inexorablement dans un obscurantisme dû aux "précieux bienfaits" du christianisme et il ne pourra commencer à sortir de cette léthargie cadeau de l'Eglise Catholique - qu'après plus d'un millénaire de stagnation !

     

    En revanche - et nous n'en serons plus étonnés - en reconnaissance de ses actions efficaces en matière de persécution de la communauté scientifique et des Juifs d'Alexandrie et aussi, sans doute, pour le féliciter à titre posthume de la destruction d'une civilisation vieille de 7 siècles, Cyrille sera d'abord canonisé, nous l'avons dit, mais apparemment la récompense n'était pas suffisante, vu la soi-disant "excellence" du personnage (!), il sera donc à son tour, 14 siècles plus tard, promu "Docteur de l'Eglise" par le Pape Léon XIII, en 1882.

     

    La vie d'un "Saint" est un modèle idéal qu'il ne faut pas négliger de présenter à tout "bon chrétien" n'est-ce pas ?

    VIIème - XVème siècles

    Nous sommes au "Moyen Age chrétien". Profitant de la disparition des grandes bibliothèques romaines et de l'absence quasi totale d'activité d'édition en Europe, l'Eglise obtient un monopole de fait sur l'ensemble des écrits et, par voie de conséquence, c'est le Pape seul qui règne en Maître sur l'information. Le peuple est laissé volontairement dans l'ignorance, on le décourage de lire la bible dans le cas rarissime où, par inadvertance, il pourrait en avoir en mains un exemplaire.

     

    On aura encore, des siècles plus tard, en 1550 exactement, la confirmation matérielle du danger que représente pour l'Eglise la lecture de la Bible par le peuple, et ce, grâce au document rédigé par le collège des cardinaux pour le nouveau pape GUILLOIII

     

    Peu à peu, l'Eglise catholique inflige ainsi à toute la société l'obligation du respect de sa griffe Catholique et Romaine.

     

    L'inquisition... le célibat des prêtres... le caractère obligatoire du mariage avant la moindre relation sexuelle... ce ne sont là qu'institutions et modes de vie imposées par l'Eglise aux populations de plusieurs époques consécutives.

     

    Concernant le célibat auquel deviennent astreints prêtres et moines, on constate que cette nouvelle obligation intervient à un moment où se multiplient les grandes propriétés foncières de l'Eglise, notamment les Monastères et les Cathédrales, c'est alors qu'au sommet de la hiérarchie, on prend conscience que les problèmes d'héritage ne manqueraient pas de naître... comme naissent déjà nombreux les descendants des membres du clergé et que ces problèmes occasionneraient de graves préjudices financiers à l'Eglise, si son institution n'y mettait pas rapidement le holà, afin qu'elle puisse garder pour elle seule tout son patrimoine.

     

    C'est aussi à cette époque que se développe ce qui deviendra une des plus riches (!) traditions chrétiennes : le "brûler vifs" tous les opposants. Environ 1 million de "sorcières" seront ainsi brûlées au cours du Moyen Age. Les villes rivalisent pour battre le record du plus grand nombre de sorcières brûlées en un an. La ville ayant gagné cette "honorable" (!) compétition c'est Bamberg, en Bavière (siège épiscopal et Cathédrale renommée pour ses sculptures). Elle a "réussi" à brûler 600 sorcières en un an.

     

    Record non battu à ce jour... sous cette forme du moins, mais amplement dépassé depuis par les "fours crématoires" du Nazisme des années 1940, installés en Pologne, en Allemagne... avec pour certains des aides financières et techniques provenant parfois d'industriels américains.

    Eh oui, l'Eglise reste toujours contre la Science, pas de changement, mais quand même c'est bien connu : "on arrête pas le progrès"... pour autant qu'on ose être assez cynique pour appeler "progrès" le remplacement des bûchers par des fours crématoires... qui brûlent quelques milliers de personnes innocentes en une seule fois, au lieu de quelques dizaines (seulement !).

     

     

    Et, malgré leur féconde amitié avec les partis fascistes, nazis et similaires, nombre de membres de la hiérarchie ecclésiastique au Vatican doivent quand même être nostalgiques aujourd'hui de cette époque où l'Eglise tenait en main plus fermement encore que maintenant, la vie de la société, avec ses alliés privilégiés nommés, au fil du temps... Constantin 1er, Charlemagne, Léopold II, Franco, Hitler, Mobutu et tant d'autres brutes sanguinaires... si souvent vénérées par les foules hélas, de quelques couleurs de peau qu'elles soient !

     

     

    An 804

    Le voici justement rappelé dans "notre liste rouge" cet empereur chrétien Charlemagne, dont la Statue équestre monumentale trône seule et fière sur une vaste Place en plein Centre du vieux Paris, juste devant l'entrée principale de la Cathédrale "Notre-Dame". Sa fierté à lui, il l'a conquise (... au yeux de l'Eglise pour le moins !) en convertissant bon nombre de Saxons avec un procédé très simple : le choix pour chacun de se transformer en catholique ou d'avoir la tête tranchée ! Et effectivement plusieurs dizaines de milliers de têtes tombèrent... avec la "Sainte" bénédiction du "Souverain Pontife" et de son Eglise, les prêtres présents ne dédaignant pas de participer aux jeux de l'Empereur.

     

     

     

    XIème siècle

    Schisme d'Orient. Le patriarche de Constantinople prétend qu'il faut utiliser du pain avec levain pour l'Eucharistie. Le Pape, évêque de Rome, affirme qu'il faut du pain sans levain. Sur cette question d'une importance capitale... comme on peut s'en rendre compte, la chrétienté se scinde, et les deux patriarches, de Rome et de Constantinople, s'excommunient mutuellement. Ce schisme provoquera un nombre incalculable de morts jusqu'aux années 1990 (exemple : les récentes guerres civiles en Yougoslavie entre "Catholiques" et "Orthodoxes"). Et qui trinquent ? Ce sont toujours les mêmes : les "petits", les "sans-grades" comme on dit dans l'armée !

     

    XIème - XIIème siècles

    Face à la croissance de la population en Europe, l'Eglise propose, pour le contrôle de la population mondiale, une méthode "naturelle" et ô combien "efficace" : les croisades. Le premier appel à la croisade est lancé en 1095. En 1099 Jérusalem est "libérée" : l'ensemble de sa population - laquelle comprend essentiellement des juifs et des musulmans - est passée par les armes ; on peut effectivement dire, pour ceux-là, qu'ils sont "libérés" de leurs soucis quotidiens (!) mais hélas, pas sans avoir pu échapper une fois encore à leurs tout derniers tourments, car les croisés ont bien soin de violer leurs femmes et leurs enfants avant de les égorger ou de leurs ouvrir le ventre.

    Et dans ces grandioses opérations "pour le rayonnement de la Foi"... chrétienne, bien sûr (et attention, il est interdit d'en douter !) on découvre à nouveau tous les services qu'ont pu rendre à leur église les personnes qui seront ultérieurement "sanctifiées" par Rome : c'est le cas du Père Abbé "Bernard" qui, lui-même en personne, prêchera la 2ème croisade. Quel bel exemple d'amour chrétien de la part du fondateur de l'abbaye de Clairvaux, celui qu'on connaît donc comme "Saint Bernard" (et "Docteur de l'Eglise" lui aussi... tant qu'à faire !).

    An 1204

    La 4ème croisade fait un détour par Constantinople ; à cette époque c'est la plus grande ville de la Chrétienté. Mais les croisés sont tout à fait capables de se faire entre chrétiens ce qu'ils sont habitués à faire aux "païens" : Constantinople est mise à sac dans une orgie de violences innommables. Comme on le voit, s'il y a une chose qui se développe allègrement grâce à - disons plutôt à cause de - "la Chrétienté", c'est bien cette culture de la "Sainte" violence... "Sainte" : on ne comprend pas bien ce que ça veut dire, mais "violence" ... hélas tout le monde connaît !

    An 1208-1244

    Croisade des albigeois : sur initiative du pape Innocent III, une croisade est lancée dans la région albigeoise contre les Cathares (ou Albigeois) ; elle est conduite par Simon IV le Fort, "Sire de Montfort". En 1209, des "hérétiques" ayant réussi à se mêler à la population de Béziers, ce sera l'occasion pour Simon de Montfort de transmettre son nom à la postérité en même temps qu'il transmettait à ses troupes l'ordre que le Pape lui-même venait de lui signifier par la bouche de son légat : « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens » (repris en exergue de ce chapitre). Toute la population, hommes, femmes, enfants est passée au fil de l'épée. C'est cher payé par tant de victimes innocentes, pour offrir, à l'occasion d'un "bon mot", une renommée à leur Seigneur et Maître... un bien "triste Sire" au demeurant !

    An 1252

    Fondation de la lugubrement célèbre "Inquisition". Cette redoutable Institution, au cours de sa longue histoire, aura "réussi" à brûler plus de 1 million de personnes (!) essentiellement : des juifs et des musulmans convertis au christianisme, des hérétiques et des "sorcières". La dernière des "sorcières" à être brûlée le sera en 1788. Le dernier "hérétique", lui, devra attendre son tour jusqu'en 1826. La "Sainte Inquisition" et ses imitateurs protestants brûleront aussi des médecins et des scientifiques... lorsque l'occasion s'en présentera.

     

    L'Eglise ne reniera jamais "l'Inquisition" et garantira la continuité historique de l'institution jusqu'à nos jours ; elle se limitera à en modifier le nom... et encore, il faudra attendre Pie X, en 1906, pour que le nom du "Saint office de l'inquisition" soit raccourci en "Saint Office", et 1965 pour que ledit office soit rebaptisé "Congrégation pour la doctrine de la foi". Enfin, en 1997, le Pape ouvre les archives du Saint Office et des historiens - soigneusement triés sur le volet - sont autorisés à y mener certaines recherches.

     

    Les estimations du nombre total de victimes de l'inquisition sont alors fortement revues à la hausse, le consensus tourne aujourd'hui autour du million de personnes exécutées, auxquelles il faut quand même ajouter d'innombrables personnes torturées et/ou, dont les biens ont étés saisis

     

     

    1483

    Tomâs de Torquemada, Inquisiteur de Castille, est nommé Inquisiteur Général pour toute la Péninsule Ibérique.

    Ce moine dominicain fait un ample usage de la torture et de la confiscation des biens de ses victimes. Au delà de ces violences physiques et financières on estime à 2 000 le nombre de personnes brûlées pendant son mandat.

     

     

    1492

    En Espagne le roi "Très Catholique" et la reine "Très Catholique aussi... bien sûr - ces titres sont conférés par le pape en personne ! - prennent, d'autorité, une décision d'expulsion à l'encontre des juifs. En fait, il leur est laissé le choix entre se convertir puis subir quand même les foudres de l'inquisition (qui brûlera nombre d'entre eux), ou alors quitter l'Espagne. Plus de 160 000 juifs quittent donc l'Espagne.

     

    Malgré la cruauté effarante d'un tel "diktat"... ou peut-être à cause de cette cruauté (allez savoir ?) la hiérarchie catholique ne reste pas indifférente à cette mesure, tant sans faut et même bien au contraire : elle l'approuve et le pape encourage les autres souverains européens à s'inspirer de l'exemple espagnol. En parfaite concordance avec cette décision, dans toute l'Europe, les évêques se mobilisent pour pousser leurs gouvernements respectifs à empêcher l'entrée sur leur territoire des juifs expulsés.

     

    Les Juifs qui choisissent de se convertir seront donc persécutés par l'inquisition, comme l'ont décidé les "Souverains... Très Catholiques" (mais bien peu sympathiques !) et cela avec une détermination impressionnante ; en voici un exemple : jusqu'au XVIIIème siècle, se pratiquera le "Test du Lard" auprès des convertis juifs et de leur descendants ; le test en question consiste en ceci : une salade aux lardons est proposée au "converti", si l'on constate qu'il a écarté les lardons en mangeant, on le brûle comme "faux converti".

     

    Pour les mêmes raisons et de la même façon, la méthode sera appliquée aussi aux musulmans convertis et à leurs descendants.

     

     

    1499

    C'est en cette année qu'eut lieu le plus grand "autodafé" que l'Histoire ait eu à enregistrer : en un seul de ces horribles "autodafés", l'inquisiteur Diego Rodrigues Lucero brûla vifs à Cordoue, en Andalousie, pas moins de 107 juifs convertis au christianisme.

     

    Quand on pense que "autodafé" est la traduction des mots portugais "acte de foi" on en reste pantois... abasourdi à se ressasser, face à une telle absurdité : mais en quoi donc pouvaient bien avoir "foi" les pauvres gens qui voyaient ainsi traitésleurs proches ? "Foi" en l'existence du prétendu "Dieu" des chrétiens ? "Foi" en "la divine bonté" de ce Dieu au nom duquel on les brûlait ? Pouvaient-ils "croire" en la "charité chrétienne" de leurs inquisiteurs qui, délibérément, les dépossédaient de leurs biens et de leur vie... dans des conditions aussi atroces ? Tout ça ne peut apparaître, au premier venu, au plus "abruti" des "abrutis", que comme rien d'autre qu'une "pure folie"... perpétrée par des gens de la plus basse bassesse humaine !

     

     

    XVIème siècle

    Le drame des castrats. L'Eglise (institution) interdisant aux femmes d'entrer dans le chœur des églises (bâtiments), un problème tragique se pose : ce serait une torture pour les oreilles des pieux prélats du Christ, si on les privait d'entendre des voix hautes si importantes dans les chœurs pour louer l'amour de Dieu - à l'époque, ces jolies voix ont sans doute été demandées au Pape par Dieu en personne ! - Quoi qu'il en soit, une solution sera trouvée pour résoudre ce "grave problème"... une solution barbare... ça ne fera jamais qu'une de plus : on privera d'un organe sexuel des jeunes garçons dont la voix aura été reconnue comme belle avant qu'elle ne mue.

     

    Ainsi les chœurs de la Sainte Eglise Catholique et Romaine ne manqueront jamais ni de soprani ni de contraltos. On suppose que, de là-haut où ils l'ont placé, ce Dieu d'amour inventé par les Chrétiens doit être très satisfait !

     

    Ces castrations barbares ne cesseront qu'en 1878, sur ordre du Pape Léon XIII. La pratique en restait encore très répandue durant le XIXème siècle, au point que Rossini, lorsqu'il compose sa "Petite messe solennelle" écrit... tout naturellement, qu'il suffira, pour exécuter cette partition, "d'un piano et d'une douzaine de chanteurs des 3 sexes, hommes, femmes et castrats".

     

     

    1503 -1513

    Pontificat de Jules II, Giuliano Délia Rovere. Même si l'on peut mettre à son crédit le fait d'avoir procuré du travail à certains artistes éminents de son temps comme Michelangelo Buonarroti (Michel-Ange), ce pape fut surtout un habile chef militaire ; il est même arrivé une fois qu'il portât l'armure pendant une messe ; lorsqu'un moine insolent lui fit remarquer que cet habit-là n'était pas approprié. "Quand il s'agit de conquérir des terres, Dieu ne regarde pas l'habit, mais la foi de son serviteur" lui répondit-il ; ces quelques mots le firent entrer dans l'Histoire. Son "Dieu" lui permit effectivement de conquérir... pas sans l'aide de ses soudards quand même, Bologna, capitale de la région italienne d'Emilie et, comme on peut s'en douter, cette importante cité fut aussitôt mise à sac de fond en comble.

     

     

    1506

    Pogrom de Lisbonne, capitale du Portugal : 3 000 juifs tués par de pieux catholiques.

     

     

    1521

    Inspiré, dira-t-il plus tard, par 1'"Esprit Saint" toujours invisible aux yeux du commun (!)... mais qui n'avait apparemment rien d'autreà faire, un moine allemand, "protestant" contre les pouvoirs du Pape, un certain "Martin Luther" traduit le "Nouveau Testament" en quelques semaines.

     

    L'événement pourrait sembler insignifiant. Il n'en est rien, car il inaugure le plus grand schisme de la chrétienté : dans les siècles qui suivront les chrétiens se massacreront entre eux avec encore plus d'enthousiasme qu'ils n'ont massacré et brûlé les non-chrétiens, les hérétiques, les sorcières, les juifs et musulmans convertis, et tutti quanti.

     

     

    1527

    Sac de Rome : des soldats protestants massacrent la totalité de la population de Rome, soit environ 40 000 personnes et - les bonnes vieilles habitudes des Chrétiens Catholiques étant devenues aussi celles des Chrétiens Protestants - la ville entière sera pillée par leurs soins.

     

    Le Pape doit son salut à ses gardes suisses. Il s'enferme avec eux à Castel Sant'Angelo pendant que la population est massacrée. Lui-même et ses gardes sont seuls à s'en tirer... au prix d'une grosse frayeur, quand même.

     

    Les Suisses, eux, y gagnent un débouché professionnel à l'étranger, lequel se perpétue de nos jours.

     

     

    1553

    Calvin, chef de file d'une autre branche du Protestantisme, condamne les excès de l'Eglise Catholique... mais il fait décapiter le libre penseur et médecin Michel Servet, celui-là même qui avait découvert la circulation du sang - une pareille découverte, tellement utile à l'humanité, ça méritait forcément la mort aux yeux d'un chrétien, qu'il soit Catholique ou Protestant - et de toutes façons, ce ne sera jamais que l'un des 15 et quelques "hérétiques" que le réformateur Calvin fera exécuter pendant sa dictature sur Genève.

     

    Calvin joue un rôle très actif dans l'arrestation, puis la condamnation à mort de Michel Servet. Il échangea d'abord une correspondance avec lui, puis, lorsque, fuyant l'inquisition, Servet arriva à Genève, Calvin le fit arrêter. Calvin avait dit à son ami le réformateur Farel que si Michel Servet devait venir à Genève, il ne l'en laisserait pas repartir vivant. Il tient donc sa promesse en intervenant personnellement à son procès et en y plaidant pour qu'il fût exécuté. La seule clémence qu'il voulût bien concéder à Servet, c'est qu'il fût exécuté par décapitation plutôt que par le bûcher.

     

     

    1566 -1572

    Années de Pontificat de Pie V. Devenu "Saint" par la grâce d'un de ses successeurs, ce pape de l'Eglise catholique s'était, de son vivant, vanté publiquement et à plusieurs reprises d'avoir, pendant sa carrière d'inquisiteur général, allumé de ses propres mains plus de 100 bûchers d'hérétiques qu'il avait lui-même accusés, confondus et condamnés.

     

    Ne craignant aucun paradoxe, il n'avait pourtant pas hésité à faire publier, dès 1566, une nouvelle édition du catéchisme officiel de l'Eglise, celui élaboré au concile de Trente et dans lequel l'amour du prochain et la miséricorde ont bien sûr une place importante.

     

     

    1571

    L'invention de l'imprimerie permettant à un nombre croissant de personnes de s'informer, l'Eglise réagit en fondant l'Index (Index Additus Librorum Prohibitorum) : cette institution édite régulièrement une liste de livres dont la lecture est interdite à tout chrétien catholique, sous peine de "péché" dont la "confession" à un prêtre est obligatoire, pour pouvoir être "pardonné". On trouvera, dans cette liste en 1616, à titre d'exemple, l'œuvre de Copernic décrivant le système héliocentrique. La publication du dernier numéro de l'Index n'interviendra qu'en 1961.

     

     

    1547-1593 ¦ Guerres de religion en France

    Les sous-sectes chrétiennes se livrent une guerre civile sans merci, interrompue par plusieurs paix et trêves temporaires. C'est pendant l'une de celles-ci cependant qu'a lieu le massacre de 20 000 protestants, hommes, femmes et enfants, en une seule et même nuit (Nuit de la Saint-Barthélémy, 1572). De toutes les tueries dues à ces innombrables conflits religieux, ce massacre-là - peut-être parce que le futur roi Henri IV, très populaire encore aujourd'hui dans l'esprit des français, a dû abjurer le protestantisme pour accéder au trône de France - est pratiquement le seul à être resté dans la mémoire collective de la plupart de nos contemporains, comme le symbole de l'intolérance religieuse... les nombreux autres méfaits dus à cette intolérance-là semblent avoir été bien vite oubliés. Il serait pourtant bien utile pour la salubrité de la conscience collective qu'on se les remémore.

     

     

    An 1600

    Condamné pour "hérésie", Giordano Bruno, à la fois "Père dominicain" et scientifique renommé, fut brûlé vif à Rome, en place publique. Il avait osé définir l'univers comme étant "infini" et, plus grave encore, osé émettre l'hypothèse qu'il puisse, peut-être, exister certaines formes de vie hors de la Terre. C'en était trop pour l'Eglise. Au bout de 8 ans de procès, au cours duquel des aveux lui furent arrachés par la torture, il est condamné à mort comme "hérétique obstiné et impénitent". Son principal accusateur, le Cardinal Bellarmin, sera plus tard canonisé et, en 1931, proclamé "Docteur de l'Eglise". C'est fou à quel point est impressionnant le nombre de "Docteurs" que cette Eglise s'offre... et pourtant elle est visiblement encore atteinte de graves et nombreuses maladies !

     

     

    An 1609 - Expulsion des Maures d'Espagne.

    Après l'expulsion des juifs d'Espagne, l'inquisition s'ennuyait un peu dans ce beau pays. Elle lance donc la chasse aux Morescos, les arabes convertis au christianisme. Sont suspectés d'être des faux convertis et exécutés, tous ceux qui refusent de boire du vin ou de manger du porc, ou qui sont trop propres : en effet, l'Islam, contrairement au christianisme, prescrit des lavages périodiques du corps. La propreté n'a jamais été aussi dangereuse qu'au XVIème siècle en Espagne ! Enfin, en 1609, craignant sans doute d'avoir raté des "Faux convertis", l'Inquisition obtient du roi l'expulsion des Morescos vers l'Afrique du Nord. Le nombre d'expulsés est mal connu : les estimations varient entre 300 000 et 3 millions.

     

     

    An 1633

    Procès fait à Galilée. Pour s'être rallié au système héliocentrique de Copernic et donc avoir douté de la théorie géocentrique de Ptolémée (qui, soit dit en passant, n'était pas chrétien !), Galileo Galilei, dit Galilée est forcé par l'Inquisition à se rétracter : on lui montre les instruments de torture qui seraient employés si il insiste. Le procès de Galilée ne sera réouvert pour révision que par le Pape Jean-Paul II, et Galileo Galilei sera quand même réhabilité... en 1992. Ses œuvres avaient déjà été mises à l'index en 1616, en même temps que celles de son Maître Copernic. Il passera le reste de sa vie confiné dans sa villa (arrêts domiciliaires). Ce n'est que sa réputation internationale de scientifique qui lui permettra d'éviter des peines encore plus sévères.

     

     

    1618 à 1648

    Guerre de 30 ans. Les très catholiques souverains Habsbourg forcent à la conversion leurs sujets protestants de Bohème, déclenchant la plus grande guerre que le continent européen ait connu jusqu'alors. La population de l'Allemagne est réduite de moitié. De nombreuses villes sont dévastées. Des épidémies de peste déciment toute l'Europe centrale, de la Lombardie à la Prusse.

     

    Il s'agit bien d'une guerre de religion, même si les églises en lutte ont essayé par la suite de faire croire qu'il s'agissait d'un conflit politique : la guerre est déclenchée à cause d'un désaccord religieux ; et par la suite des rois étrangers, comme Gustave II de Suède, interviennent en fonction de leurs convictions religieuses.

     

    Le cas de Gustave II de Suède est spécialement significatif : il oblige ses soldats à chanter des cantiques chrétiens chaque soir. Cela n'empêche pas ses guerriers d'être aussi de redoutables pilleurs et l'armée suédoise se verra conférer le titre de "Schrecken des Krieges" par la population allemande ; cette dernière sait, d'expérience hélas, comment se pratiquent les "pillages" : une armée entre dans une ville, égorge les hommes adultes, viole femmes et enfants avant d'égorger aussi tout ou partie de ces derniers et de mettre le feu à la ville. Or, les allemands ont encore plus peur des soldats suédois que de ceux de l'armée des Habsbourg.

     

     

    2ème moitié du XVIIIème siècle

    " Affaire des réductions" au Paraguay. Le cas est particulièrement intéressant, car ici les catholiques se massacrèrent et s'excommunièrent entre eux. Les Jésuites - membres de la Compagnie de Jésus, fondée en 1539 pour apporter à l'église des "soldats de Dieu" - avaient établi au Paraguay un petit empire privé, fait de "réductions", c'est à dire de petits villages fortifiés dans la forêt, où vivaient des indiens convertis au catholicisme. Hélas, une correction de la frontière porta plusieurs de ces réductions dans le territoire portugais ; or le Portugal, pays chrétien et catholique, perpétuait à l'époque la tradition de l'esclavage, les portugais voulurent alors prendre aux Jésuites leurs indiens afin de les vendre comme esclaves.

     

    Le pape intervint, excommunia les Jésuites des "réductions". Puis une armée, dont les canons et épées avaient été bénis par les prêtres de service, attaqua les réductions, massacra les Jésuites et prit les indiens comme esclaves. Un Te Deum, l'habituel chant de remerciement à Dieu, fut alors clamé bien fort au cours de la messe dite pour célébrer la victoire... comme il se doit !

     

    Peu après, en 1773, le pape Clément XIV interdira "la Compagnie de Jésus", coupable à ses yeux d'être trop intelligente et rationnelle - aujourd'hui encore, la Compagnie ayant été rétablie par Pie VII, un prêtre y entrant fait 13 années d'études après son bac avant de devenir vraiment "Jésuite" -. En fait, Clément XIV leurs reprochait surtout de n'avoir pas servi assez loyalement la famille de Bourbon, famille des rois de France et d'Espagne, monarques absolus et grands amis de l'Eglise catholique... à laquelle ces familles régnantes furent toujours très dévouées !

     

     

    An 1788

    Dans le canton de Glaris, en Suisse, la dernière "sorcière" est brûlée.

    Mais cette exécution n'est pas encore la dernière de l'Inquisition qui continuera à brûler des "hérétiques" jusqu'en 1826.

     

     

    An 1793

    Kant, professeur de philosophie à Kônigsberg et "star" internationale de la philo moderne depuis la publication de "Kritik der reinen Vernunft" publie "Die Religion innerhalb der Grenzen der bloBen Vernuft" ("La religion dans les limites de la seule raison"), où il met les doctrines chrétiennes à l'épreuve de la raison et du "kategorische Imperativ". C'en est trop pour le pieux roi de Prusse. Poussé par des prélats protestants, il intervient et Kant est forcé de se rétracter publiquement sous peine de licenciement immédiat de son poste à l'université de Kônigsberg.

    Un à un, les autres professeurs de l'université doivent signer, eux aussi sous peine de licenciement immédiat, un document où ils s'engagent à ne pas citer dans leurs enseignements des écrits de Kant ayant trait à la religion. Comme dans le cas de Galilée, la renommée internationale de Kant le sauve de conséquences plus sévères. Kant songera à s'exiler, mais en cette fin de siècle, il est peu de cieux cléments pour les penseurs qui osent critiquer... ne serait-ce que quelques aspects de l'idéologie chrétienne : il finira donc sa vie à Kônigsberg.

     

     

    An 1826

    Le dernier "hérétique" est brûlé vif par l'Inquisition en Espagne. Une riche tradition chrétienne prend fin... c'est le cas de dire qu'elle s'éteint (... elle qui n'aurait jamais dû s'allumer... ni allumer le moindre bûcher humain que ce soit !). Et pourtant l'Eglise n'a pas encore pleinement étan-ché sa soif de crimes : désormais, agissant plus finement, elle aura recours à des moyens très subtils pour tuer : elle interdira par exemple d'apporter assistance aux femmes qui doivent avorter, elle sabotera la planification familiale dans les pays pauvres, elle s'opposera, de tout son poids (lourd, bien trop lourd !) à l'utilisation du préservatif comme moyen d'endiguer l'épidémie de SIDA et cette liste n'est pas exhaustive... malheureusement pour l'humanité !

     

     

    An 1847

    Guerre du Sonderbund : la Suisse, à son tour, est déchirée par une guerre de religion. Les cantons catholiques, dont les gouvernements sont fortement influencés par des conseillers jésuites, fondent une alliance militaire spéciale (Sonderbund). Dans ce petit pays, divisés en de multiples "cantons", certains sont à majorité catholique, d'autres protestante.

    La nouvelle alliance créée pour l'occasion réclame que les cantons protestants soient annexés aux cantons catholiques lorsque ces derniers sont situés dans des régions majoritairement catholiques. Ils appellent les monarques catholiques d'Autriche à leur aide, puis engagent les hostilités. Seulement la victoire rapide des troupes fédérales, qui elles sont protestantes, permet d'éviter une intervention autrichienne, ce qui est heureux, car si cette intervention avait eu lieu, elle aurait obligatoirement provoqué une extension du conflit à l'échelle européenne.

    Mais les protestants, emportés par leur élan, se livrent pour leur part, dans les campagnes genevoises, à de féroces "Chasses aux catholiques". Les jésuites, considérés comme responsables de la guerre, sont alors expulsés de Suisse, et leur interdiction d'implantation dans ce pays restera en vigueur jusqu'aux années 1970.

     

     

    An 1848

    La population de Rome se révolte contre la dictature papale. Le pape est chassé hors de chez lui. Mais il est réinstallé en son pouvoir dès 1849 par l'action des troupes françaises, dépêchées sur place par Louis-Napoléon Bonaparte, président de la IIème République française. Les opposants sont alors fusillés et l'Etat de l'Eglise redevient une monarchie absolue dont le souverain est le pape. Ainsi, "rois Très Catholiques" ou "Présidents de la République"... très républicains, on voit que pour les dirigeants français, quelle que soit l'époque, c'est toujours le même combat : choisir la Papauté c'est primordial ! Dès lors, on comprend mieux pourquoi les papes - y compris le "Jean-Paul II" qui se traîne actuellement au Vatican - se délectent, autant que leurs onctueux visiteurs, à penser et répéter que la France est "la fille aînée de l'Eglise" !

     

     

    An 1871

    Le pape décide que sera "excommuniée" toute personne qui participera à une quelconque élection de l'état italien, car celui-ci est défini comme étant "diabolique" ... vu qu'il avait osé priver les papes de leur état séculier, certainement un "péché impardonnable", même s'il était "confessé" !

     

    Cette sentence d'excommunication automatique n'empêchera pas le pape de bénir, quelques années plus tard, le "Partito popolare", un parti d'inspiration catholique, d'ailleurs nouvellement fondé par un prêtre.

     

     

    1918 à 1945

    Les années de la compromission. L'Eglise soutient activement la montée des totalitarismes en Europe. En Autriche, son soutien pour F Austro-fascisme est total.

     

    Dans ce milieu-là, durant les années précédant l'arrivée d'Hitler au pouvoir, les membres de la hiérarchie catholique ne restaient pas inactifs, en voici trois exemples :

     

    A partir de 1928-29 le prêtre autrichien Innitzer, signe publiquement la demande de rattachement de l'Autriche à l'Allemagne (la future "Anschluus") et entreprend, dans tout le pays, une série de prêches en faveur de cette alliance Autriche fasciste - Allemagne nazie.

     

    Il est rapidement remarqué par Mgr. Pacelli, le futur Pie XII, à cette époque Nonce en Allemagne du Pape Pie XL Sous la protection de Pacelli, Innitzer franchit rapidement toutes les étapes de la hiérarchie : dès 1932 il est nommé "Archevêque de Vienne" puis fait "Cardinal" en 1933, alors qu'en cette année-là, de par le monde entier, 7 personnalités seulement seront élevés à ce rang suprême, bien que 18 postes soient vacants.

     

    La même année 1932 un autre prêtre était remarqué : Mgr. GROËBER, nommé "Archevêque de Fribourg". Celui-là, à peine nommé évêque, devient, dès 1933, "Membre promoteur de la S.S." et il paye ses cotisations à ces "Sections Spéciales" de Hitler.

     

    Soutenant dans ses nombreux écrits la "Solution finale" il sera vite surnommé "l'évêque brun". En 1935, l'une de ses publications l'établit comme "Champion du sang et de la race" et le 30 janvier 1939 il parlera dans sa "lettre pastorale" des ...« Juifs assassins de Jésus, toujours animés d'une inexpiable "haine meurtrière" »

     

    De cette longue liste je choisirai comme troisième le nommé HUDAL, un protégé du premier cité, Innitzer. Hudal, à l'époque était, depuis 1923, Recteur à Rome, de l'Eglise nationale d'Autriche et d'Allemagne ; il sera ultérieurement reconnu comme ayant, à partir de 1944, "exfiltré" plusieurs nazis grâce aux filières vaticanes, mais en mai 1933, il se distinguait déjà en déclarant dans son église, devant un parterre de diplomates et de dignitaires nazis, ceci : « Tous les Catholiques allemands vivant à l'étranger saluent l'avènement du Nouveau Reich, dont la philosophie s'accorde tant aux valeurs nationales qu'aux valeurs chrétiennes ».

     

    Ç a avait au moins le mérite de la franchise (!) mais pour nous ça n'est jamais qu'une confirmation de plus de cette "Sainte alliance"... de l'horreur du nazisme avec l'hypocrisie du Vatican !

     

    En Italie, l'Eglise signe avec le régime fasciste un concordat qui fait du catholicisme la religion d'état : les italiens peuvent à nouveau voter sans être excommuniés... dommage que cela serve peu en période de dictature ! L'Eglise sacrifie en grande partie ses propres associations : toutes, sauf l'Action Catholique, doivent intégrer des organisations fascistes. Le Vatican promet à Mussolini de faire en sorte que l'Action Catholique ne se laisse pas tenter par des actions antifascistes.

     

    En 1929, Mussolini ayant signé avec Pie XI le concordat dit "Patti Lateranensi", il est qualifié par ce pape d'homme de la providence ("Uomo délia provvidenza"). En 1932, l'Action Catholique ayant été remise au pas par la hiérarchie ecclésiastique, conformément aux vœux du dictateur, ce dernier reçoit des mains du Pape l'Ordre de "l'éperon d'or", qui est la plus haute distinction que l'Etat du Vatican accorde.

     

    En Allemagne, en janvier 1933, le "Zentrum", parti catholique, dont le leader est un prélat catholique (Pràlat Kaas), vote les pleins pouvoirs à Hitler. Ce dernier peut ainsi atteindre au Reichstag la majorité des 2/3, nécessaire pour suspendre les droits garantis par la constitution. Avec une charité toute chrétienne, le bon prélat accepte aussi de fermer un œil sur les détails procéduriers discutables des nazis, comme l'arrestation des députés communistes avant le vote, etc.

     

    Puis l'Eglise commence à négocier un nouveau concordat avec l'Allemagne : dans ce cadre, elle "sacrifie" le Zentrum, alors seul parti significatif que les nazis n'avaient pas interdit - ce qui s'expliquait aisément : ce parti catholique les avait beaucoup aidés pour arriver au pouvoir -. Cependant, le 5 juillet 1933, le Zentrum se détruit lui-même : il s'autodissout sur demande de la hiérarchie catholique, laissant le champ libre au NSDAP (le parti de Hitler), désormais seul et unique parti du pays, un outil idéal pour manipuler une population. Cet outil, du genre de ceux recherchés de tous temps par les dictateurs de tous poils... est ici offert par l'Eglise catholique au nouveau chancelier du pour lui permettre de se transformer en Fiihrer.

     

    Hitler, de toutes façons, se proclamait déjà catholique dans "Mein Kampf', l'ouvrage dans lequel il annonçait son programme politique. Il y affirmait aussi qu'il était convaincu d'être un "instrument de Dieu". De nos jours encore, beaucoup de personnes voudraient faire admettre que l'Eglise catholique n'avait pas, à cette époque, la possibilité de résister à la pression imposée par Hitler. La preuve qu'elle ne tenait certainement pas à s'opposer à ce monstre naissant, c'est que l'Eglise catholique qui a mis - et souvent pour des raisons plus que futiles - tant d'œuvres sur sa liste des livres prohibés, n'a jamais songé à mettre "Mein Kampf ' à l'Index, même avant l'accession de Hitler au pouvoir.

     

    Il faut croire que le programme antisémite du futur chancelier n'avait rien pour déplaire à l'Eglise qui, dans le passé, avait déjà tant de fois agi contre les Juifs. Hitler, en retour, n'hésitera pas à lui manifester sa reconnaissance en rendant obligatoire la prière à Jésus dans l'école publique allemande, et en réintroduisant la fameuse phrase "Gott mit uns" ("Dieu [est] avec nous") sur les uniformes de l'armée allemande.

     

    En Espagne, un général tente un coup d'état militaire, il échoue mais cette échauffourée dégénère en guerre civile. Peu importe ce qu'il en coûtera aux Espagnols, "Sa Sainteté" vaticane décide de le soutenir, les prêtres et les évêques béniront les canons de Franco, célébreront en grande pompe des Te Deum pour ses victoires contre les forces du gouvernement républicain... pourtant tout à fait légitime celui-là !

     

    Cette guerre civile durera 3 ans, elle fera plus d'un million de morts et Franco ne s'embarrassera pas des "lois de la guerre" : il fera fusiller les prisonniers. Ensuite, s'érigeant en dictateur - "éclairé"... sans nul doute par son "directeur de conscience" - il imposera à l'Espagne, sous sa botte et sous son joug, 30 années supplémentaires d'obscurantisme catholique et de malheur.

     

    Au cours de la seconde guerre mondiale, le Vatican sera au courant des exterminations de juifs perpétrées par les nazis. Il nous sera dit après la guerre que le pape a hésité, à plusieurs reprises, à lancer un appel public mais qu'il s'est finalement abstenu de le faire, essentiellement par phobie du communisme, pensant qu'une victoire russe serait "pire" qu'une victoire allemande. Par contre en 1942, il pleurera sur les ruines de la bonne ville de Rome sur laquelle tombent les bombes et il condamnera avec véhémence ces bombardements des troupes qui se sont alliées pour combattre le fascisme. Mais, bizarrement il oubliera de mentionner que son allié politique à lui, Mussolini, avait sollicité auprès d'Hitler "l'honneur de participer aux bombardements sur Londres"... Mais il est vrai que le pape n'habite pas Londres, il habite Rome, peut-être ceci explique-t-il cela ?

     

     

    An 1948

    Le pape déclare que toute personne qui voterait communiste, ou qui aiderait ce parti de quelque manière que ce soit, serait automatiquement "excommuniée". La mesure divise des familles, provoque des exclu sions socialement intolérables pour beaucoup, contraint à la clandestinité nombre de communistes de zones rurales. Un reflet saisissant de ces contraintes prégnantes subies par la société italienne de l'époque, est très justement présenté, amplifié par la force de l'humour, dans les dialogues du film "Don Camillo" où Fernandel, qui joue le rôle du curé d'un petit village de campagne, est confronté au maire communiste, anticlérical bien sûr, seul autre "notable" de ce petit patelin !

     

    Dans les faits (... les vrais, ceux de la vie) les curés italiens s'empressèrent effectivement de traduire cette décision, en pesant de toute leur autorité sur leurs ouailles afin que tout le monde vote en faveur du grand parti anticommuniste D.C. (Démocratie Chrétienne). Ce qui n'empêchera pas ce régime D.C. de s'effondrer lamentablement, dans la corruption généralisée, un peu plus tard, au milieu des années 1990.

     

     

    An 1961

    Dernière édition de l'index (Index Additus Librorum Prohibitorum) ; parmi les auteurs dont l'ensemble de l'œuvre est interdite de lecture pour les catholiques, on peut trouver, en autres : les écrivains français, Jean-Paul Sartre, créateur des philosophies "existentialiste" puis "matérialiste" et André Gide, chantre de toutes les libertés, celles du corps et de l'esprit, ainsi que l'italien, technicien de la philosophie et de la psychologie Alberto Pincherle Moravia, dit Alberto, proposant ses solutions aux problèmes intellectuels et sociaux de ses contemporains. Heureusement pour eux que les bûchers de la "Sainte Inquisition" étaient déjà éteints, quelques siècles plus tôt, à coup sûr, ils auraient eu à y goûter, eux aussi !

     

     

    Années 1980

    Certains observateurs avaient eu l'espoir, en 1978, qu'en Jean-Paul 1er qui venait d'être élu pape à la surprise de tous et qui s'était précédemment opposé en tant qu'évêque de Venise, aux injonctions dictatoriales (financières entre autres) de la curie romaine précédente, ils allaient enfin pouvoir connaître un pape décidé à réformer en profondeur le fonctionnement de cette Eglise Catholique si décevante par tant d'aspects et depuis si longtemps.

     

    Il est possible que leur espoir n'eût pas été vain, mais en tout cas, il aura été bref : 34 jours en tout, tel fut la durée du Pontificat de Jean-Paul 1er et cependant, durant cette courte période, il avait déjà trouvé l'occasion de préciser à ses proches collaborateurs, le schéma des réformes de grande importance qu'il entendait mettre en œuvre incessamment (une révision des dogmes à la lumière de la science, par exemple) ainsi que les différents responsables du gouvernement de l'église à qui il allait ôter les places qu'à son avis ces "éminences importantes" occupaient à mauvais escient... et que ses prédécesseurs n'avaient jusqu'alors jamais osé leurs enjoindre de quitter.

     

    Sa fin subite et brutale reste encore inexpliquée à ce jour, officiellement du moins et ce, par la volonté délibérée des principaux responsables du Vatican qui étaient en vie au moment où lui venait tout juste de mourir... dans des conditions reconnues par plusieurs personnes de son entourage - y compris un médecin du Vatican qui le traitait depuis 3 ans déjà - comme absolument anormales.

     

    Après sa mort ces "hauts dignitaires" de l'église firent, pour cacher les circonstances de son trépas, tout ce qui était en leur pouvoir, c'est à dire beaucoup de choses, par exemple : son corps fut embaumé dans les 14 heures après son décès, alors que la loi italienne interdit de commencer un embaumement moins de 24 heures après la mort... D'après le recoupement d'informations journalistiques, on peut même constater que les embaumeurs avaient été convoquées par "quelqu'un de la Curie" 45 minutes avant l'heure "officielle" à laquelle on a trouvé le pape mort dans son lit (!)

     

    Cette Curie vaticane, espérait bien en agissant ainsi obliger l'état italien à se désintéresser des conditions de la fin tragique de ce pape éclair ; d'ailleurs au sommet du gouvernement de l'Etat du Vatican, on a toujours opposé aux demandes officielles de la Justice italienne une fin de non recevoir permanente... ladite Justice tenant à rechercher les causes de la fin suspecte de ce pape, dont la mort s'est rapidement avérée être très favorable aux intérêts de quelques "éminences" très haut placées au sein du clergé catholique.

     

    Seulement voilà : l'Etat du Vatican est "souverain" - depuis "les accords du Latran" conclus en 1929 entre Pie XI et Mussolini, rappelons le -il peut donc se permettre de n'avoir aucun compte à rendre à qui que ce soit... "ici-bas" selon son langage ! Mais beaucoup d'êtres humains sont en droit de trouver qu'il serait juste qu'un jour, il ait des comptes à rendre, non pas à ce Dieu virtuel que les premiers chrétiens ont inventé eux-mêmes, mais aux dieux (pluriels) qui, eux sont réellement vivants... "là-haut"... d'où ils peuvent voir ce qui se passe "ici-bas" !

     

    Après cette période d'apparente libéralisation et d'illusions vite déçues, le pape Jean-Paul II, fervent admirateur des œuvres de l'Opus Dei, arrive à la tête de la plus grande religion du monde et renoue avec les traditions les plus terribles de sa redoutable Eglise.

     

    Sa condamnation du préservatif comme moyen d'endiguer la lutte contre le Sida provoque un nombre de morts forcément énorme, mais difficile à estimer. Il pratique une politique active de sabotage des mesures de contrôle des naissances dans le tiers monde ; mais là aussi, les conséquences d'une action de ce genre sont pénibles à chiffrer, car elles se mesurent en terme de famine, misère, manque de soins médicaux, et ce, au niveau des continents les plus pauvres de la Terre (Amérique du Sud et Afrique).

     

    Un exemple de son action dans un autre domaine, toujours bien vivace - on l'a dit -, le domaine de la chasse aux "hérétiques" : il suspend "A Divinis" (pour le temps qu'il plaira à Dieu) deux théologiens allemands qui avaient osé douter, l'un de "l'infaillibilité papale", l'autre de "l'immaculée conception" de Marie.

    On peut mesurer, rien que sur ce dernier exemple, l'écart énorme entre l'action (ou plutôt la "réaction") de Jean-Paul II et l'ouverture d'esprit que laissait espérer les propos de Jean-Paul Ier qui, du haut de la chaire d'une Grande église de Rome disait en public : « il faudra bientôt, mes sœurs, mes frères, que l'on revoit les dogmes de notre Eglise, à la lumière de la Science d'aujourd'hui » C'est vrai que peu de jours séparent ces paroles de ce qu'on appellera, par prudence d'écriture... "son décès prématuré" !

     

     

    Années 1990 : Guerres de religion en Yougoslavie

    La Yougoslavie était dans les années 80 du XXème siècle une des terres favorites de vacances balnéaires pour les européens. Les publicités yougoslaves de l'époque vantaient le caractère multireligieux du pays comme un argument touristique, car il est vrai que l'on peut voir à Mostar et dans beaucoup d'autres charmants villages, la mosquée et l'église d'un même coup d'œil. Hélas, le pays s'est effondré dans une série de guerres civiles que l'on se plaît à décrire comme "ethniques" alors qu'il s'agit, en fait, de réelles guerres de religion. Le cas de la guerre de Croatie est le plus flagrant. Serbes et Croates partagent la même origine ethnique, et parlent la même langue, le Serbo-Croate, que l'on appelle Croato-Serbe quand il est écrit en caractères latins. Le plus ironique est que le "Serbo-Croate" écrit en caractères "latins", c'est à dire le "Croato-Serbe", est aujourd'hui encore la langue officielle de l'armée Yougoslave, qui se bat contre l'OTAN au Kosovo, après s'être battue contre les Croates au début des années 90. Hélas pour ces populations, la religion existe chez eux et elle sépare Croates et Serbes : les "Croates" ont étés christianisés par Rome, ils sont donc "Catholiques" ; les Serbes, qui écrivent le Serbo-Croate en caractères cyrilliques, ont étés christianisés par les Byzantins, eux sont donc "Orthodoxes"... et les uns autant que les autres s'accrochent à "leurs traditions".

     

    Lorsque Milosevic commença à agiter le spectre de la "Grande Serbie", la Croatie déclara son indépendance. Aussitôt, le Vatican et la RPA, dont le chancelier de l'époque se proclamait "iiberzeugter Katholik" (catholique convaincu) reconnurent la Croatie catholique comme un état indépendant. Dès lors, le Vatican dépêcha ses nonces dans tout l'Occident pour obtenir la reconnaissance du nouvel état catholique. Le pape multiplia appels, prières et messes pour l'indépendance de la Croatie. Pendant ce temps, le dictateur de la Croatie, ancien officier supérieur sous le régime communiste et catholique très observant, faisait licencier tous les fonctionnaires orthodoxes, c'est à dire des "Serbes". Il choisit comme drapeau national l'ancienne bannière des Oustachis qui, entre 40 et 44, avaient fait un génocide d'environ 600 000 serbes. C'est ainsi que la guerre civile fut enclenchée !

     

    Une preuve de plus du parti pris de l'Eglise Catholique : la guerre une fois finie, le Pape béatifiera le cardinal Stepinac, celui-là même qui avait qualifié Ante Pale vite, le dictateur Oustachi de 1940-44, de "Don de Dieu" pour la Croatie et l'avait soutenu activement.

     

    La guerre de Yougoslavie continue ensuite en Bosnie, où les membres des trois groupes religieux (catholiques, orthodoxes, musulmans) s'affrontent dans une série de combats triangulaires dont les populations civiles sont évidemment les principales victimes.

     

    Les guerres de Yougoslavie sont un cas emblématique des catastrophes provoquées par l'intolérance qui est inhérente aux religions "révélées" : des communautés religieuses s'affrontent, au XXème siècle, au nom de religions qu'elles ont reçues aux hasards de l'expansion de divers empires (Romain, Byzantin, Ottoman) au courant du Moyen Age.

     

    Il est clair que les Religions "monothéistes" sont un réel danger pour l'humanité, qu'elles sont véhicules d'intolérance, d'incitation à la haine, aux guerres et aux conflits. Le fait est facilement compréhensible : chaque religion monothéiste revendiquera toujours que son dieu à elle est le "bon" dieu, le seul "bon Dieu" alors que pour chacune aussi, celui des autres est "mauvais", qu'il n'est pas le "vrai" dieu et que dès lors, tous ceux qui croient en ce "faux Dieu" sont "des infidèles" et qu'il faut les combattre à tout prix !

     

    Alors qu'en fait, la vérité se trouve dans un univers où coexistent une pluralité de mondes, de planètes habitées, et aussi des dieux "humains" (au pluriel) qui nous ont créés à leur image.

     

     

     

    « Tuez-les tous, car Dieu saura reconnaître les siens ! »

    - ARNAUD AMALRIC (1150-1225) abbé de Citaux, légat du Pape -

    Lors de la prise de Béziers en 1209 (pour ne pas avoir à trier les "bons chrétiens")

     

     ( N.B:Ce qui est dit ici est aussi valable pour l'Islam,une autre religion sanguinaire  qui prône la guerre sainte (c'est à dire maudite) pour la domination politico religieuse du monde, par la charia )





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